Ginette Cros, résistante de la première heure,
agrégée d’histoire et de géographie. Militante des Lycéens de Paris en 1939, militante clandestine des Etudiants communistes en 1940 avec
Olivier Souef, secrétaire générale du Front
Patriotique de la Jeunesse
» en 1942.  Responsable des Forces unies de la jeunesse patriotique
(FUJP), avec Jean Pronteau. Secrétaire générale de l’Union nationale des Etudiant patriotes. Membre du Comité directeur
du Front national où elle représente
le Front patriotique de la Jeunesse.
Responsable du périodique Le jeune patriote, créé en 1942, puis de Vaillant en 1945.  Combattante
Volontaire de la Résistance.  Première é
pouse de René Thuillier député communiste à
la Libération.



Ginette, Fernande Cros
est née le 26 janvier 1921, à Paris 18
ème. Elle est la fille de
Marguerite, Emilienne Delabre, et de Paul, Louis Cros, son époux.

Issue d’un milieu à sensibilité
de gauche (son père est 
pacifiste (Briandiste), elle fait ses études secondaires au lycée Jules Ferry à Paris 9ème. Elle y a comme amie, depuis la
classe de 5ème, Jeanne Brun
schwig (1). A 15 ans, en classe de Terminale, elle reçoit l’enseignement en philosophie de Cécile Angrand, nommée dans cet établissement en 1939. Militante communiste, professeure adorée de ses élèves, celle-ci les amène à réfléchir sur la situation politique, la guerre d’Espagne en particulier, le fascisme installé en Italie et l’Allemagne et les ouvre au marxisme. Au cours de cette année, Ginette Cros lit beaucoup.

Ginette Cros
rejoint le groupe des “lycéens de Paris » en 1938-1939, où elle fait la connaissance d’Olivier Souef qu’il avait contribué à créer et dont il était le secrétaire général en 1939. Elle y milite, avec son amie Jeanne
Brunschwig, Pierre Daix, Jean Suret-Canale… Initialement inscrite au lycée
Fénelon en hypokhâgne, elle s’inscrit au Lycée Rollin pour être plus près
d’Olivier
Souef
 que ses amis surnomment « l’Incorruptible » ou « Robespierre » (selon Marie-Elisa Cohen), et qu’elle appelle le  » Bolchevik de silex ».

Pendant la « drôle de guerre », Olivier
Souef
 et Ginette Cros, se retrouvent à Rennes (Ille-et-Vilaine) où des classes de l’hypokhâgne et la khâgne du lycée Rollin ont été repliées, ainsi que celles
d’Henri IV. Olivier Souef est responsable des étudiants communistes de la
ville, avec Jean Suret-Canale, Ginette Cros, Pierre Daix et Jeanne
Brunschwig.

La mère d’Olivier Souef est
également venue à Rennes, car l’Orchestre national de France, où elle est
violoniste sous la direction du chef d’orchestre Désiré-Émile Inghelbrecht, y a
été replié.

Jean Sirinelli, Jean Suret-Canale, Olivier Souef, 

Pierre Daix (derrière eux deux) et Ginette Cros

Sur une photo parue dans le livre
de Pierre Daix «
Dénis de Mémoire »,
on reconnaît de gauche à droite : Jean Sirinelli, Jean Suret-Canale, 
Olivier
Souef
 et Ginette Cros dont Pierre Daix, qui est derrière e
ux sur la photo,
écrit qu’elle est sa fiancée. Il n’y a cependant pas eu d’engagement officiel.
« 
Je voyais beaucoup Olivier. Nous
assistions aux concerts de sa mère, qui m’avait totalement adoptée
 »
dira Ginette en 2000. Cette photo du livre de Pierre Daix est prise lors d’une sortie du groupe du
Cercle Laïc au Boël, sur les hauteurs de la Vilaine, en avril 1940, à une
quinzaine de kilomètres au sud de Rennes.

