Augustin Mahillon : né en 1902 à Audun-le-Tiche (Moselle) ; domicilié à Bréhain-la-Ville (Meurthe-et-Moselle) ;  électricien ; arrêté comme otage communiste le 10 août 1941 ; interné à Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt.
Au 13e Régiment de dragons

Augustin Mahillon est né le 9 décembre 1902 à Audun-le-Tiche (Moselle).
Il habite Bréhain-la-Ville (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation.
Il est le fils d’Anne Marie Genson (1883-1909), née le 27 octobre 1883 à Audun et de Henri, Joseph, Séraphin Mahillon, ouvrier fondeur né le 4 octobre 1876 aux Bulles (Luxembourg) son époux.
Il a quatre sœurs et frères : Marcel (1901), Laura (1904), Berthe (1906-1990) et Marie (1907-2001). Après le décès de sa mère le 22 février 1909 à Audun, il aura deux demi-frères, Marcel (1920) et Roger (1921), tous deux nés en Belgique.
Conscrit de la classe 1922, il fait son service militaire dans la cavalerie au 13e Régiment de dragons.
Il exerce la profession d’électricien dans l’usine SAV (Société Aubrives-Villerupt) de Villerupt.

 

Augustin Mahihon et Gilberte Jadot

Le 25 juin 1926, à Audun-le-Tiche, Augustin Mahillon épouse Gilberte Jadot, née le 22 juillet 1909 à Thil (Meurthe-et-Moselle). Le couple aura quatre enfants (dont Christian, né en 1928 à Audun-le-Tiche, Marceau né en 1932, Claude né le 4 août 1940).
La famille habite à Audun-le-Tiche jusqu’en 1932. Après 1936, ils ont déménagé à Brehain-la-ville.
Selon le témoignage de madame Huguette Chémery (93 ans en 2021 sa nièce, qui l’a bien connu, ainsi que ses deux fils), il y avait acheté une petite maison, qu’il a revendu pour tenir café-épicerie-tabac à Brehain-la-ville.  Les relations avec le maire de l’époque semblent avoir été tendues à l’époque, y compris au moment de l’Occupation allemande.

Le Républicain Lorrain 9/05/1938

Augustin Mahillon est féru de motocyclisme et d’automobile. Il a une moto « il faisait sensation lorsqu’il arrivait dans le village, on l’entendait de loin » raconte madame Hughette Chemery sa nièce.
Il adhère à l’Automobile club Lorrain en avril 1938.
On ignore ses activités politiques ou syndicales antérieures à 1938, mais on sait par Madame Huguette Chémery, qu’il avait dû participer aux manifestations en 1936..

Conscrit de la classe 1922, il est mobilisé à la déclaration de guerre en 1939. Le 17 juin 1940 l’armée allemande occupe Auboué.
La  Kreiskommandantur est installée à Briey.
Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ». Plus de 20 000 Allemands, soit l’équivalent de deux divisions, sont stationnés en permanence en Meurthe-et-Moselle, devenue « zone réservée ».
Il aurait appartenu au Front National de Libération de la France (15 mars 1941), et ‘il « fut dénoncé pour cette raison » selon M. Pilarczyk. Toutefois la famille et les voisins pensaient que la dénonciation provenait de rivalités commerciales.
Augustin Mahillon est arrêté le 10 août 1941 à Bréhain par des gendarmes français de Villerupt. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne, le « Frontstalag 122″, sous le matricule N° 1530, dans le bâtiment A 4.

Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Depuis le camp de Compiègne, Augustin Mahihon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Les services du Ministère des Anciens Combattants ont néanmoins porté la date fictive du 15 septembre 1942, afin que les familles puissent ainsi avoir des pièces administratives.
Une plaque commémorative porte son nom au Four crématoire de Thill, monument du souvenir.
Augustin Mahillon a été homologué « Déporté politique » et déclaré « Mort en déportation » arrêté du 01/06/1994.

Sources

  • Questionnaire rempli par son fils Claude, le 3 juillet 1989 et photo 1939.
  • Archives de Behain-la-Ville (1989).
  • ACVG juillet 1992 / SHD Caen.
  • Témoignage de M. Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1989.
  • Photographie année 1923 communiquée en août 2010 par sa petite fille, Claudine Réaux, née Mahillon.
  • Photographie en 1939 et témoignage sur le café-épicerie à Brehain-la-ville : par téléphone Madame Hughette Chemery, nièce d’Augustin Mahihon, contactée par l’intermédiaire de son fils, M. Xavier Chemery. Conversation téléphonique le 30 juillet 2021. Envoi de photos (mails juillet août 2021 de M. Xavier Chemery que je remercie pour ses recherches familiales).
  • Archives de Meurthe et Moselle, recensement de 1936.
Affiche de la conférence du 5 juillet 1997 salle Pablo Picasso à Homécourt 
Le Républicain Lorrain 28 juillet 1997

Notice biographique rédigée en 1997, pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997, complétée en 2015, 2018 et 2021 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942″ Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette notice biographique, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

 

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