Sa fiche au camp de Buchenwald
Robert Lambotte  en 1980 (photo Pauline Montagne)

Matricule « 45.722 » à Auschwitz    Rescapé

Robert Lambotte :  en 1921 à Paris 19°; domicilié à Paris 19ème ; étudiant, journaliste à l’Humanité après guerre ; arrêté le 14 septembre 1940, condamné à 6 mois de prison, interné aux camps de Gaillon, Rouillé et Compiègne ;  déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz, Buchenwald, Neungamme ; rescapé ; il décède le 5 janvier 1984.

Robert Lambotte est né le 11 décembre 1921 à Paris v. Etudiant, il habite chez ses parents, au 2, rue Hassard à Paris (19°) au moment de son arrestation.  Il est le fils de Charlotte, Marthe Mirat, née en 1897 en Seine et Marne, sans profession et de Jules Lambotte, né le 19 mai 1896 à Floing (Ardennes), cintreur, puis bobinier rotativiste. Venu travailler à Paris après sa démobilisation en septembre 1919, son père se marie à Paris le 2 octobre 1920. La famille habite le 2, rue Hassard à la naissance de Robert Lambotte. Il est membre du Mouvement de la Jeunesse communiste.

Le 14 juin 1940, les troupes de la Wehrmacht entrent dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français » et lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

Pendant l’Occupation, Robert Lambotte participe à l’ébauche des premiers groupes spéciaux qui deviendront l’Organisation Spéciale à partir d’octobre 1940. René Roy, déporté au camp de Buchenwald, se souvient de «Robert Lambotte et d’Albert Masson du quartier de la rue du Plateau. C’était le tout début. Ces jeunes vont répandre dans les quartiers du XIXe, petits journaux et tracts pour redonner de l’espoir et surmonter la résignation».  « Robert Lambotte, avec Albert Masson et les frères Cadet (1) qui seront arrêtés plus tard et fusillés, rédigent et diffusent dans tout ce quartier des petits journaux et des tracts contre le régime de Pétain et l’occupant. Ils participent à l’ébauche des premiers groupes qui entreprendront plus tard les débuts de l’action armée contre l’occupant » (ANACR 19ème) .

Renseignements généraux, liste du 9 février 1941

Mais le 14 septembre 1940, Robert Lambotte est arrêté à son domicile par des policiers français. Le 22 octobre, il est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé. Le 9 janvier 1941, il est interné.
Le 8 février 1941, il passe en jugement dans le cadre du procès où sont notamment jugés Jean Poulmarch et Jean-Pierre Timbaud qui seront fusillés comme otages à Chateaubriant le 22 octobre 1941.  Robert Lambotte est condamné à 6 mois de prison. Il est transféré à la Maison centrale de Clairvaux le 27 janvier 1941 où il subit la réclusion en cellule durant 2 mois, en même temps qu’Eugène Hénaff, Jean-Pierre Timbaud et Guy Mocquet.
Le 8 avril 1941 il est transféré à la Santé pour son procès en appel, avec Marcel Boyer, Louis Guidou, René Perrottet, Jules Vanzuppe. Leurs peines sont  confirmées. Leurs avocats, Antoine Hajje, Georges Pittard et Michel Rolnikas, arrêtés en juin 1941 sont internés à Compiègne et fusillés le 20 septembre 1941.

R.G. Le 11 avril 1941. Montage à partir du début de la liste. © Pierre Cardon

Le 11 avril 1941 les Renseignements généraux, adressent pour information aux services du nouveau Préfet de police de Paris – Camille Marchand – entré en fonction le 19 février 1941, une liste de 58 « individus » internés administrativement pour propagande communiste par arrêtés du Préfet de Police Roger Langeron, qui a cessé ses fonctions le 24 janvier 1941. 38 d’entre eux ont été condamnés pour infraction au décret du 26 septembre 1939 (reconstitution de ligue dissoute / dissolution du Parti communiste). 

Les RG mentionnent pour Robert Lambotte, outre ses dates et lieu de naissance : « Meneur communiste très actif. Arrêté le 14 septembre 1940 pour distribution de tracts et condamné le 8 février 1941 par la 15ème chambre à 4 mois de prison ». Lire dans le site : le rôle de La Brigade Spéciale des Renseignements généraux dans la répression des activités communistes clandestines.

Notice spéciale pour Gaillon

Robert Lambotte est transféré depuis la Santé au «camp d’internement administratif» de Gaillon (Eure) en septembre 1941. Il y côtoie Pierre Villon (2), qui s’évadera le 17 janvier 1942 avec la complicité de cheminots communistes. Celui-ci le mentionne parmi les jeunes à qui il avait fait plusieurs conférences théoriques et politiques « et dont beaucoup mourront en déportation ».