Sortie au Boël, collection Ginette Cros

Le cercle laïc est un « Mélange hétéroclite de carabins, PCB,
juridiques, littéraires, anglicistes et khâgneux
 » ainsi que Ginette
Cros l’écrit au dos d’une autre photo prise le même jour. Le groupe, qui
agit en liaison avec des étudiants en médecine, fait de l’agitation à la Fac’,
édite des tracts dénonçant le caractère attentiste et impérialiste de laguerre.

Le 14 juin 1940, l’armée
allemande d’occupation entre dans Paris, vidé des deux tiers de sa population.
La ville cesse alors d’être la capitale du pays et devient le siège du
commandement militaire allemand en France. Les troupes allemandes défilent sur
les Champs-Élysées. Le 17 juin 1940, Rennes est bombardée. Il y a de nombreuses
victimes
civiles et militaires.

Olivier Souef et Ginette Cros quittent
alors la ville en tandem « avec la cage à tourterelles » accrochée
derrière le vélo et se réfugient dans la famille de Ginette, où ses parents
l’ont précédée (interview de Ginette Cros en 2000). D’après elle, Olivier
Souef, alors coupé des responsables communistes, a songé un moment à
partir en Angleterre. 

De retour à Paris en juillet 1940, Olivier Souef
reprend ses activités à «l’Union des étudiants communistes (UEC)»,
et tout en travaillant comme «pion» (surveillant dans un
établissement d’enseignement), poursuit ses études à la Sorbonne, où il obtient
une licence de lettres (histoire). 

Ginette Cros revenue à Paris «en juillet ou en
août», prépare de nouveaux certificats en vue de sa licence d’Histoire à La
Sorbonne (depuis Paris, elle retourne à Rennes le temps de passer l’examen
pour son certificat d’études supérieures en Histoire moderne et
contemporaine qui est validé le 27 novembre) et poursuit avec le groupe de
l’UEC des anciens de Rennes, ses activités illégales, par un travail
d’agitation des esprits, des lâchers de tracts en plein amphithéâtre. Ce
qu’elle appelle «être comme le levain dans la pâte». «Au début on se réunissait
– dit-elle – dans des cafés ou chez Jeanne Brunschwig ». Elle
raconte ainsi l’action vengeresse d’un des membres de son groupe, Martini,
étudiant en médecine, qui enveloppe un professeur pétainiste d’un drapeau nazi, en plein amphithéâtre à la faculté de droit (il s’agit de Jean Barthélemy brillant
juriste, docteur en droit, qui sera ministre de la justice et garde des
sceaux dans le gouvernement de Vichy le 27 janvier 1941). 

Après la manifestation patriotique du 11 novembre
1940, les étudiants doivent chaque jour signer un registre au commissariat de
leur quartier. Plusieurs d’entre eux sont filés. Le 26 novembre 1940, alors
qu’elle doit porter du matériel de propagande chez Jeanne Brunschwig, au 58 rue
de la Rochefoucault (Paris 9ème), elle arrive en retard au rendez-vous et se
retrouve nez à nez avec « deux flics en imperméables cachou« .
Apercevant Annie Crémieux, qui a déjà été fouillée, elle joue l’innocente et
déclare qu’elle est venue apporter un manuel d’allemand à son amie. Elle n’est
ni fouillée, ni arrêtée et, de retour chez ses parents, passe la nuit à
détruire tout le matériel compromettant en sa possession. Le lendemain elle est
interrogée «fort courtoisement» à la PJ par l’inspecteur Leblanc, qui se
révélera par la suite un des tortionnaires des Brigades spéciales (interview de
Ginette Cros, 2000). Il s’agit ici des arrestations opérées par des
inspecteurs de la BS1 (brigade spéciale anticommuniste des Renseignements
généraux à partir du 21 novembre 1940, «missionnés en vue d’identifier et
d’appréhender les auteurs de la propagande clandestine communiste dans les
milieux universitaires de la Capitale et plus particulièrement au quartier
Latin, au moyen de tracts, papillons ou brochures à  tendance communiste »)

Ginette
Cros travaille également comme «pionne au collège EPS (Ecole
primaire supérieure, filière parallèle
à
la filière d’excellence

des lycées) de Pantin pendant un mois et habite alors chez ses
grands-parents à Saint-Ouen. 
Elle est alors en contact avec Bernard Gilles, Gilbert Mury, Suzanne Terret (2)… Au
cours de l’année scolaire 1940-1941, Ginette Cros obtient deux
autres certificats de licence d’études supérieures (Histoire du
moyen âge et Histoire ancienne), tous deux validés le 8 juillet
1941. 

