René Perrault : né en 1919 à Segré (Maine-et-Loire) ; domicilié à Rennes (Ille-et-Vilaine) : ajusteur, cheminot ; communiste ;  arrêté le 22 juin 1941 ; interné à Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz, où il meurt le 2 octobre 1942.

René Perrault est né le 26 octobre 1919 à Segré (Maine-et-Loire) et domicilié à Rennes (Ille-et-Vilaine), Route de Vern, chemin de la Poterie au moment de son arrestation.
Il est le fils de Bernadette, Joséphine, Victorine Hoisseau et de René, Noël Perrault, son époux, charron, né à la Ferrière de la Flée le 28 juillet 1889. Ses parents se sont mariés à Segré le 24 juin 1916.
Ses parents habitent au 25, boulevard de Metz en 1920, puis 13, rue Richard Lenoir en 1928.
Elève à l’école primaire du boulevard Laënnec, puis à l’Ecole pratique de commerce et d’industrie de Rennes, où il obtient en juin 1936 son CAP d’ajusteur, puis son Brevet Industriel.

L’Ouest-Eclair 30/06/1936

Il est embauché comme ajusteur à la SNCF. Sportif, il est inscrit à l’AS Cheminots de Rennes.
Il habite chemin de la Poterie (devenue ruelle) à Rennes après le recensement de 1936, perpendiculaire à la Richard Lenoir.
En juillet 1937, il est reçu au Brevet sportif populaire, catégorie « vigilants » (15-18 ans).
René Perrault est responsable des Jeunesses communistes de Rennes, avec Jules Lebrun (un jeune cheminot qui sera tué pendant les combats pour la libération de Paris).
Le 18 juin 1940, les chars de la Werhmacht entrent dans Rennes. Le 22 juin, l’armistice est signé : la moitié nord de la France et toute la façade ouest sont occupées. Le 10 juillet 1940 Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ».
« En août 1940, René Perrault organise des groupes de jeunes pour des sabotages. Le 25 octobre, il provoque la rupture de câbles téléphoniques allemands à la SNCF. Il est convoqué le 30 novembre 1940 par le commissaire Morellon qui le menace, mais le libère. René Perrault continue néanmoins son activité, réalisant plusieurs sabotages de janvier à la fin mai 1941 » (1).
« Il était responsable des Jeunesses communistes avec Jules Lebrun, qui fut tué dans les combats de la Libération de Paris. Ils étaient deux jeunes dynamiques, gais, qui aimaient la vie » (Renée Thouanel-Drouillas, notes).
René Perrault est arrêté le 22 juin 1941 à Rennes, sur son lieu de travail, par la police allemande. Il est conduit à la prison Jacques Cartier de Rennes, puis remis aux autorités allemandes à leur demande. Cette arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom « d’Aktion Theodorich », les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française, dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. 

Il dessine Emile Drouillas le 4 octobre 1941

Les autorités allemandes l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 10 juillet 1941.
A Compiègne il reçoit le matricule « 1161 ».
Le 4 octobre 1941, il dessine son camarade et aîné Emile Drouillas « pour lequel il a une grande admiration » (Renée Thouanel-Drouillas).

Pour Emile Drouillas, en souvenir du pays d’Armor dessin de René Perrault, mars 1942

En mars 1942, il fait un autre dessin d’Emile Drouillas (collection Renée Thouanel-Drouillas).

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Depuis le camp de Compiègne, René Perrault est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante trois « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 45966 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.
Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.

Dessin de Franz Reisz, 1946

A Auschwitz, il aurait tenté de s’évader ou de se jeter sur les barbelés électrifiés, le 2 octobre 1942, d’après Jean Rouault,  dont le témoignage a été confirmé par un autre rescapé, Roger Abada.
Cet acte aurait eu lieu après la mort d’Emile Drouillas, pour lequel il avait une grande admiration (selon Renée Thouanel-Drouillas).
Cependant, René Perrault ne figure pas à cette date ou à une autre dans les Registres des morts d’Auschwitz (Death Books from Auschwitz), mais ce registre comporte des lacunes même pour les périodes couvertes par les « livres ». 

Plaque du quartier Saint Hélier à Rennes.

Une allée de Rennes porte son nom, dans le quartier de Saint Hélier.
Il est homologué comme sergent au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et DIR (Déportés et Internés Résistants), comme appartenant à l’un des mouvements de Résistance.
Il a été décoré de la Croix de guerre à titre posthume.

  • Note 1 « Mémoires de granit » édité par l’Office des Anciens Combattants d’Ille-et-Vilaine 1991, page concernant René Perrault, annotée par madame Renée Thouanel-Drouillas.

Sources

  • Témoignages de Jean Rouault et Roger Abada.
  • Site « Déportés de Bretagne », liste des déportés d’Ille et Vilaine, par Jean Paul Louvet.
  • Listes – incomplètes – du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), ministère de la Défense, Caen.
  • Photo de René Perrault et biographie sur le site « Déportés de Bretagne », liste des déportés d’Ille et Vilaine, par Jean Paul Louvet.
  • « Emile Drouillas, dit Laporte, militant ouvrier » ouvrage de Jeanne Roquier-Drouillas et Renée Thouanel-Drouillas.
  • Dessins d’Emile Drouillas par René Perrault, collection Renée Thouanel-Drouillas.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des
    déportés d’Auschwitz (1946).
  • L’Ouest-Eclair du 30 juin 1936.
  • Registres matricules militaires du Maine-et-Loire, recensements de Rennes 1921, 1928, 1931, 1936.

Notice biographique rédigée en novembre 2010 (complétée en 2016 et 2021) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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