Désiré, Henri Brel (dit Henri) est né le 9 février 1895 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) au 11 rue des Prêtres. Il est le fils de Jeanne, Antoinette Lombard (36 ans), et de François Joseph (43 ans), mouleur, son époux. 

Il habitePont-à-Mousson commeFerdinand Bigarré (forgeron à la Société alsacienne des Hauts fourneaux et fonderie de Pont-à-Mousson) au moment de son arrestation.

Désiré
Brel exerce le métier de mouleur-tuyauteur et habite à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle)
au moment du Conseil de révision. 

Son registre matricule militaire nous apprend
qu’il mesure 1m62, a les cheveux châtain, les yeux marrons, le front
fuyant, le nez « sinueux », le visage plein.

Conscrit
de la classe 1915, Désiré Brel s’est engagé pour la durée de la guerre le 6
août 1914 à la mairie de Toul. Il est affecté au 156ème Régiment d’Infanterie
où il arrive le lendemain de son engagement. 

Lors de la première offensive en
Artois, Désiré Brel est blessé par balle le 9 mai 1915 lors de l’assaut sur La
Targette (fracture au coude et bras droit : il sera pensionné à 20%). 

A sa
sortie de l’hôpital, il passe au 240ème Régiment d’Infanterie en
juillet 1916, et il en est détaché en qualité de mouleur aux forges de Cran à
Cran Gevriers près d’Annecy (décision du général commandant la 20ème
région).

Puis
il passe au 97ème RI et au 24ème Chasseurs alpins.
Affecté le 29 janvier 1919 au 114ème Régiment d’Infanterie, il est
démobilisé le 21 août 1919 (dépôt du 89ème).

Il
se retire à Sens (Yonne) au 11 rue Victor Guichard.

En
1921 il revient à Pont-à-Mousson, où il habite au 13 rue du Quai.

Pour
la réserve militaire, il est « affecté spécial » comme manœuvre
mouleur au titre des Hauts-fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson (août 1929,
février 1936).

En
1937, Désiré Brel a déménagé au 24 bis rue Philippe de Gueldres à Pont-à-Mousson.

Il est arrêté le 9 août 1941, interné au camp allemand de Compiègne le 18 août 1941 et déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000»). 

Pour
comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les
deux articles du blog :La
politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) 
et«une
déportation d’otages

Dans son dossier du Bureau des archives des victimes desconflits contemporains (BAVCC, Caen)on trouve uniquementau nom de Henri Brel,une attestation de la mairie de Pont-à-Mousson datée du 3 décembre 1945 indiquant : interné en 04/1942 à Compiègne, déporté le 06/07/1942 à Auschwitz, décédé le 16/08/1942.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles  allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz, le 8 juillet 1942  pourrait être le « 45299« .Ilcorrespond à un numéro vacant de la première liste alphabétique composant, avec trois autres la liste du convoi que j’ai reconstituée(incomplètementen raison de l’existence de ces rtois autres listes, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules). 

On remarque d’autre part que ce visage est  celui d’un homme d’une cinquantaine d’années. Mais seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou par une personne l’ayant connu, de la photo d’immatriculation publiée en haut de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve. 

Contrairement à la date indiquée plus haut, il meurt à Auschwitz,le 16 septembre 1942 d’aprèsle certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 131). 

Sous le nom de « H. Brel »  il figure sur le monument aux morts de Pont-à-Mousson.

 Sources

  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • ©Archives en ligne et registres matricules militaires de Meurthe et Moselle.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC, Caen), dossier individuel  consulté par Arnaud Boulligny.

Biographierédigée en janvier 2012 et complétée en novembre 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à
Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942»
, Editions Autrement, 2005
Paris et de «Mille otages pour Auschwitz,
le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000
», éditions Graphein, Paris 1997
et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de
ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette
biographie. *Pour compléter ou corriger cette
biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous
disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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