En
zone occupée, le Part
i
communiste lance
au début du mois de mai 1941 un

appel à la constitution
d’un « Front national pour l’indépendance de la France » qui naît
le 15 mai 1941. Ginette Cros devient
membre du « 
Comité
national du Front national »
.
Dans
une démarche parallèle, conduite
par « l’Union
des Étudiants Communistes »
(UEC) est créé le 19 septembre 1941 un « Front
National Etudiant »
(FNE) ou « Front
des étudiants patriotiques

(FEP) » autre
appellation qui recouvre la même réalité -. 



Elle entre alors dans la
clandestinité complète
, change d’allure et d’identité

Elle
doit changer d’apparence et d’identité, Elle est prise en charge
financièrement par le Parti communiste clandestin. Elle reçoit ses
directives de François
de
Lescure
(pseudo Henri Germain), membre de l’Union des étudiants communistes
(UEC) depuis septembre 1938,
«sous-marin
communiste dans les organisations légales d’étudiants
»,
délégué de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France)
depuis juillet 1940 (voir sa notice dans
Le
Maitron)

3 cartes d’identité de Ginette Cros

Elle détient successivement plusieurs fausses cartes d’identité :
en août 1942, elle se fait appeler Simone Martin, née le 3 juillet
1920 à Rennes, domiciliée au 7 rue Champion à Maisons-Laffitte. En
juin 1943, elle est Andrée Lambert, née le 7 septembre 1920 à
Paris 17
ème,
domiciliée
rue
de l’université

à Paris 7
ème.

C’est
pour elle une plongée brutale dans l’inconnu avec, pour toute
première planque, un logement insalubre rue des Petits carreaux dans
le quartier du Sentier. 

Grâce à Rose Mension (née Fuschmann,
secrétaire en 1938 d’une cellule communiste du 19
ème
arrondissement de Paris,
épouse
de Robert Mension membre du triangle de direction des JC avec René
Thuillier
),
elle
dispose de planques à Colombes et à Maisons-Laffitte.



Ginette Cros va, en 1943, assurer d’importantes responsabilités clandestines dans la Résistance communiste.

René Thuillier

Elle rencontre René Thuillier (voir
sa notice biographique dans Le Maitron)
en
1943
à
l’époque où il est m
embre
du triangle de direction de l’
Union
des Jeunesses communistes
clandestines
de la zone Nord. 

A partir de mars
1943,
 il est plus particulièrement chargé de l’unification des organisations
de jeunesse résistantes. Il 
devient donc un de ses responsables politiques directs. Il est membre du secrétariat
national du FUJP dès sa création en octobre 1943.
Arrêté
le 21 juillet 1944, il est torturé par la Gestapo rue des Saussaies.
Il quitte la prison de la Santé le 17 août avec les 550 autres
prisonniers politiques qui s’y trouvaient, les gardiens leur ayant
ouvert les portes. 

Elle le remplace après son arrestation au sein du
triangle de direction de
la JC
qu’il formait avec Robert
Mension et Henri Kesteman
. Elle est à la fois membre du triangle de direction de la « Jeunesse communiste » (JC) et secrétaire générale du FEP. Ginette Cros devient secrétaire générale du « Front Patriotique de la Jeunesse » créé en 1942.  Le FPJ va fusionner en octobre 1943 avec les Forces unies de la jeunesse (FUJ) pour former les Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP), dont elle est une des responsables avec Jean Pronteau (3).

