Robert Ligneul, in Livre d’or de l’Enseignement public du Loir-et-Cher
Robert Ligneul © Madeleine Ligneul et FNDIRP.
Robert Ligneul : né en 1914 à Selommes (Loir-et-Cher) ; domicilié à Paris 9ème ;  élève instituteur, puis libraire ; communiste ; résistant ; arrêté le 28 octobre 1941 ; interné aux camps de Rouillé et de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt.

Robert Ligneul est né le 20 décembre 1914 à Selommes (Loir-et-Cher). Il habite au 22, rue de Chateaudun à Paris à Paris 9ème, au moment de son arrestation.  Il est le fils de Fernande, Clémentine Constantin, 22 ans, et de Placide Seigneur, cultivateur, puis tailleur de pierre (né le 4 juin 1885 à Crucheray, Loir-et-Cher). Il a un frère, Gaston.
En 1906 Fernande Constantin, née le 29 février 1892 à Villiers-sur-Loir, habite avec ses parents et ses deux sœurs dans le même immeuble (au 1, rue Chiquet, à Selommes) que Placide Ligneul, alors tailleur de pierre. Fernande et Placide se sont mariés le 27 mai 1911 à Crucheray.
Selon la notice du Maitron qui reprend des éléments du Livre d’or de l’Enseignement public du Loir-et-Cher : « enfant de l’Assistance se réclamant de la tradition républicaine et anticléricale, comme son épouse » … « il fait ses études à l’école primaire supérieure de Saint Aignan (Loir-etCher) où « il exerce sur ses camarades un extraordinaire ascendant » (1).
Robert Ligneul adhère à la Jeunesse communiste vers l’âge de 15 ans.
Entré en 1932 à l’École normale de Blois (promotion 1932-1935) « son intérêt se portait essentiellement sur les questions philosophiques et littéraires (…) dès son entrée à l’Ecole normale il montra une prédilection très nette pour les méthodes actives » (1), il milite au mouvement Amsterdam-Pleyel.
En 1934 il est déplacé par mesure disciplinaire, à l’Ecole normale de Beauvais, où il fait la connaissance de René Maublanc, professeur de philosophie. « Il fut exclu de l’École normale pour son activité militante contre le service militaire de deux ans. » (Le Maitron).
Secrétaire de cellule et membre du comité (ou du bureau) de section (rue Navarin), il est aussi diffuseur de l’Humanité. Il milite au Secours populaire et à l’association des Amis de l’URSS.
Envoyé à Sarreguemines (30ème BCP) puis à St-Nicolas-du-Port pour accomplir son service militaire, il y fait de la prison pour avoir écrit des articles pour l’Humanité. « Le ministre Jean Zay, auprès duquel il sollicita sa réintégration, lui demanda de refaire une année d’École normale, ce qu’il refusa. Il devint alors employé à la librairie communiste de la rue La Fayette à Paris et milita à la cellule communiste du IXe arrondissement » (Maitron).
Il devint alors employé à la librairie communiste de la rue La Fayette à Paris et milita à la cellule communiste du IXe arr.

A la fin de l’année 1938, il rencontre Madeleine Pointu, qu’il épouse le 1er septembre 1939. « Née le 6 janvier 1920 à Choussy (Loir-et-Cher), fille d’un militant communiste, Madeleine Pointu partit à Paris en 1935 pour y travailler comme employée de magasin. À la fin de l’année 1938, elle rencontra Robert Ligneul et, sous son influence, adhéra à l’Union des jeunes filles de France » (lire la notice in Le Maitron, http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article118590). Voir la note la concernant en fin de notice.
Robert Ligneul est candidat (pour la jeunesse communiste) suppléant du Parti communiste aux élections législatives partielles du IXème arrondissement.
Robert Ligneul est mobilisé en 1939. Son unité cantonnée au Mans se déplace en zone sud.

