Marc Pecker à Compiègne in G. Kohn et F. Montel, Journal de Compiègne
Médecin de bataillon en 14/18

Matricule « 46.304 » à Auschwitz

Raphaël Pecker : né en 1891 à Paris (14°) ; domicilié à Caen (Calvados) ; docteur en médecine ; résistant ; arrêté le 1er mai 1942 comme otage Juif ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz ; décédé à Auschwitz-Birkenau le 1er août 1942. 

Marc, Raphaël, (dit Raphaël), Pecker est né le 22 novembre 1891 à Paris (14°), à la Maternité Port-Royal Saint Vincent de Paul, 123, rue de Port-Royal.
Raphaël Pecker habite au 44, rue des Jacobins à Caen (Calvados) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Wéra Triwous 27 ans, née à Bordiansk (ou Briansk, Russie) le 1er janvier 1864, et de Peretz Pecker, 25 ans, né à Sébastopol (Russie) le 22 avril 1866, son époux, domiciliés au 46, rue de la Santé. Tous deux sont étudiants en médecine. Ils se sont mariés à Briansk en 1889.  La famille a émigré en France et habite à Maule (Seine-et-Oise) dès 1893.
Raphaël Pecker est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants tous nés en France : Victor, Noël, né le 25 novembre 1893 à Maule (Seine-et-Oise), André, Benjamin, né le 23 janvier 1902 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise), et Anna Nathalie, née le 9 février 1895 à Paris 6ème. En 1900, leurs parents sont médecins à Maule .
Par décret du 6 janvier 1900 (3397-45), les deux époux obtiennent la nationalité française, ainsi que leurs enfants par voie de filiation.
Etudiant en médecine, Marc Pecker est sursitaire en 1913 et 1914 au moment de l’appel de sa classe. Mais il est mobilisé comme Médecin auxiliaire le 4 octobre 1914 à la déclaration de guerre. Son registre matricule militaire nous indique qu’il mesure 1m69, a les yeux bleux, les cheveux blonds et le visage ovale. Pour l’armée, il a un niveau d’instruction de niveau 5 (le plus haut niveau).
Versé à la 18ème section d’infirmiers,  puis en 1916 au 13ème Régiment d’artillerie en 1916.  En janvier 1916 il est nommé médecin aide-major  à titre temporaire. 

Raphaël Pecker , in Résistance et Mémoire

Il épouse Valérie, Lucie Blum le 1er février 1917 à Sézanne (Marne)Elle est née le 27 avril 1885 à Reims, mère de deux enfants d’un précédent mariage en 1905 avec Richard Lyon (Édouard, né en 1906, et Simone, née en 1909, tous deux à Londres). Les époux Pecker ont un fils, Jean, né le 23 janvier 1921 (1).
Transféré au 87ème RAL (artillerie lourde), Raphaël Pecker est cité à l’ordre de ce régiment le 2 mai 1917 « Dans les journées des 6-7-8 avril 1917, a assuré, sous un violent bombardement d’obus de gros calibre, l’évacuation des blessés. A montré le plus grand courage le 6 avril en se portant sous le feu au secours des hommes ensevelis par l’effondrement d’un abri et en coopérant aux travaux de sauvetage. »  Il est décoré de la croix de Guerre.
A partir de novembre 1918 il fait des opérations de rapatriement de prisonniers de guerre en Allemagne et Danemark. Le 28 septembre 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation
en « se retire » au 16, rue de la République à Saint-Germain-en-Laye.

A partir du 16 novembre 1920, docteur en médecine, il exerce comme médecin de secteur à la SNCF à Caen.

Archives SNCF  118lm108 p 1307

«Comme tous les médecins SNCF, il avait « son » cabinet en ville où les agents (et leurs familles dites « ayant droit »)  peuvent et doivent consulter, mais, en plus, il avait des permanences dans un local SNCF dit « cabinet médical », pour les visites d’aptitudes annuelles et renouvellement d’autorisations pour les  … conducteurs, contrôleurs, chefs de trains  (deuxième agent de sécurité des circulations en lignes) et toutes les professions tenues à un certificat de capacités (physiques) à exercice de leur profession » in ©  Rail et Mémoire.
En janvier 1922, il habite 107, avenue Jean Jaurès, chalet B à Colombelles (Calvados). En 1923, il est nommé médecin aide-major de première classe au titre de la réserve militaire (JO du 19 avril 1923).
En 1931, il est médecin capitaine au titre de la réserve militaire, nommé médecin commandant (JO du 23 mai 1931).
Il est, pendant une période, médecin à la société Métallurgique de Normandie à Mondeville.
« Il s’installe à Caen vers 1930 et y développe un cabinet prospère, avec la réputation établie d’excellent chirurgien » Yves Lecouturier, La Shoah en Normandie, p. 107.
En décembre 1933, il acquiert par acte notarié avec 17 autres médecins des parts de la SARL « société de la Clinique Saint-Pierre » (Le moniteur du Calvados, 12 décembre 1933).
En 1937, il habite au 44, rue des Jacobins à Caen.
En 1937, « mordu par l’amour du drapeau et par la haine des rouges, il rejoint « l’Action Française. Son, père, homme de gauche, l’éclaire sur l’antisémitisme forcené des hommes de ce mouvement et le convainc de démissionner. Il adhère alors au mouvement des Croix-de-Feu du colonel de La Roque » (In Yves Lecouturier, La Shoah en Normandie p. 107.
A la déclaration de guerre, il est rappelé comme médecin-commandant de réserve.

Le 22 janvier 1940 il se remarie à Varaville (Calvados), avec Lucienne, Paule Héron. Elle est née le 15 janvier 1905 à Carrouges (Orne). Elle a été mariée en juillet 1928 avec le peintre Boris Tzvietaieff. Elle est institutrice (André Montagne écrit « elle a été mon institutrice à l’Ecole Primaire de la S.M.N. à Mondeville ». Elle lui écrira trois lettres en 1945, en réponse à ses courriers). Le couple a un enfant (Michèle, née le 5 juin 1942).

Le 14 juin 1940, l’armée allemande d’occupation entre dans Paris, vidé des deux tiers de sa population. La ville cesse alors d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Toute la Basse Normandie est occupée le 19 juin. Les troupes de la Wehrmacht arrivant de Falaise occupent Caen le mardi 20 juin 1940. La Feldkommandantur 723 s’installe à l’hôtel Malherbe, place Foch. En août huit divisions d’infanterie allemande – qu’il faut nourrir et loger – cantonnent dans la région. L’heure allemande remplace l’heure française.

Le portrait de Pétain renvoyé « aux cabinets du Préfet »

Raphaël Pecker est démobilisé en septembre 1940.
Dès le début de l’Occupation allemande, il est violemment hostile à la politique de Vichy et à la collaboration.
Son épouse, dans une lettre qu’elle m’a adressé en 1987, m’a narré l’anecdote suivante : « en janvier 1942, la Préfecture du Calvados adresse à tous les médecins du département une photo de Pétain, à afficher dans la salle d’attente. Nous décidâmes de retourner ce portrait au Préfet en précisant : « pour les cabinets du Préfet« .

A la suite de la première ordonnance allemande prescrivant le recensement des Juifs en zone occupée, un fichier des Juifs est établi dans chaque préfecture et un premier « Statut des Juifs » est édicté le 3 octobre 1940 par gouvernement de Vichy. Il est beaucoup plus draconien que l’ordonnance allemande (pour les Allemands, le Juif est défini par son appartenance à une religion, pour Vichy par son appartenance à une race). Les Juifs de nationalité française perdent, par ce décret du gouvernement de Vichy, leur statut de citoyens à part entière : à partir du 3 octobre 1940, la police française fait appliquer les ordonnances allemandes concernant l’obligation pour les Juifs de zone occupée d’avoir une carte d’identité portant la mention « Juif » : ils doivent se faire recenser dans les commissariats proches de leur domicile.  Les lois de Vichy et ordonnances allemandes imposent également à chaque Juif d’effectuer une déclaration de la totalité de ses biens.
Raphaël Pecker, médecin à Caen, effectue ainsi sa déclaration le 8 juillet 1941: «1) Je suis juif. 2) Je suis français, né à Paris le 22 novembre 1891, marié à une catholique française, j’ai deux enfants. 3) J’exerce la profession de docteur en médecine. 4) Je possède en communauté avec mes frères et sœurs : a) un terrain sis à Fourqueux (Seine-et-Oise) ; b) une maison sise à Saint-Germain-en-Laye. Personnellement, j’ai en outre : a) une part de participation à la clinique Saint-Pierre de Caen ; b) un compte courant au Crédit Lyonnais et à la Trésorerie générale du Calvados».
En fait la société de la clinique Saint-Pierre possède un capital de 300.000 francs, mais le docteur Pecker ne détient que 8 parts de 1000 francs. Le préfet du Calvados consulte cependant le 13 novembre 1941 le directeur général du SCAP pour savoir s’il doit considérer cette clinique comme une entreprise juive: «Je vous serais reconnaissant de vouloir bien me faire connaître si, malgré le but humanitaire de cette clinique qui ne peut être considérée comme étant sous influence juive en raison de la participation infime du docteur Pecker, je dois la considérer comme une entreprise commerciale et si, par la suite, M. le docteur Pecker doit être appelé à vendre les huit parts qu’il détient. Certains biens ne sont pas cédés et sont dévolus à des mouvements de collaboration qui transforment les commerces en officines de propagande. Les Allemands eux-mêmes les adaptent en bureau de placement afin de recruter des bras pour leurs usines. L’immeuble-clinique du docteur Pecker devient le siège de l’antenne de la Gestapo de Caen : nombre de résistants y sont brutalement torturés aussi bien par les membres du SD que par les auxiliaires français de la Gestapo« . (In La Shoah en Normandie, Yves Lecouturier, pages 76 à 78).
Raphaël Pecker s’est engagé dans la Résistance : il est membre du groupe de renseignement « Arc en Ciel » (2). Par ailleurs, il donne clandestinement des soins à des aviateurs anglais abattus (Yves Lecouturier Op. cité p.107 et Lucienne Pecker dans le questionnaire rempli en 1987).

Le premier mai 1942, il est arrêté à son domicile par un inspecteur de police français, accompagné d’agents et de Feldgendarmen. Raphaël Pecker figure en effet sur la liste des otages juifs de Caen « Israélites arrêtés sur l’indication des Autorités allemandes dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, et remis le 3 mai » (CDJC). Lire Les otages juifs du convoi).

Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Airan-Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. 24 otages sont fusillés le 30 avril à la caserne du 43ème régiment d’artillerie de Caen occupé par la Werhmarcht. 28 communistes sont fusillés en deux groupes les 9 et 12 mai, au Mont Valérien et à Caen. Le 9 mai trois détenus de la maison centrale et des hommes condamnés le 1er mai pour « propagande gaulliste » sont passés par les armes à la caserne du 43ème RI.  Le 14 mai, 11 nouveaux communistes sont fusillés à Caen. Lire dans le site : Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942) et la note du Préfet de Police de Paris à propos des deux sabotages de Moult-Argences : Collaboration de la Police français (note du Préfet de police, François Bard).

Il est emmené de nuit à la Maison centrale de la Maladrerie de Caen (dite également prison de Beaulieu), entassé avec d’autres caennais arrêtés le même jour, au sous-sol dans des cellules exiguës.
Marcel Cimier, rescapé du convoi  raconte dans « Les incompris » p. 6 : « Le docteur Pecker, qui venait d’être arrêté comme nous, ayant aperçu le chef de la Sureté, M. Chaté, alla vivement lui demander pourquoi on l’avait arrêté ; mais il ne put poursuivre longtemps ses récriminations, car d’un geste brusque qui souffleta la joue du docteur, il le bouscula en lui disant : « Sale juif, je vous aurai tous« . Et s’adressant à nous, il nous dit : « Vous aussi sales communistes, demain la ville de Caen sera bien débarrassée de vos sales g… « .
A la demande des autorités allemandes, Raphaël Pecker et ses co-détenus, Juifs et communistes, sont conduits en autocars le 3 mai au «Petit lycée» de Caen occupé par la police allemande, où sont regroupés les otages du Calvados. On leur annonce qu’ils seront fusillés. Par la suite, un sous-officier allemand apprend aux détenus qu’ils ne seront pas fusillés mais déportés.  Après interrogatoire, ils sont transportés le 4 mai 1942 en cars et camions à la gare de marchandises de Caen. Le train démarre vers 22 h 30 pour le camp allemand de Royallieu à Compiègne le Frontstalag 122 (témoignage André Montagne). Raphaël Pecker y est interné le lendemain soir 4 mai en vue de sa déportation comme otage.
La Gestapo de Caen (Feldnachrichten-Kommandantur 25) établit son siège dans l’immeuble du domicile du docteur Pecker, au 44, rue des Jacobins.

A Compiègne, Lucien Colin écrit dans son journal, tenu du 9 mai au 4 juillet 1942, qu’il lui a parlé à travers les barbelés du Camp Juif. « Le docteur Pecker est employé comme médecin à Compiègne » (Yves Lecouturier Op. cité p. 118).
A l’infirmerie du camp, le docteur Pecker, qui aura pour adjoint le docteur Drucker est « désigné médecin-chef et fort apprécié des internés. Benjamin Schatzman le décrit comme un « homme charmant,… un homme dont la conversation est agréable et il est un
homme aimable ». Parmi les deux plantons mis à leur disposition, un ancien coiffeur caennais Abraham Indiktor. Sur les cinq personnes composant le personnel de l’infirmerie du camp, il se trouve que trois sont originaires du Calvados. L’infirmerie demeure un lieu protégé dans le camp
» (Yves Lecouturier Op. cité p 140).
Dans ses notes prises au camp de Compiègne, l’avocat François Montel (1900-1942) note  le 15 mai : « Beau temps. Bridge avec Pierre et Roger Masse et avec les médecins Pecker, Balter, Drucker… ». François Montel est transféré à Drancy le 23 juin, il note : « Adieux à Pecker, Drucker et Michel qui restent. Bons et déjà vieux amis ». (in : Georges Kohn et François  Montel, Journal de Compiègne et de Drancy).

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Depuis le camp de Compiègne, Raphaël Pecker est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante trois « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.
Le docteur Pecker assure le service sanitaire du convoi et voyage dans le compartiment d’une voiture avec des soldats allemands (Yves Lecouturier Op. cité p. 118).
Raphaël Pecker est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule «46304» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d’Etat d’Auschwitz.

Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi les 522 que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.

Raphaël Pecker meurt à Auschwitz, le 1er août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from
Auschwitz
Tome 3 page 914 et
© Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau). Il a été exécuté d’un coup de pioche dans le crâne, selon le témoignage d’André Montagne (45912).
Le titre de « Déporté résistant » lui a été attribué, après les démarches menées par le réseau « Arc-en-Ciel » 2), dont Madame Lucienne Pecker et son frère Jean Héron (responsable de la « zone de feu ») étaient également membres.
Le réseau « Turma-Vengeance » a été homologué FFC, FFL et RIF (cf. JO du 16 novembre 1946, p. 9692). Il a fait l’objet d’un livre écrit par un de ses responsables, le général Jean Bézy : Le S.R. Air, Paris, éd. France-Empire, 1979 (3).

Raphaël Pecker a été décoré de la Légion d’Honneur et de la Médaille de la Résistance.
Une rue de Caen, perpendiculaire à la rue des Jacobins, porte son nom.

André Montagne, un des 8 rescapés caennais et calvadosiens du convoi du 6 juillet 1942 à destination d’Auschwitz a rédigé de nombreux témoignages concernant la mort de ses 72 camarades à l’intention de leurs familles. Il se souvenait de beaucoup d’entre eux. Voici ce qu’il
écrit du « Docteur Raphaël Pecker (46304) : son domicile à Caen, rue des Jacobins, était tout proche du nôtre. Nous avons été amenés ensemble au Commissariat central dans la nuit du 1er au 2 mai. Son épouse avait été mon institutrice à l’Ecole Primaire de la S.M.N. à Mondeville. J’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Il est décédé le premier août 1942, âgé de 51 ans ». 

Au Mémorial de la Shoah figurent des extraits d’acte de naissance et un registre de baptême transmis aux autorités allemandes pour
prouver de son appartenance à la religion catholique.

  • Note 1 : Jean Pecker, son fils, rallie les FFL après l’arrestation de son père, passe en Espagne, y est emprisonné. Il finira la guerre dans la Division Leclerc. Neuro-chirurgien de renommée mondiale, créateur de « l’école rennaise de chirurgie« . Membre de l’Académie de Médecine, il meurt le 5 septembre 1989. En 1945, il entreprend avec André Montagne auprès du ministère des recherches pour connaître les responsables des listes d’otages.
  • Note 2 : »Arc en Ciel apparaît pour la première fois à l’automne 1940 comme une émanation du « SR-Air » service de renseignement de l’armée de l’Air, replié à Vichy et rattaché au réseau de renseignement « Vengeance ». Il comprenait alors seulement quelques membres et a travaillé pour le « SR-Air » jusqu’à l’invasion de la Zone libre (novembre 1942). Par la suite, « Arc en Ciel » reste au sein de « Vengeance » (qui se rattache au BCRA de Londres et devient alors Turma) et connaît, dès le début 1943, un développement plus large : on recense plus de 80 membres, nombre certainement inférieur à la réalité.
  •  Note 3 : http://chantran.vengeance.free.fr/Doc/Arc%20en%20ciel%2013.pdf

Sources

  • © Archives en ligne de Paris.
  • Fiche FNDIRP établie par sa veuve (N°21321).
  • Lettres de Mme Lucienne Pecker à André Montagne (année 1945).
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, le 19 octobre 1987, rempli par sa veuve, Lucienne Pecker.
  • Lettre de Mme Lucienne Pecker à Claudine Cardon-Hamet (7 novembre 1987).
  • Liste des Juifs arrêtés la nuit du 1er mai au 2 mai 1942. Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres – incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Rail et Mémoire, courriel et document SNCF attestant de sa qualité de médecin de section SNCF (M. Barthélémy 19 juin 2012).
  • Réseau arc-en-ciel : @ sgmcaen.free.fr/resistance
  • © Archives de Jean Quellien.
  • Courriel de Marc Chantran
  • Yves Lecouturier « La shoah en Normandie »,  Ed. Cheminements.
  • Dessin in : Georges Kohn et François  Montel, Journal de Compiègne et de Drancy, Ed. FFDJF (Fils et filles des déportés juifs de France), 1999, page 53. Textes présentés et annotés par Serge Klarsfeld ; publié par l’Association les Fils et filles des déportés juifs de France et par la Beate Klarsfeld foundation
  • Recherches généalogiques (Naissance, mariage, recensements, coupures de presse, ouvrages) effectuées par Pierre Cardon.

Notice biographique rédigée en janvier 2001 (complétée en 2014, 2016, 2017 et 2021) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé), à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association « Mémoire Vive ». Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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