Généanet © Benoit Perrot
Serge Veau : né en 1904 à Saint-Loup-de-Naud (Seine-et-Marne) ; domicilié à Provins (Seine-et-Marne) ; glaisier ; communiste ; arrêté comme otage communiste le 19 octobre 1941; interné au camp de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt le à Auschwitz le 15 septembre 1942.

Serge Veau est né le 1er juillet 1904 à Saint-Loup-de-Naud (Seine et Marne). Il habite au 33, rue de Changis à Provins (Seine et Marne) au moment de son arrestation.
Il est le fils d’Elise, Clarisse Fontarive, 19 ans et de Siméon, Raoul Veau, 25 ans, cantonnier.
Conscrit de la classe 1924, Serge Veau effectue son service militaire au 313ème Régiment d’artillerie à Mayenne (Mayenne).
En octobre 1930, alors qu’il est passager d’une motocyclette conduite par Arthur Jacquet de Saint-Loup-de-Naud, ils sont renversés par une automobile au Perreux, et conduits à l’hôpital de la Salpêtrière.
Serge Veau est glaisier (mineur en argile) sur les chantiers des Établissements Pagot à Provins.
Serge Veau aurait été élu conseiller municipal de Saint-Loup-de-Naud (source policière), ce qui est très vraisemblable (le bourg a eu une municipalité communiste à la Libération et jusqu’en 1981).
Le 1er janvier 1938, alors qu’il travaille à Rouilly (Seine-et-Marne) sur le chantier de l’entreprise Denain et Anzin, il est victime d’un accident du travail, une entorse tibio-tarsienne (in L’information de Seine-et-Marne).
Il se marie à Saint-Loup-de-Naud le 19 février 1938 avec Emilienne, Pauline Derson. Née en 1900 à Beauchery, elle est mère de trois enfants, divorcée.
Serge Veau est membre du Parti communiste : il est trésorier de la section de Provins en 1938, dont le secrétaire est Lucien Langlois. Des réunions se tiennent à Ormes-sur-Voulzie, à 14 Km, chez Roger Benenson, député communiste de Provins (élu le 3 mai 1936) et conseiller général du canton en octobre 1937, fondateur du journal L’Information de Seine-et-Marne (arrêté le 4 septembre 1941, il est interné à Châteaubriant et Voves jusqu’en juin 1944 puis déporté à Neuengamme puis au camp de Drütte où il devint aveugle et mourut d’épuisement).

Le 14 juin 1940, la ligne de progression allemande va de Provins à Rambouillet, les troupes allemandes sont à Meaux ; le 15 juin à Brie-Comte-Robert et à Melun. Le dimanche 16 juin 1940, des éléments motorisés de la Werhmacht franchissent la Seine à Valvins sur un pont de bateaux. Ils traversent Avon avant d’entrer dans Fontainebleau, précédant le gros des troupes. Le 14 juin, l’armée allemande était entrée par la Porte de la Villette dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cessant d’être la capitale du pays et devenant le siège du commandement militaire allemand en France. Les troupes allemandes occupent toute la banlieue parisienne et les départements voisins les jours suivants.  Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, abolit la République et s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ». Il lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

Le journal clandestin du Parti communiste, « L’information de Seine-et-Marne » parait en septembre 1940 et janvier 1941.
En octobre 1940, les services de police notent une recrudescence de la propagande communiste clandestine et mettent en place des filatures des communistes connus avant guerre.
En janvier 1941, Serge Veau travaille à la la carrière de Chalautre-la-Petite pour la Société d’Exploitation des argiles réfractaires de Provins.
Serge Veau est arrêté à Provins le 19 octobre 1941 en même temps que Lucien Langlois.
De nombreux élus ou militants communistes du département, les 19 et 20 octobre 1941. Parmi eux, 44 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Serge Veau et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par car au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Depuis le camp de Compiègne, Serge Veau est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

 Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 46182 ?? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules.

Dessin de Franz Reisz 1946

Serge Veau meurt à Auschwitz le 15 septembre 1942. (date inscrite sur son acte de décès). Il a été déclaré « Mort pour la France » et Déporté politique en 1953.

Le 33 rue de Changis © street view

Une rue de Saint-Loup-de-Naud porte son nom, ainsi qu’une plaque sur son domicile à Provins et son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Loup et de Provins.

Sources

  • Archives en ligne de Seine-et-Marne
  • « La Résistance en Seine et Marne« , Claude Cherrier et René Roy, (Presses du Village).
  • Listes – incomplètes – du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, cabinet du préfet et dossier individuel.
  • © Site Mémorial GenWeb 77. Relevé Jean Françaois Languillat.
  • Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par
    l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).

Notice biographique installée en 2011, complétée en 2017 et 2022 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) .  Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique. Pour la compléter ou la corriger cette notice biographique, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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