Raymond Gouveno, le 8 juillet 1942 à Auschwitz
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Matricule « 45.624 » à Auschwitz

Raymond Gouveno : né en 1909 à Reims (Marne) ; domicilié à Ponthierry (Seine-et-Marne) ; arrêté comme otage communiste le 19 octobre 1941; interné au camp de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt à une date inconnue.

Raymond Gouveno est né le 31 décembre 1909 à Reims (Marne). Il habite au Café des cités à Ponthierry (rattaché aujourd’hui à Saint-Fargeau-Ponthierry, Seine-et-Marne), au moment de son arrestation.
Il est le fils de Raymonde, Henriette Meurice, 22 ans, papetière et de Maximilien Gouveno, 24 ans employé de chemin de fer, domiciliés au 68, rue du Barbâtre à Reims. Il a deux sœurs Jeanne née en 1906 et Renée née en 1911. Il est maçon, puis ouvrier d’usine.
Il épouse Simone Raymonde Pelardy le 28 septembre 1935 à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne). Fille de maçon, Elle est née le 25 mai 1907 à Sognolles-en-Montois (Seine-et-Marne). Le couple divorcera.
Il est membre du Parti communiste de 1937 à 1939, adhérent à la cellule de Ponthierry. En janvier 1939 la direction générale de la Sûreté auprès du Ministère de l’intérieur sollicite les préfets pour connaître « l’organisation et l’activité de chacun des partis extrémistes » de leur département, dont les cellules du parti communiste. Dans le rapport du Préfet de Seine-et-Marne, qui est encore Hyacinthe Tomasini (nommé en 1935, remplacé de juin 1940 à novembre 1941 par Pierre Voizard),  il indique pour le secteur de Saint-Fargeau-Ponthierry, que le siège de la cellule se tient au Café des Cités à Ponthierry et désigne Raymond Gouveno, dont c’est l’adresse, comme étant un des responsables de la cellule, avec le secrétaire, Raymond Quinard (né en 1901, marié et père de deux enfants , il est ajusteur chez Leroy et est domicilié au 112, cités Leroy).

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes sont à Meaux ; le 15 juin à Brie-Comte-Robert et à Melun. Le dimanche 16 juin 1940, des éléments motorisés de la Werhmacht franchissent la Seine à Valvins sur un pont de bateaux. Ils traversent Avon avant d’entrer dans Fontainebleau, précédant le gros des troupes. Le 14 juin, l’armée allemande était entrée par la Porte de la Villette dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cessant d’être la capitale du pays et devenant le siège du commandement militaire allemand en France. Les troupes allemandes occupent toute la banlieue parisienne et les départements voisins les jours suivants.  Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, abolit la République et s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ». Il lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

Raymond Gouveno est arrêté le 19 octobre 1941 à son domicile par la brigade locale de gendarmerie française et la Felgendarmerie. Les 19 et 20 octobre 1941, de nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz.

Lire dans le site :  la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.

A la demande des autorités allemandes, Raymond Gouveno et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122), le 19 octobre 1941.
Il y reçoit le numéro matricule 706. Il envoie une dernière lettre le 7 mai 1942.
Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».  

Depuis le camp de Compiègne, Raymond Gouveno est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45624 (sa photo d’immatriculation a été reconnue lors de la séance organisée par l’Amicale, le 10 avril 1948 et recoupée depuis avec les travaux des historiens polonais). Son matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Sa photo d’immatriculation (4) à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.

La date de décès de Raymond Gouveno à Auschwitz est inconnue. Tout ce dont nous sommes surs, c’est que son nom ne figure pas parmi les rescapés – dont nous connaissons les noms – à la mi mars 1943.
Il a été déclaré « Mort pour la France« . Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.

Une rue de Saint-Fargeau-Ponthierry et une plaque honorent la mémoire de Raymond Gouveno, dont le nom figure également sur le monument aux morts .

Sources

  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (fiche individuelle consultée en novembre 1992).
  • Archives en ligne de Reims.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • « La Résistance en Seine et Marne« , Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • © Google Street View
  • Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, cabinet du préfet et dossier individuel.
  • Recensement 1936 à Sognolles-en-Montois.
  • Recensement 1936 à Saint-Fargeau-Ponthierry.

Notice biographique installée en 2011, complétée en 2022 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) .  Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique. Pour la compléter ou la corriger cette notice biographique, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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