Elle est également secrétaire générale de l’Union nationale des Etudiant patriotes, « secondant  Pierre Kast » selon la notice biographique du Maitron de René Thuillier par Marc Giovaninetti.

Elle précise : « J’ai été assez vite chargée des jeunes du Front national, sur deux secteurs : d’abord du « Front des étudiants patriotiques », ensuite du « Front National de la Jeunesse ». C’étaient des organisations (…) qui devaient toucher les milieux de jeunes et d’étudiants par des actions de masse, en liaison avec la JC. Comme, par exemple, (la protestation) contre le port de l’étoile jaune par les Juifs. Nous avons plusieurs fois descendu le boulevard Saint-Michel en portant des étoiles de fantaisie pour montrer que les jeunes n’acceptaient pas » (interview par Jacques Varin, 14 janvier 1976) ». Elle devient membre du Comité national du Front national et en 1944 de son Comité directeur, où elle représente le Front patriotique de la Jeunesse : « C’est René (Thuillier) qui m’y avait  propulsé» dit-elle. Au cours de réunions clandestines elle y côtoie « Xavier » (qu’elle reconnaît comme étant Georges Bidault), le pasteur protestant Henri Eberhardt, Jean Jousselin, Simonet, Jean Pronteau, Guy de Boissou…

Suivent
des prises de risques inévitables. Ainsi, elle manque de peu d’être
arrêtée

en
1944 
rue
Hélène, près de La Fourche (Paris 1
7ème),
au
domicile de
Juliette
Renuc
ci
(dont le compagnon,
Yves
Pellanes était un des dirigeants des FUJP)
.
Elle avait ét
é
suivie par des policiers des Brigades spéciales qui la filaient en
se relayant. C’est la petite-fille d’une crémière de la rue
Hélène qui la prévient
in
extremis

de
la présence de la police chez son amie Juliette. Elle s’enfuit par
une sortie de l’immeuble donnant sur l’avenue de Clichy, et se
réfugie avec sa tente de camping en forêt de Saint-Germain où elle
campe plusieurs jours à côté d’une maison appartenant à des
amis de ses parents. Juliette Renucci est arrêtée et internée à
la caserne des Tourelles, 141 boulevard Mortier dans le 20
ème.
Ginette Cros la fait évader avec trois autres internées, dans une
opération de commando FTP au cours de laquelle un des gardiens est
tué. Juliette est alors planquée chez la grand-mère de Ginette
Cros à Saint-Ouen.

papillon FUJ Marseille 1944
Collection Dominique
Thuillier-Laudijois
Salle Wagram. Présentation des délégués du FUJP 

à la Consultative (novembre 1944).  Ginette Cros 

est au centre derrière la table.
René Thuillier est le deuxième à sa gauche

Au
cours des réunions clandestines elle côtoie « Xavier »
(qu’elle reconnaît comme étant
Georges
Bidault
),
le pasteur protestant
Henri
Eberhardt,
Jean
Jousselin, Simonet, Jean Pronteau, Guy de Boissou…

Elle a contribué à la création du
périodique « Le jeune patriote » né en 1942 (4). 

C’est une feuille
ronéotée à destination de la jeunesse. 

A la Libération, il est le journal des
« Forces unies de la jeunesse patriotique » (FUJP). 

Réunion de travail au « Jeune Patriote »

Elle en anime le
« brain trust » comme elle l’écrit au dos d’une photo prise.
« Le jeune patriote » a son siège social au 126 rue Lafayette
(le siège du Comité central puis de la Fédération de Paris du PCF est au 120).
« 
Le journal, dont 30 numéros sont édités entre octobre
1944 et juin 1945 n’est pas spécifiquement un support de bande dessinée,
mais il publie des textes illustrés évoquant la Résistance, les maquis, le
colonel Fabien (…) Son faible tirage, les restrictions de papier et les
réorganisations des mouvements de jeunesse patriotique et communiste provoquent
une réorientation du titre et sa transformation en « Vaillant le
journal le plus captivant, organe de l’UJRF
 » (in Wikipédia).