Le 7 février 1942, il est admis avec Jean Paupy au pavillon des malades contagieux
de l’hôpital de Vernon, situé à quinze kilomètres du camp Gaillon.
Le 4 mai 1942, il est transféré au «centre de séjour surveillé» de Voves en Eure-et-Loir au sein d’un groupe de 58 détenus : il s’y fait enregistrer comme «ajusteur-outilleur».

Dans un courrier en date du 18 mai 1942, le chef de la Verwaltungsgruppe de la Feldkommandantur d’Orléans écrit au Préfet de Chartres «Le chef du M.P. Verw.Bez. A de St Germain a ordonné le transfert de 28 communistes du camp de Voves au camp d’internement de Compiègne. Je vous prie de faire conduire suffisamment escortés les détenus nommés sur les formulaires ci-contre le 20-05-42 à 10 heures à la gare de Voves pour les remettre à la gendarmerie allemande». ­Le bruit court dans le camp qu’il va y avoir des fusillés : aussi, le 20 mai 1942, lorsque des gendarmes viennent le chercher avec les 27 autres internés pour les transférer au Frontstallag 122 de Royallieu à Compiègne, leurs camarades restés au camp chantent la Marseillaise à trois reprises. Dix-neuf d’entre eux seront déportés à Auschwitz.

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Depuis le camp de Compiègne, Robert Lambotte est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau. Robert Lambotte est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45722» Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces).
Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal.

Dessin de Franz Reisz, 1946

Le 13 juillet : «Nous sommes interrogés sur nos professions. Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et s’en retournent à Auschwitz I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui restaient de notre convoi» (Pierre Monjault). A Auschwitz I, affecté au Block 15, il se déclare serrurier, de même que son camarade inséparable, Lucien Penner : ils feront partie des kommandos Schlosserei et DAW.

En octobre 1942, Robert Lambotte et Georges Guinchan établissent des contacts avec des groupes de résistance d’autres nationalités et notamment celui des Autrichiens que dirigeaient Ernst Burger, Rudolf Friemel et Hermann Langbein.

Hermann Langbein

Hermann Langbein a raconté dans Hommes et femmes à Auschwitz comment il s’était assuré à l’automne 1942, la confiance de quelques jeunes « 45 000 » : «Les détenus de notre équipe du Revier (des SS) devaient aller chercher le ravitaillement des malades légers à la cuisine de l’hôpital. Grâce à des amis qui y travaillaient et au troc de médicaments organisé dans la pharmacie SS, à des cadeaux aux sentinelles aussi, nous touchions plus de nourriture que les malades n’en avaient besoin (…). Karl Lill et moi avions décidé de ravitailler deux jeunes Français, toujours les mêmes ; seul un supplément de nourriture régulier pourrait les empêcher de tomber à l’état de « musulmans ». Nous avions choisi des Français parce que ce groupe n’avait presque pas d’amis proches des sources de ravitaillement et des jeunes parce que l’expérience nous avait appris qu’ils avaient les meilleures chances de survie ». Ces deux jeunes Français étaient Robert Lambotte et Guy lecrux. Hermann Langbein n’a pu préciser à quelle date a commencé ce ravitaillement, mais André Montagne, qui se trouvait dans le même block que ses deux camarades, et qui a profité de cette nourriture providentielle, situe ce moment au début d’octobre 1942.
C’est aussi par le canal du groupe autrichien de Résistance élargi en Comité international, qu’avec le truchement de Guy Lecrux, il peut faire désigner comme infirmiers André Montagne et Georges Guinchan : «Au début du printemps de 1943, Robert Lambotte et Guy Lecrux, que je rencontrais
plus fréquemment en rentrant du travail devant les blocks 4 et 15, lieu de rendez-vous des Français, me firent part de leur désir de me présenter à un
déporté autrichien, à la recherche de Français connaissant l’allemand. Il fut convenu d’un rendez-vous discret pour la première prise de contact. C’est ainsi que je fis la connaissance d’Hermann Langbein
(…)».
Robert Lambotte a décrit les séances de piqûres au camp principal : Deux rideaux tendus parallèlement. Entre les deux, est assis un docteur SS. Devant lui, deux tabourets. A droite, une file de détenus attend. Deux passent entre les rideaux, s’asseyent sur les tabourets. La piqûre au cœur, ils tombent au bout de quelques secondes (témoignage du 20 février 1952, Archives Nationales 72 AJ 318 n° 17).
Il est témoin des sélections des «inaptes au travail» pour la chambre à gaz. Mais il existait d’autres formes de «sélection», plus insidieuses, comme celle qu’il rapporte : «Le bruit se répand que le directeur du camp donne des bons de soupe supplémentaire aux plus faibles. Les Français réfléchissent et refusent les bons, à quelques exceptions près. Au bout de huit jours, une dizaine de camions viennent enlever la file des « plus faibles » qui attendaient la soupe supplémentaire. On ne les a jamais revus» (témoignage du 20 février 1952, Archives Nationales72 AJ 318-19, p.4).

Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi-totalité des Français survivants. Lire l’article du site « les 45000 au block 11.
Pendant cette quarantaine, Robert Lambotte apprend qu’Hermann Langbein est enfermé dans une des cellules du sous-sol : il  y est enfermé depuis le 28 août 1943, un mouchard l’aurait accusé d’avoir participé à l’organisation d’un groupe de détenus décidés à se soulever contre la S.S. à l’approche de l’armée russe. «A plusieurs, nous faisons le guet, tandis que Robert lui remet du pain et des journaux. Les relations avec l’organisation sont ainsi maintenues» (Georges Guinchan). Hermann Langbein a mentionné cette aide dans deux de ses ouvrages : «Pendant la toilette, j’ai rencontré mon ami Robert, mon ami français. Il m’a regardé, tout à fait étonné, effrayé. J’ai eu la possibilité de lui dire que je suis dans l’avant-dernière cellule dont l’aération donne sur la cour. Dès le soir, un journal est glissé à travers les barreaux de la fenêtre, un morceau de pain est enveloppé dedans (…). S’il avait été surpris, sa mort était certaine».
Robert Lambotte prend contact avec les « 31000 » (le convoi du 24 janvier 1943), principalement avec Marie-Claude Vaillant-Couturier.
Dès 1944, devant l’avancée des armées soviétiques,  les SS commencent à ramener vers le centre de l’Allemagne les déportés des camps à l’Est du Reich, dont Auschwitz. Les premiers transferts de « 45.000 » ont lieu en février 1944 et ne concernent que 6 d’entre eux.  89 autres « 45.000 » sont transférés au cours de l’été 1944, dans trois camps situés plus à l’Ouest – Flossenbürg, Sachsenhausen, Gross-Rosen – en trois groupes, composés initialement de trente « 45000 » sur la base de leurs numéros matricules à Auschwitz.  Une trentaine de « 45.000 » restent à Auschwitz jusqu’en janvier 1945.  Il y eut également quelques cas particuliers.

Son autre fiche de Buchenwald

Le 23 février 1944, Robert Lambotte, Lucien Penner, Raymond Montégut et Camille Nivault  sont transférés à Buchenwald. A Buchenwald, les « 45 000 » bénéficient dès leur arrivée de l’aide des Français qui appartenaient à la Résistance intérieure.
C’est grâce à eux que Robert Lambotte est sauvé d’une mort certaine à son arrivée : «Le voyage dura, je crois, huit jours. Vers la fin, je sombrais dans l’inconscience. Autour de moi, il n’y avait presque plus que des morts. C’était la fin. Lorsque je revins à moi – combien de jours après ? Une semaine, deux semaines ? Je n’ai jamais pu le savoir – j’étais dans un lit avec des draps – des draps ! – et on me présentait un œuf -un œuf ! – à manger. Je croyais rêver, délirer. Et pourtant, c’était un vrai. J’étais au Revier de Buchenwald ».
L’organisation clandestine d’Auschwitz avait réussi à faire savoir à celle de Buchenwald que Robert Lambotte se trouvait dans ce convoi et qu’il fallait essayer de le sauver s’il arrivait vivant.
Les détenus chargés de transporter les centaines de cadavres du « transport » au crématoire, dûment prévenus, l’avaient découvert sous un amoncellement de corps inertes. Ils avaient vu qu’il était encore en vie. Et c’est ainsi qu’il fut transporté au Revier (témoignage de Robert Lambotte, Pierre Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, éd. Sociales, Paris, 1982, p. 105).
Il reçoit le matricule « 34150 ». Lorsque Robert Lambotte est rétabli, il est placé dans un atelier où il peut mesurer l’écart qui sépare ce camp de celui
d’Auschwitz : «Pour les survivants d’Auschwitz l’horreur permanente y était atténuée : un seul crématoire, (une) politique d’extermination moins apparente. (Des) morts fréquentes, mais par maladie, par faiblesse surtout, dans les kommandos qui travaillent à la carrière» (témoignage de Robert Lambotte, recueilli par Olga Wormser, le 20 février 1952. Archives de l’IHTP, Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale).
Un peu mieux portant, il participe alors à la Résistance du camp, au block 14, dont le responsable est Roger Arnould. Cheminot résistant, devenu à sa retraite documentaliste de la FNDIRP, il a initié les premières recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