Le 14 juin 1940, les troupes de la Wehrmacht entrent dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français » et lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

Pierre Georges

Démobilisé, Robert Ligneul reprend contact avec le Parti communiste en septembre 1940, par l’intermédiaire de Pierre Georges (dit « Frédo) le futur colonel Fabien.
Il se rend dans le Loir-et-Cher, entre en contact avec Georges Larcade afin d’organiser une filière de passage de la zone Sud à la zone Nord pour que des antifascistes allemands puissent agir parmi les troupes d’occupation.
En mai ou juin 1941, Robert Ligneul prend contact avec André Seigneur.  Cet ancien permanent du PCF, secrétaire du comité Thaelmann en 1934, gendre d’Emile Dutilleul, va l’employer à partir de juin 1941 comme « représentant de commerce », et de fait comme agent de liaison.
En effet, André Seigneur après avoir été forain, est devenu en 1941 « représentant en pâtes alimentaires ». Robert Ligneul, après leur arrestation commune, dira au cours de son interrogatoire, qu’il a fait la connaissance de Seigneur à Clichy, parce qu’au chômage, il avait eu l’idée de vendre des pâtes alimentaires sur les marchés et avait alors contacté la « Société des pâtes fermières » à Clichy, où André Seigneur était en affaires. N’ayant pu réussir à vivre de cette activité foraine, il aurait  demandé du travail à André Seigneur, qui l’avait pris en sympathie et l’avait embauché comme représentant de commerce et secrétaire. On ne peut que souligner la curieuse « rencontre » clichoise et le fait que tous deux avaient milité dans les organisations communistes du 8ème arrondissement de Paris, au Secours populaire, et aux amis de l’URSS.
André Seigneur, son épouse et tous ceux qui les côtoient sont filés depuis la mi-octobre 1941 par les Brigades Spéciales des Renseignements généraux (BS 1), sur la base d’une information qui leur est parvenue. Il a été dénoncé comme ayant repris des activités clandestines pour le PC clandestin « et remplirait actuellement les fonctions occultes de responsable du 8 ème arrondissement ».
Lors des filatures de Robert Ligneul, les inspecteurs constatent qu’il rencontrait André Seigneur pour de « longues et fréquentes instructions, au cours de rendez-vous fixés au « Princess restaurant » rue de Londres, à la brasserie « La Pépinière » place Saint-Augustin, au tabac « Saint Augustin » situé à la place du même nom, au café « Le Madrigal » aux Champs Elysés ».
Robert Ligneul est arrêté le 28 octobre 1941, à son domicile parisien, par des inspecteurs de la BS 1 (3). Il est présenté au commissaire central des Brigades spéciales le 1er novembre, en même temps que cinq autres prévenus (André Seigneur, Lily Seigneur, la cousine de celle-ci, Suzanne T., Henriette L. et Marie V.).

PV d’interrogatoire du 1er novembre 1941

En perquisitionnant chez Robert Ligneul, les inspecteurs saisissent un certain nombre de documents dont ils lui demandent la provenance et l’explication : au dos d’une enveloppe, est inscrit un rendez-vous au métro Reuilly-Diderot, sortie Chaligny, lundi 6 h ¼, 6 h ½ du soir ; des noms et adresses portés dans un calepin à couverture noire et bleue ; sur un calepin à couverture
verte, des indications de tonnages de pâtes alimentaires livrées ou restant à livrer sont accompagnés de nombres différents ; un éphéméride dont les pages de juin à septembre 1941 ont été arrachées ; des lettres confiées par André Seigneur, une liste de noms et adresses ; des photos de Lénine, Marx, Staline, Engels. S’il fournit à chaque fois une explication plausible,
ces documents lui seront retenus à charge.
Les documents saisis au cours des perquisitions opérées et les interrogatoires des personnes interpellées ne permettent pas aux inspecteurs d’établir la preuve formelle d’une activité communiste clandestine. Si les autres prévenus sont relaxés, Robert Ligneul et André Seigneur sont écroués pour « activités communistes ». Lily Seigneur, dont les agissements et le mode de
subsistance sont pourtant de loin les plus suspects, est relaxée, mais continuera d’être filée, selon la nouvelle tactique mise en place par la B.S.

