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STARCK Marcel

 

« 46118 »

Marcel Starck est né le 12
juin 1901 à Paris 11ème  (Seine). Son
père, Jacob Starck, âgé de 26 ans est ébéniste. Marcel Starck est domicilié 4
rue Burq à Paris 18ème  au moment de
son arrestation. Il est marié et père d’un enfant.

Il est agent de maîtrise aux
établissements Ragonot. Cet établissement situé à Malakoff (Seine / Hauts de
Seine), créé en 1917, fabrique de petites génératrices et convertisseurs
destinés à l’alimentation des postes téléphoniques portatifs de l’Armée Française).

Marcel Starck est membre du
syndicat des agents de maîtrise de la Fédération CGT des Métaux et est connu de la
police comme «sympathisant communiste».

Marcel Starck est arrêté le
6 ou le 11 août 1941 par la police française à son domicile, pour détention de
tracts de la «Vie ouvrière» et d’une
brochure intitulée «Histoire du Parti
communiste
» et d’un journal de la
CGT clandestine. Il est incarcéré à la prison de la Santé, puis relaxé le 5
novembre 1941. Il est interné administrativement le lendemain comme communiste au
camp de Rouillé (1).

Début mai 1942,
les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste
d’internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne en vue de
leur déportation comme otages. Le nom de Marcel Starck y figure. Dix-neuf
internés de cette liste de 187 noms ont été soit libérés, soit transférés dans
d’autres camps, ou sont hospitalisés. Trois se sont évadés. Cinq d’entre eux
ont été fusillés. C’est donc avec un groupe de 160 internés que Marcel Starck
arrive à Compiègne le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à
Auschwitz dans le convoi du 6 juillet.  Pour
comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le
blog «une déportation d’otages
».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Marcel Starck est déporté à
Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier
de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine
d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz)
faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en
France, les «Judéo-bolcheviks»
responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti
communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir
d’août 1941.

Marcel Starck est enregistré
à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46118» selon la liste par matricules du
convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d’Etat d’Auschwitz.
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du
convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à
pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka),
situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet : «Nous sommes interrogés sur nos professions.
Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et
s’en retournent à Auschwitz I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui
restaient de notre convoi
» Pierre Monjault.

Marcel Starck est affecté à
Auschwitz 1. Lire dans le blog , le récit de son passage à la mi-janvier
1943 devant le médecin major SS qui procède aux sélections pour la chambre à
gaz, sélection «du côté gauche» qui épargne Marcel Cimier et Raymond Langlois
ou du « côté  droit » qui condamne Marcel Starck.

Les sélections : témoignage de Marcel Cimier

Marcel Starck est mort à
Auschwitz le 13 janvier 1943 d’après le certificat de décès établi au camp
d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death
Books from Auschwitz Tome 3 page 1164).

La mention «Mort en déportation» est apposée sur son
acte de décès (arrêté du 18 mars 2003 paru au Journal Officiel N° 105 du 6 mai
2003). Cet arrêté porte toujours la date fictive du 1er septembre 1942: il
serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel
arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil de la
municipalité d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz,
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Cette mention n’a pas été reportée sur son
acte de naissance.

Marcel Starck est homologué
comme «Déporté politique».

  • Note 1 : «Le camp
    d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941,
    sous la dénomination de «centre de séjour surveillé»
    , pour recevoir 150 internés
    politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti
    Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940.
    D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été fermé en
    juin 1944 
    ». In site de l’Amicale de
    Châteaubriant-Voves-Rouillé.

Sources

  • ©Archives en ligne de Paris 11ème
  • Liste de Rouillé : Archives
    du CDJC (XLI-42).
  • Death Books from Auschwitz,
    Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres
    (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville
    d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943,
    le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau
    des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère dela Défense, Caen. Fiche
    individuelle consultée en octobre 1993.
  • Liste (incomplète) par
    matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du
    Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des
    conflits contemporains (Ministère dela Défense, Caen) indiquant généralement la date de
    décès au camp.
  • «Cahiers de mémoire : Déportés du Calvados », 1995. Extraits
    du Cahier rédigé à partir de 1957-1958 par Marcel Cimier (page 99). Ouvrage publié par le Conseil général du Calvados
    (direction des archives départementales).
  • Dessin de Francis Reisz (l’attente
    au Revier) in «Témoignages sur Auschwitz »,
    Publication de l’Amicale d’Auschwitz 1947. Original au Musée dEtat
    d’Auschwitz-Birkenau.
  • ©
    Site Internet «Légifrance.gouv.fr»

Biographieprovisoire installée en janvier 2012, rédigée en 2003 par Claudine
Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à
Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942»
, Editions Autrement, 2005
Paris et de «Mille otages pour Auschwitz,
le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000
», éditions Graphein, Paris 1997
et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de
ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette
biographie. *Pour compléter ou corriger cette
biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous
disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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