Sa fiche au camp de Neungamme

Quoique n’ayant pas participé à la phase armée de libération du camp le 11 avril 1945 (il est transféré à Neungamme en octobre 1944), Robert Lambotte a été homologué à la « Brigade française d’action libératrice » du camp de Buchenwald (la brigade française a été classée « unité combattante » le 26 novembre 1947 par la commission de l’Etat major général, 3ème bureau, n° 10776 bis).
Transféré le 26 octobre 1944 à Neuengamme, Robert Lambotte est ensuite dirigé vers la Baltique, sur le canal de Kiel dans un kommando de la
Mibau. Cette entreprise construisait des appareils de guidage d’avions : il rapporte que le régime y est moins dur, et que les rapports avec les ouvriers civils allemands y sont corrects. «La firme tient à récupérer son personnel français, dont elle trouve qu’il travaille « mieux ». Beaucoup de Russes et de Polonais qui sabotèrent les appareils de façon visible ont été pendus. Des ingénieurs français, des détenus, apprennent à leurs camarades à saboter
« rationnellement » le matériel. Robert Lambotte passe à Kiel pour « ingénieur technique de contrôle ». Les Français sabotent de telle sorte que les pièces sortent en bon état de la Mibau, mais 100 kilomètres plus loin, elles sont inutilisables. La firme incrimine le service allemand de transport 
» (témoignage recueilli par Olga Wormser, le 20 février 1952).
Le 1er mai 1945, les SS s’étant enfuis, les déportés traversent le canal « en colonne par cinq » et rejoignent les troupes anglaises sur l’autre rive « sous la conduite d’un vieux soldat« .
Le même mois, Robert Lambotte est rapatrié.
En 1948, Robert Lambotte rencontre René Aondetto (comme lui rescapé d’Auschwitz) au centre de repos de Toulon et lui explique ses droits.  René Aondetto écrira :  «Je ne pensais pas à ces questions de pension et de distinctions. C’est ainsi que je commençais mes démarches. Il était trop tard pour la médaille de la Résistance, celle qui m’aurait le plus honoré (j’étais forclos)» : René Aondetto sera homologué «Déporté Résistant» le 13 mars 1958.

Simone Sampaix (ph PP 1942)
France soir du 17 septembre 1946

Robert Lambotte épouse Simone Sampaix, fille de Lucien Sampaix (journaliste à l’Humanité, fusillé le 15 décembre 1941), déportée à Auschwitz et Ravensbrück, rescapée du convoi des «31000», rapatriée le 19 juin 1945.
Ils se sépareront quelques années plus tard.

Robert Lambotte est homologué comme Résistant, au titre de la Résistance Intérieure Française (RIF) comme appartenant à l’un des cinq mouvements de Résistance (FFC, FFI, RIF, DIR, FFL). Cf. service historique de la Défense, Vincennes  GR 16 P 198362.

En 1946, Robert Lambotte devient journaliste à « L’Humanité » pour écrit-t-il « couvrir les conflits du travail et les faits divers ». Il devient reporter à l’Humanité le 4 septembre 1947.

Ce Soir du 29 mai 1949

En 1949, il couvre comme envoyé spécial à Firminy, pour l’Humanité, la grève des mineurs et dénonce la répression policière, notamment il relate des circonstances de la mort du mineur Barbier. Cet article qui mentionnait en outre la protestation signée par 23 journalistes de toutes tendances, protestant contre la version officielle des échauffourées qu’on voulait leur imposer. Cet article lui vaut d’être poursuivi (pour incitation à l’attroupement) ainsi que deux autres journalistes de l’Humanité, par le Ministre de l’Intérieur, pour injures à ministre.

Au début des années 1950, il travaille au secteur « vie internationale » de l’Humanité.