Une « note blanche » des RG en explique avec une certaine clairvoyance la raison concernant Lignet, Seigneur et son épouse : « nous nous trouvons peut-être en face d’une organisation clandestine, dont le but inavoué serait : soit la répartition de capitaux destinés à la propagande communiste, soit à la propagande elle-même et ceci pour la France entière. Il est probable que les fréquents déplacements de son mari et le désir certain de tenir secrets les buts de ses déplacements, impliquent que ce dernier serait en contact avec cette officine et servirait d’agent de liaison entre les différents centres communistes ».

Lettre de Robert Ligneul au commissaire de police (4/11/1941)

Robert Ligneul proteste point par point des conclusions tirées de l’interrogatoire dans une lettre adressée au commissaire au Commissaire principal Bureau 518, Renseignements généraux :  le 4 novembre 1941.  « Monsieur le Commissaire Principal, « Je suis extrêmement surpris de la mesure d’internement administratif prise contre moi ». « Je tiens à affirmer de la façon la plus catégorique que : Les indications portées sur un carnet ne concernent que des rendez-vous féminins marqués d’une façon conventionnelle afin d’écarter tout soupçon de la part de ma femme. Les Rendez-vous étaient d’ailleurs limités dans le temps et dans l’espace : environs de la gare Saint-Lazare ».

Robert Ligneul est interné administrativement au camp de Rouillé (4), où sa femme peut lui rendre visite à plusieurs reprises.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne, en mai, en vue de sa déportation comme otage.

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Du train parti de Compiègne le 6 juillet, il lance une lettre qui parvient à sa femme.

Depuis le camp de Compiègne, Robert Ligneul est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Robert ligneul, comme de nombreux déportés du convoi, jette une lettre depuis le train, lettre que son épouse a reçu.

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas parfaitement établi. Le numéro « 45795 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci au 15 octobre 1942 sur la base du témoignage d’André Seigneur, un de ses camarades de déportation.

Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Robert Ligneul a été déclaré « Mort pour la France ».
Il a été homologué au grade d’adjudant à titre posthume, au titre de la Résistance intérieure française.
Une cellule du PCF reçoit son nom en 1945 (Paris 9ème).

  • Note 1 : Son épouse, Madeleine Ligneul avait sous son influence, adhéré à l’Union des jeunes filles de France. Après l’arrestation et la déportation de son mari, elle donne, en février 1943, à Auguste Lecoeur, son adhésion au Parti communiste. D’abord affectée au travail de propagande parmi les femmes, elle devint agent de liaison du Comité central sous la responsabilité d’Auguste Lecoeur. Installée par le parti dans un pavillon à Sèvres (Seine-et-Oise), elle y accueillit les réunions de la direction communiste de la Région parisienne : Auguste Lecoeur, Pierre Villon (COMAC), Auguste Gillot (CNR), René Camphin (FTP). Après la Libération, elle fut employée au Comité Central du Parti communiste , puis, de de 1947 à 1950, devint secrétaire de l’Ecole du Comité central. De 1956 à 1961, elle fut employée à l’UFF, puis de 1961 à 1961, à la Fédération des élus républicains.(Maitron).
    « Son épouse Madeleine témoigna en septembre 1944 devant les membres de la commission rogatoire chargés du dossier de l’un des inspecteurs qui interpella son mari. Elle déclara qu’il avait été « arrêté pour activité communiste en octobre 1941 à notre domicile par plusieurs inspecteurs à la suite de l’arrestation de Seigneur »  « Elle précisa que son mari avait été frappé au cours de ses interrogatoires par le commissaire Fernand David. Emprisonné au Dépôt de la Préfecture de police, il a été interné au camp de Rouillé dans la Vienne avant d’être déporté » Notice de Madeleine Ligneul in Maitron.
    Dans une lettre datée du 25 février 1992 adressée à l’amicale d’Auschwitz, elle explique qu’elle est bien la veuve de Robert Ligneul, dont elle a appris le décès par un rescapé en mai 1945, et sa confirmation officielle. Elle s’est remariée avec le frère de Robert Ligneul en 1949 et qu’ils espèrent pouvoir participer au prochain pèlerinage à Compiègne pour le cinquantenaire, mais qu’elle ne veut pas aller à Auschwitz, ne supportant plus les trop grandes émotions depuis la perte de son fils. « Mais rien n’est oublié, surtout pas le souvenir de ce grand jeune homme de 27 ans, qui aimait tant la vie, et qui ignorait dans le train qui l’emportait (j’ai reçu une lettre jetée de ce train) que quelques mois plus tard, il ne serait plus de ce monde ».
Photostat de moins en moins lisible de la page du Livre d’or de l’Enseignement public du Loir-et-Cher consacré à Robert Ligneul