Une de ses fiertés est d’avoir
recruté pour « Vaillant », José Cabrero Arnal, dessinateur espagnol,
déporté à Mauthausen, qui contribuera au succès du journal avec Placid et Muzo, puis Pif le chien.

Ginette Cros en tête du groupe FFI à Londres.
A sa droite, avec des lunettes, Jeanne Brunschwig
A Londres salut au monument aux morts

Le 11 novembre 1944, elle défile
place des Inval
ides à la tête de 50 jeunes filles
du FUJP, avant de se rendre à Londres où elles vont défiler devant le Cénotaphe. Événement que « l’Avant-Garde » (« le journal des jeunes », édité par la Fédération des Jeunesses communistes de France ») du 24 novembre 1944 relate ainsi : 200 FFI – 50 jeunes filles et 150 jeunes gens – membres des FUJP, ambassadeurs de la France en guerre reviennent d’Angleterre.

Fin
1944, Pierre Daix, déporté à Mauthausen où il a côtoyé un des
rescapés du convoi du 6 juillet 1942, a acquis la certitude de la
mort de son camarade Olivier Souef. 

A son retour, en
1945
il
l’annonce à Ginette Cros et à son jeune frère, Claude Souef (in
Dénis
de Mémoire
,
p. 69). 

Elle
apprendra en 1945 par un rescapé du convoi qu’il est mort sous les
morsures des chiens des SS. 

Elle obtient la carte de
« Combattant Volontaire de la Résistance » n° 096000, la carte de
combattant n° 654.849 et est décorée de la Médaille nationale de la résistance.

« René Thuillier rédigea quelques éditoriaux pour la revue bimensuelle « Filles
de France » au cours de l’année 1945. Parmi elles, Colette Jobard, encore
mariée avec lui. Mais il se mit bientôt en ménage avec Ginette Cros, une des
dirigeantes des étudiants communistes qu’il avait déjà connue pendant
l’Occupation. Le mariage Thuillier-Jobard fut officiellement dissous en avril
1946 »
(notice biographique du Maitron par Marc Giovaninetti
).

Le 25 décembre 1946, Ginette Cros
épouse Alfred, René Thuillier
, résistant, responsable du Front uni de la
jeunesse patriotique en 1943, torturé par la Gestapo rue des Saussaies, élu
député de 1945 à 1941. Elle l’avait connu pendant la Résistance (Le Maitron).

Elle reprend ses études et
obtient un certificat d’études supérieures de Géographie générale en juin 1948,
ce qui cumulé avec ses certificats précédents obtenus en 1940 et 1941, lui
permet d’accéder au grade de licenciée-es-lettres.

Elle est nommée professeur
d’histoire au collège de filles de Château-Thierry (Aisne), département dont
son époux est député. Puis au collège de jeunes filles à Epernay (Marne). En
1949, quoique ayant envisagé de ne pas se présenter à l’oral parce que malade, elle
est reçue deuxième à l’agrégation de lettres, section histoire et géographie.

Elle fait sa rentrée en 1952 au
lycée de Montgeron (Essonne), annexe mixte du lycée Henri IV, où elle remplace
Madeleine Rebérioux, mutée au Lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur, avant
d’enseigner à la Sorbonne, puis à Paris VIII.

Dès le début de sa carrière
d’enseignante, elle a des rapports d’inspection pédagogique élogieux. Le couple
Thuillier fait construire une petite maison en 1955 à Montgeron. Ils auront eu deux
fils (Daniel né en août 1945, décédé 3 mois après sa naissance, François
né en 1946) et une fille, Dominique, née en 1952. Le couple se séparera à l’été 1957. 

Ginette Cros et Jeanne Brunschwig en 1969

A partir de 1955,
elle passe ses vacances avec ses enfants aux Sables d’Olonne, en location, dont
la première lui est indiquée par un collègue du lycée de Montgeron. Très
sportive, elle fait du tennis et de la natation.