Robert Lambotte à Djibouti

« Il devint ensuite grand reporter et envoyé spécial au Maroc, en Tunisie et en Algérie. Il devint par la suite le spécialiste de l’Afrique noire » (in Le Maitron).
Le 8 septembre 1953 Robert Lambotte est envoyé par «l’Humanité» au Maroc, où il peut rester deux semaines, avant d’en être expulsé.
Robert Lambotte est expulsé d’Algérie fin juin 1955, ce qui suscite la protestation de ses confrères journalistes, relayée essentiellement dans la presse internationale : en Suisse par L’impartial de Neufchâtel, Le Nouvelliste, La sentinelle, l’Express, La liberté.

La Vanguardia (Espagne) 29 juin 1955

En Espagne par « La Vanguardia » et en France par la presse communiste (par exemple « l’Aube nouvelle »).

 

1955 : Expulsé d’Algérie et arrêté par la DST
L’impartial de Neufchâtel 30 juin 1955

Le 24 août 1955, son reportage «En Algérie, les hameaux rasés par l’artillerie étaient encore habité», accompagné d’une photographie du massacre de Philippeville est censuré par le gouvernement (c’est d’ailleurs la première des nombreuses censures de «L’Humanité» pendant la guerre d’Algérie).

En 1957, Robert Lambotte publie «Afrique Noire Aux Fruits d’Or» aux Editions Sociales.

1976

En 1959, il signe dans « l’Humanité » un article intitulé « les cendres froides » prenant la défense d’une journaliste Ouest allemande auquel un ancien SS vient d’intenter un procès pour diffamation à propos des chambres à gaz.

En 1976 il préface «Algérie, Naissance D’une Société Nouvelle» qui publie le texte intégral de la charte nationale adoptée par le peuple algérien le 27 juin 1976.

Robert Lambotte signe dans «L’Humanité» du 6 juillet 1982 un article sur son convoi, le convoi des «45.000».

L’Humanité du 5 janvier 1984

A son décès, le 5 janvier 1984, «l’Humanité» publie de nombreux articles honorant sa mémoire (signés par Georges Marchais, José Fort, René Andrieu, Yves Moreau, François Hilsum).

  • Note 1 : Jean et Maurice Cadet, âgés de 19 et 20 ans, habitaient 82, rue de la Villette, membres de l’O.S. puis des FTPF, ils sont fusillés le 24 novembre 1942. Ils participèrent à toute une série d’actions. Le 18 juillet contre un bureau de placement allemand 58 rue Clisson (XIIIe arr.) : un gardien de la paix et un passant furent tués. Le 1er août, ils étaient en protection de la manifestation des ménagères rue Daguerre (14ème). Le 16 août, Maurice prend la parole abords des usines Gnome et Rhône, boulevard Kellermann, son frère assurant sa protection (13ème) (…). Jugés le 13 novembre 1942 par le tribunal du « Gross Paris » qui siégeait rue Boissy-d’Anglas Jean et Maurice Cadet furent condamnés à mort pour activités de Franc-tireurs. Ils sont fusillés au Mont-Valérien le 24 novembre 1942. D’après Le Maitron (deux notices Daniel Grason).
  • Note 2: Roger Ginsburger, alias Pierre Villon, intellectuel membre de la direction du PCF, membre fondateur du Conseil national de la résistance. Député de l’Allier, il est le compagnon de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

Sources

  • «1940-1945. La Résistance dans le 19ème arrondissement de Paris», sous la direction de Robert Endewelt et René Le Prévost. ANACR 19ème.
  • Bertonchini (Hervé). Les camps d’internement administratif de Gaillon, Mémoire de maîtrise, Université de Rouen, 1993.
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 – mai  1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • Hermann Langbein, Die Stärkeren, Cologne, Bund-Verlag, 1982, p. 174.
  • Hermann Langbein, Hommes et femmes, op. cit., p. 109-110 et 242.
  • Souvenirs de Georges Gaudray, ­Roger Arnould, René Aondetto, Georges Guinchan.
  • Articles parus dans l’Humanité : Sur l’apartheid (9 avril 1973), Sur l’état de l’Afrique Noire (mars 1971). ­
  • Photo des années 1980 de Robert Lambotte, collection Pauline et André Montagne .
  • Archives de la Préfecture de police de Paris. Renseignements généraux. 11 avril 1941, liste de « 58 individus internés pour propagande
    communiste clandestine
     ».
  • Archives de la Préfectures de police de Paris, dossiers Brigade spéciale des Renseignements généraux, registres journaliers.

Notice biographique mise à jour en 2010, 2013, 2019 et 2021 à partir d’une notice succincte rédigée en janvier 2001 pour l’exposition organisée par l’association « Mémoire Vive » à la mairie du 20ème arrondissement, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages :Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), qui reproduit ma thèse de doctorat (1995). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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