Cette biographie a été mise à jour en avril 2013 : cliquer dans la liste alphabetique pour la lire.


André Montagne est né le 30
octobre 1906 à Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze). Il habite au 14 avenue du
président Wilson à Levallois-Perret (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son
arrestation. Il est employé du Métro (STCRP) à Paris 12ème.

Membre
du parti Communiste, il est arrêté le 11 octobre 1940, à Levallois, en
possession de « tracts communistes » et écroué à la Santé. Il est
inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (reconstitution de ligue dissoute).
Le 15 octobre il est condamné à une peine de prison de quatre mois. Il est
interné à Fresnes, le 28 octobre 1940.

Le CSS d’Aincourt

Le
17 janvier 1941, à l’expiration de sa peine, et en application du décret du 18
novembre 1939 (1), il fait partie des 24 militants communistes conduits au CSS
d’Aincourt en Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), ouvert
spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés (lire
dans le blog : Le
camp d’Aincourt
). 

Le préfet, Pierre Charles Magny, en informe le directeur
de la STCRP. 

Le 6 septembre 1941, il est transféré avec 149 autres détenus
d’Aincourt au CSS de Rouillé (2).

Le
9 février 1942, avec 51 autres internés, il est remis aux autorités allemandes
à leur demande (lors de la préparation des listes suivantes de transfert –
celle du 22 mai – de Rouillé vers Compiègne, son nom est rayé (« déjà
transféré »). Les autorités allemandes l’internent au camp allemand de
Royallieu (Frontstalag 122) à Compiègne (Oise). Pour comprendre la politique de
l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du
blog : La
politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) 
 et «une
déportation d’otages
».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

André
Montagne est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit
des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de
communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT)
et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur
enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles
allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables,
aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste
clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir
d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport
Compiègne-Auschwitz
: 6, 7, 8 juillet 1942
.

Son
numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est
inconnu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à
Auschshwitz : L’arrivée
au camp principal, 8 juillet 1942.
 Le numéro « 45891 ? »
figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942
correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par
matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr
en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la
persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur
plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrageTriangles
rouges à Auschwitz.

L’entrée d’Auschwitz I

Il
meurt à Auschwitz le  21 octobre 1942 d’après le certificat de décès
établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page
826).

La
mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté
du 2 décembre 1996 paru au Journal Officiel du 19 février 1997). Cet arrêté
porte néanmoins une mention erronée : décédé en juillet 45 à
Auschwitz. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en
compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de
l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz,
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les
différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle
portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les
dates de décès des « 45000 » à Auschwitz
.

Son
décès est enregistré en décembre 1947. Les listes électorales de Levallois en
1945 indiquent : « déporté, à maintenir sur les listes« . Une mention a
été ajoutée ultérieurement « serait déporté, sans nouvelles« . Il ne
figure plus sur les listes de 1946 et 1954.

Le
titre de « Déporté politique » lui a été attribué. La carte est
adressée à Jeanne Montagne.

  • Note 1 : Le décret du
    18 novembre 1939 donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et,
    en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour
    surveillé, des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité
    publique. Classée «secret», la circulaire n° 12 du 14 décembre 1939, signée
    Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, fixe les conditions d’application du
    décret du 18 novembre 1939 qui donne aux préfets le pouvoir de décider
    l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre
    de séjour surveillé, des «individus dangereux pour la défense nationale ou la
    sécurité publique». Lire l’article très documenté et illustré sur le blog de
    Jacky Tronel (Histoire pénitentiaire et justice militaire) : Circulaire
    d’application du décret-loi du 18 novembre 1939.
  • Note 2 : Le camp
    d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941,
    sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150
    internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du
    Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre
    1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été
    fermé en juin 1944. In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note
    3
     : Dix-neuf internés de cette liste de 187 noms ont été soit libérés,
    soit transférés dans d’autres camps, ou sont hospitalisés. Trois se sont
    évadés. Cinq d’entre eux ont été fusillés.

Sources

  • Archives
    municipales de  Levallois (MmeCatherine Penel, lettre du 20
    décembre 1991).
  • Circulaire
    d’application du décret-loi du 18 novembre 1939.
  • Mémoire
    de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin – Juin 2003 – Université de
    Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des
    Humanités
  • Liste
    d’otages XLT 42 (CDJC).
  • Camp
    de Rouillé : archives départementales de la Vienne.
  • Death
    Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé
    essentiellement sur les registres – incomplets – de l’état civil de la ville
    d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943,
    le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier
    national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère
    de la Défense, Caen (dossier individuel consulté).

Biographie rédigée en 2007,
réinstallée en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire,
auteur des ouvrages : «Triangles
rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942
 » Editions
Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6
juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas
de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette
biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me
faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez
à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour
confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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