Aux Sables d’Olonne

A la retraite en 1981, Ginette
Cros s’adonne à sa passion pour la photographie et les voyages. Elle en
effectue de nombreux avec l’association des Professeurs d’Histoire et
Géographie. Sa fille possède ses 40.000 diapositives, dûment classées, des nombreux
sites visités avec son amie Françoise Corteggiani. Elle publie plusieurs
ouvrages (sur le Maroc, la Sardaigne et Paris).

Ginette Cros décède subitement le
31 août 2002, à Nevez, pendant une baignade en Bretagne.

Claudine Cardon-Hamet et Pierre Cardon

  • Note 1 : Lire sa notice biographique par Alain Dalençon, dans le Maitron.
  • Note 2 : Suzanne Terret fut
    arrêtée en flagrant délit en février 1943 par la police française du Ve
    arrondissement de Paris, rue du Pot de Fer, alors qu’elle peignait cette
    inscription sur un mur : « Etudiant, résiste à la déportation ».
    Emprisonnée à la Petite Roquette (Paris), puis au camp des Tourelles (Paris) et
    ensuite au camp administratif de La lande Monts près de Tours (Indre-et-Loire),
    elle tomba malade et mourut d’épuisement le 14 août 1943, le lendemain de son
    transfert à l’hôpital de Tours (in Le Maitron. Notice Julian Mischi).
  • Note 3 : L’organisation regroupe les Jeunes chrétiens combattants,
    les jeunes de l’Organisation civile et militaire (OCM), la Fédération des
    jeunesses communistes de France, les jeunes du Mouvement de libération
    nationale (MLN), le Front patriotique de la jeunesse, l’Union des étudiants
    patriotiques, Sport libre, les Jeunes Paysans patriotiques, l’Union des jeunes
    filles de France, les Jeunes Laïcs combattants, les Jeunes Protestants
    patriotiques, les Jeunes Francs-tireurs et partisans (FTP).

  • Note 4 : Au comité directeur du « Jeune Patriote » : Andrée Ambroise,
    Julien Bertheau, Ginette Cros et Henri Rol-Tanguy. Le journal a connu deux
    périodes d’édition : pendant l’Occupation, de 1942 à 1944, 12 numéros sont
    publiés (une feuille ronéotée), numérotés de 1 à 12. Le journal sort de la clandestinité et, entre le 13
    octobre 1944 et le mois de mai 1945, 30 numéros sont publiés sur les presses de
    l’imprimerie Seguin. Le 1
    er juin 1945, le numéro 31 du Jeune
    Patriote prend le titre de « Vaillant » avec le sous-titre
    « Le Jeune Patriote », toujours bimensuel, sous la bannière de
    l’Union de la Jeunesse Républicaine de France (UJRF).
     

Sources et illustrations

  • Rencontres avec sa fille, madame
    Dominique Thuillier-Laudijois,  31/05 et
    2/06 2019.
  • Interview audio de Ginette Cros
    par sa fille / 2000.
  • Photos de Ginette Cros et de René
    Thuillier © collection Dominique Thuillier-Laudijois.
  • « Gi » aux Sables
    d’Olonne.
  • Photo de la sortie au Boël, au
    dessus de la Vilaine, avril 1940, © Dominique Thuillier-Laudijois
  • © Photo Rennes 1940, in cahier central du
    livre de Pierre Daix « Dénis de Mémoire », collection Témoins,
    Gallimard.
  • Le Maitron (notice biographique
    de René Thuillier)
  • Hervé Cultru (préf. Richard Medioni), Vaillant, 1942-1969 la véritable histoire d’un journal
    mythique
    ParisÉditions
    Vaillant Collector
    , février 2006, 286 p., relié (ISBN 2-9519925-1-3)
  • Papillon édité par les Forces unies de la Jeunesse patriotique,
    appelant les jeunes Marseillais à rejoindre les maquis, juin 1944. Revue de la
    Fondation de la France Libre, septembre 2017 – Numéro 65 page 27.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.