Note 1 : In Livre d’or de l’Enseignement public du Loir-et-Cher et notice http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article118591.
Note 2 : L’internement administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939, qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, « des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy en 1941. La loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit l’internement administratif de « tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Les premiers visés sont les communistes.
Note 3 : La Brigade spéciale des Renseignements généraux. La création de la  « BS » remonte à la « Drôle de guerre », en mars 1940, sous la 3ème  République quand la lutte anti-communiste était d’autant plus à l’ordre du jour que le PCF était interdit. La structure ne fut réactivée pleinement qu’à l’été 1941 pour répondre à l’engagement des communistes dans la lutte armée. En théorie elle était rattachée à la Première section des RG, en charge de la surveillance de l’extrême gauche. Dans les faits, elle était sur un pied d’égalité [avec celle-ci…]. Si toutes les forces de police furent mobilisées peu ou prou dans ce que (le directeur de la police municipale) Hennequin appela une « lutte à mort », c’est la Brigade spéciale des RG qui joua un rôle central (…). En janvier 1942, elle fut même dédoublée, la BS2 étant plus spécialement chargée de la « lutte anti-terroriste ». (Denis Peschanski, « La confrontation radicale. Résistants communistes parisiens vs Brigades spéciales ». En mars 1940, André Baillet commissaire principal de police est chargé de créer une Brigade spéciale de répression anti-communiste (BS) en marge des RG. Il adhère aux thèses du gouvernement de Vichy et devient sous-directeur des Renseignements Généraux, puis directeur (« Le colonel ») en 1943. Nommé ensuite à la tête de l’administration pénitentiaire, il livre de nombreux prisonniers à la Milice.  Le commissaire de la ville de Paris qui a la responsabilité en 1941 des 1ère et 2ème sections est André Cougoule, « plus spécialement chargé du service des Renseignements généraux », officier de police judiciaire, auxiliaire du Procureur. Il est cité pour son zèle dans la répression anticommuniste dans les ouvrages de Frédéric Couderc « les RG sous l’Occupation » (Ed. Olivier Orban, 1992) et André Kirschen dont il a personnellement arrêté le frère, in « Le Procès de la Maison de la Chimie », (Ed. de l’Harmattan, 2002).
Note 4 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. / In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Mme Ligneul (février 1992).
  • Lettre de Madeleine Ligneul (1992), photo recopiée par la FNDIRP.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 34, page 391.
  • Actes d’état civil de Crucheray et Villiers-sur-Loir.
  • Recensement de 1906 à Sélommes.
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42).
  • Listes – incomplètes – du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Archives de la Préfecture de Police de Paris, dossier 447.

Notice biographique mise à jour en septembre 2010 (complétée en 2016 et 2019) à partir d’une biographie rédigée en janvier 2001 pour l’exposition organisée par l’association « Mémoire Vive » à la mairie du XXème arrondissement, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), qui reproduit ma thèse de doctorat (1995). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique.
Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *