Matricule « 45.426 » à Auschwitz

Maurice Daudin © Archives  familiales, droits réservés
Maurice Daudin le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Maurice Daudin : né en 1906 à Anetz (Loire-Atlantique) ; domicilié à Paris 13ème ; homme d’équipe à la SNCF ; syndiqué CGT ; arrêté le 23 juillet 1941 ; condamné à 8 mois de prison, effectués à la Santé, Fresnes, Poissy ;  Fresnes ; interné aux camps de Voves et de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt.

Maurice Daudin est né le 14 juin 1906 à Anetz (Loire-Atlantique). Il habite au 107, boulevard de l’Hôpital à Paris (13ème) au moment de son arrestation.
Maurice Daudin  est le fils d’Anne, Marie Daudin (sic) 42 ans, née en 1864, cultivatrice et de Pierre, Marie Daudin, 47 ans, né en 1860, cultivateur.
Ses parents habitent au lieu-dit La Métairie à Anetz. Il a une sœur aînée, Anne, Marie, Henriette, née en 1893 et un frère aîné, Pierre, né en 1895.

Le 11 juillet 1928, à Le Bardon (Loiret), il épouse Jeanne, Henriette, Simone Rousseau, née le 23 mars 1908 dans cette commune. Le couple aura une fille, Jeanine, qui naît le  7 mars 1942.Maurice Daudin travaille à la SNCF comme homme d’équipe à la gare d’Austerlitz, secteur Sud-Ouest (matricule SNCF « 40.635 »).
Il est syndiqué à la CGT, et très vraisemblablement membre du Parti communiste.

Il est appelé au service militaire au centre de recrutement de Tours en 1926, et il effectue 18 mois de
service au 1errégiment d’infanterie coloniale. En 1936, le couple habite 107, boulevard de l’Hôpital (recensement de population).
Lors de la mobilisation générale de septembre 1939, Maurice Daudin est mobilisé comme « affecté spécial » sur son poste de travail à la SNCF, « au salaire mensuel de1400 F ».

Le 14 juin 1940, les troupes de la Wehrmacht entrent dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français » et lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

En 1941, les services de la Préfecture de police sont alertés par «La recrudescence de la propagande communiste clandestine ayant été constatée dans les milieux cheminots, notamment à la gare d’Austerlitz », des enquêtes et filatures minutieuses sont effectuées par des inspecteurs de la Brigade Spéciale des renseignements généraux (1). Lire dans le site La Brigade Spéciale des Renseignements généraux.

« Les inspecteurs sus nommés (« TH… » et « LE… »), ont acquis la certitude que le nommé Daudin s’occupait très activement de la diffusion de tracts communistes clandestins (…) »

Il est arrêté le 23 juillet 1941 par la Brigade Spéciale des Renseignements généraux « pour distribution de tracts communistes parmi le personnel employé et ouvrier de la gare » :

24 juillet 1941. Registre journalier de la Brigade spéciale. Envoi au dépôt de Mariel, Amiel et Daudin (il y a un décalage d’un jour par rapport à la date d’arrestation)

200 tracts etdeux carnets de tickets de souscription sont trouvés sur lui. Lors de son interrogatoire (daté du 24 juillet), il nie toute activité politique :
« Je n’ai jamais appartenu au Parti communiste, jamais milité pour ce parti. Je n’ai jamais appartenu à d’autres organisations que les associations syndicales. J’ai remis spontanément lors de mon interpellation un lot de tracts que j’avais trouvé la nuit dernière sur la voie du chemin de fer. Je ne les ai même pas lus, les ayant mis dans ma poche comme tels. Je n’avais aucunement l’intention de les diffuser. J’ai également déposé deux carnets de souscription pour des familles d’emprisonnés (…) Je les ai achetés à des agents du train ». Il refuse en outre catégoriquement de corroborer des informations émanant, prétendent les RG, de son collègue cheminot Joseph Amiel, arrêté le 21 juillet. La consigne donnée par le Parti communiste clandestin est de tout nier.
Un autre cheminot – Albert Mariel (2) – est également arrêté.
La 14ème chambre correctionnelle de Paris le condamne ainsi que Marius Amiel le 24 juillet 1941 à 8 mois de prison. Du 25 juillet 1941 au 08 août 1941 il est retenu à la Maison d’Arrêt de la Santé à Paris, 11ème Division – cellule 4 ter. Il envoie sept lettres (à son épouse depuis la Santé.
Du 8 août 1941 au 16 août 1941, il est écroué à la Maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne) : 2ème division – cellule 397 – N° de compte 3240 – écrou 9781. Il envoie deux lettres à sa femme depuis Fresnes (sa fille les a précieusement conservées).

Autorisation de parloir à Poissy, le 20 août 1941

Du 16 août 1941 au 28 mars 1942, il est transféré à la Maison centrale de Poissy : détenu n° 1865 – Atelier 21. Il envoie quatorze lettres à son épouse depuis Poissy.
Une autorisation de parloir à Poissy est accordée à son épouse, le 20 août 1941.

A la fin de la durée de sa peine, il est transféré au Dépôt de la Préfecture (Conciergerie, île de la Cité) : il y est incarcéré du 28 mars 1942 au 17 avril 1942. Il envoie onze lettres à son épouse depuis le Dépôt.
Le Préfet de police de Paris, François Bard ordonne, le 26 mars 1942, son « internement administratif » au Centre de Séjour surveillé de Voves. L’internement administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939, qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, « des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy en 1941. La loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit l’internement administratif de « tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Les premiers visés sont les communistes.
Depuis le Dépôt, il est transféré à Voves (Eure et Loir) où il est interné du 17 avril 1942 au 10 mai 1942.

Bordereau de transfert vers Voves. Montage photo ©  Pierre Cardon, à partir des listes originales © CDJC

Le 16 avril 1942, à 5 h 50, un groupe de 60 « détenus par les Renseignements généraux » des militants dont fait partie Maurice Daudin,est transféré de la permanence du Dépôt au camp de Voves
(Eure et Loir), convoyés par les gendarmes de la 61èmebrigade.

Ce camp (Frontstalag n° 202 en 1940 et 1941) était devenu le 5 janvier 1942 le Centre de séjour surveillé n° 15, administré par les services français.

 Maurice Daudin est interné à la baraque n°8. Depuis le camp de  Voves, il envoie sept lettres à son épouse.

Le camp de Voves © VRID

Dans deux courriers en date des 6 et 9 mai 1942, le chef de la Verwaltungsgruppe de la Feldkommandantur d’Orléans envoie au Préfet de Chartres deux listes d’internés communistes du camp de Voves à transférer au camp d’internement de Compiègne à la demande du Commandement
militaire en France.
Maurice Daudin figure sur la première liste. Sur les deux listes d’un total de cent neuf internés, 87 d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Le directeur du camp a fait supprimer toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes pris en charge par l’armée d’occupation ». La prise en charge par les gendarmes allemands s’est effectuée le 10 mai 1942 à 10 h 30 à la gare de Voves. Il poursuit : « Cette ponction a produit chez les internés présents un gros effet moral, ces derniers ne cachent pas que tôt ou tard ce sera leur tour. Toutefois il est à remarquer qu’ils conservent une énergie et une conviction extraordinaire en ce sens que demain la victoire sera pour eux ». Il indique que « ceux qui restèrent se mirent à chanter la «Marseillaise» et la reprirent à trois reprises ». Le directeur du camp a fait supprimer auparavant toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes pris en charge par l’armée d’occupation ».

Au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122), il reçoit le matricule n° 5728 – Bâtiment C5. Il envoie neuf lettres à sa femme jusqu’au 6 juillet 1942. Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Il a écrit 3 mots et lettres (le 4 et 5 juillet) qu’il va lancer depuis le wagon qui les emporte vers « une destination inconnue« . « J’espère que quelqu’un de complaisant mettra ma lettre à la poste« . Ce qui a été le cas, puisque ces lettres ont été postées à son épouse, sans doute par un cheminot.

Depuis le camp de Compiègne, Maurice Daudin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation.

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 n’était pas validé avant ma correspondance avec sa fille en décembre 2019.  Le numéro «45426 ?» inscrit dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de
reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne pouvait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros
matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation (3) pouvait désormais en fournir la preuve. Après comparaison avec les photos de famille, nous pouvons désormais assurer que le matricule « 45426 » est bien celui qui a été attribué à Maurice Daudin.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.

Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date du décès de Maurice Daudin à Auschwitz.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès, arrêté du 22 octobre 2007, paru au Journal Officiel du 8 novembre 2007. Cet arrêté porte la mention décédé le 10 juillet 1942 à Auschwitz (Pologne) et non le 10 juillet à Fresnes (Seine). La date correspond aux 5 jours fictifs ajoutés par le ministère au départ du convoi, en cas de méconnaissance de la date de décès.
Il est déclaré « Mort pour la France ».
Maurice Daudin est homologué comme « Déporté résistant » en 1959 grâce aux nombreuses démarche de sa veuve, Mme Jeanne Daudin, épouse Gachet.
Son nom est inscrit sur la plaque de la Bourse du travail, rue du Château d’Eau : «A la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la FranceLorsqu’on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice » Paul Eluard.

  • Note 1 :La Brigade spéciale des Renseignements généraux. La création de la  « BS » remonte à la « Drôle de guerre », en mars 1940, sous la 3ème  République
    quand la lutte anti-communiste était d’autant plus à l’ordre du jour que le PCF était interdit. La structure ne fut réactivée pleinement qu’à l’été 1941 pour répondre à l’engagement des communistes dans la lutte armée. En théorie elle était rattachée à la Première section des RG, en charge de la surveillance de l’extrême gauche. Dans les faits, elle était sur un pied d’égalité [avec celle-ci…]. Si toutes les forces de police furent mobilisées peu ou prou dans ce que (le directeur de la police municipale) Hennequin appela une « lutte à mort », c’est la Brigade spéciale des RG qui joua un rôle central (…). En janvier 1942, elle fut même dédoublée, la BS2 étant plus spécialement chargée de la « lutte anti-terroriste ». (Denis Peschanski, « La confrontation radicale. Résistants communistes parisiens vs Brigades spéciales ». En mars 1940, André Baillet commissaire principal de police est chargé de créer une Brigade spéciale de répression anti-communiste (BS) en marge des RG. Il adhère aux thèses du gouvernement de Vichy et devient sous-directeur des Renseignements Généraux, puis directeur (« Le colonel ») en 1943. Nommé ensuite à la tête de l’administration pénitentiaire, il livre de nombreux prisonniers à la Milice.  Le commissaire de la ville de Paris qui a la responsabilité en 1941 des 1ère et 2ème sections est André Cougoule, « plus spécialement chargé du service des Renseignements généraux », officier de police judiciaire, auxiliaire du Procureur. Il est cité pour son zèle dans la répression anticommuniste dans les ouvrages de Frédéric Couderc « les RG sous l’Occupation » (Ed. Olivier Orban, 1992) et André Kirschen dont il a personnellement arrêté le frère, in « Le Procès de la Maison de la Chimie », (Ed. de l’Harmattan, 2002).
  • Note 2 : Albert Mariel, homme d’équipe à la gare d’Austerlitz, qui d’après les Renseignements généraux, était le responsable d’une cellule
    clandestine à la gare. « Fournissait le matériel et donnait des directives » à Marius Amiel et Daudin. Arrêté en même temps que ses deux camarades le 23 juillet 1941, il est déporté au campde Sachsenhausen dans le convoi du 24 janvier 1943. Le camp est libéré fin avril. Il meurt le 14 mai 1945, peu avant son rapatriement.
  • Note 3 : Sa photo d’immatriculation à Auschwitz fait partie des photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz en faisaient partie. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis par Kazimierz Smolen (ancien détenu dans les bureaux du camp d’Auschwitz, puis directeur du Musée d’Auschwitz) à André
    Montagne
    , alors vice-président de l’Amicale d’Auschwitz, qui me les a confiés.

Sources

Maurice Daudin
  • Dossier « statut » des archives des ACVG du Val de Fontenay et au Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (relevés André Montagne, Claudine et Pierre Cardon), juin 1992.
  • Carton Brigades Spéciales des Renseignements généraux (BS1), registres journaliers, Archives de la Préfecture de police de Paris.
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 – mai 1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
  • © Photo de l’entrée du camp de Voves, amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant
  • © Site InternetLégifrance.gouv.fr
  • © Site Internet Mortsdanslescamps.com. 
  • Etat civil en ligne de Loire-Atlantique.
  • Archives départementales en ligne du Loiret et de Loire Atlantique.
  • Archives de la Préfectures de police de Paris, dossiers Brigade spéciale des Renseignements généraux, registres
    journaliers.
  • Archives du CDJC.
  • Photos et lettres envoyées par sa fille, Madame Jeanine Rouault, née Daudin (décembre 2019 et mars 2020).

Notice biographique rédigée en septembre 2003, mise à jour en 2012 ; 2019 et 2021, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »,   éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com.

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