Matricule «45 267» à Auschwitz

André Bondu en 1929 © André Bondu fils
André Bondu le 8 juillet 1942
André Bondu : né en 1900 à Mustapha (Algérie) ; domicilié à Montreuil (Seine / Seine-Saint-Denis) ; monteur-électricien ; communiste ; arrêté le 26 octobre 1940 ; interné au camp d’Aincourt, aux maisons d’arrêt de Rambouillet et de Gaillon, interné au camp de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt le 19 novembre 1942.

André Bondu est né le 28 juillet 1900 à Mustapha (Algérie). Il habite 72, boulevard Jeanne d’Arc à Montreuil (Seine / Seine-Saint-Denis) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Françoise, Antoinette, Vicenta Canizarès, 25 ans, couturière (née à Aspe, Espagne en 1897) et d’Henri, Alexandre Bondu, 37 ans, ajusteur, son époux.
Ses parents qui se sont mariés en 1894, habitent alors au 4,8 rue de Lyon, puis ils déménagent rue Paul Flatters (aujourd’hui Bénairia) à Mustapha. Il a un frère aîné, René, né en 1895.
Selon sa fiche matricule militaire André Bondu mesure 1m 56, a les cheveux marron foncé et les yeux bleus gris, le front haut, le nez rectiligne et le visage ovale. Il a un niveau d’instruction « n° 3 » pour l’armée (sait lire et écrire et compter, instruction primaire élevée).
Au moment du conseil de révision, il travaille comme électricien chez T.A. à Alger où il habite au 6, rue Hoche.
Conscrit de la classe 1920, André Bondu est appelé au service militaire le 15 mars 1920 et affecté le même jour au 9è Tirailleurs.
Le 21 janvier 1921, il est nommé caporal. Il est « renvoyé dans ses foyers » le 1er mars 1922, «  de bonne conduite accordé »  et « se retire » au 6, rue Hoche  à Alger.
Le 6 mars 1922, André Bondu travaille au Maroc comme électricien à la Compagnie marocaine, place du Marché à Rabat. Il est domicilié dans cette ville à l’Hôtel de la gare, rue de la République.
En septembre 1923, il est employé comme électricien chez Bert à Rabat.
En 1929 André Bondu travaille comme monteur électricien en région parisienne, et il habite au 5 bis, Villa Reine Henriette à Colombes (Seine / Hauts-de-Seine)

Le jour de son mariage © André Bondu fils

Le 13 avril 1929 il épouse Louise Coudène à la mairie du 7è arrondissement de Paris.  Il a 28 ans. Lingère, elle a 30 ans, née le 18 novembre 1898 à Fabras (Ardèche). Elle est domiciliée au 2, rue Casimir Périer à Paris 7è.

Avec Louise et leurs enfants © André Bondu fils

Le couple a quatre enfants. Une fille est née le premier novembre 1930, mais décède le 7 mai 1931 à Chalon-sur-Saône. Jean naît le 5 avril 1932 à Paris. Claude naît le 21 mars 1934 à Paris et André, qui naît le 18 septembre 1936 à Montreuil.

Militant communiste, André Bondu est connu des Renseignements généraux comme « un des principaux organisateurs de la propagande communiste parmi les chômeurs de Montreuil ».
Sa mère décède à Alger en juillet 1938.
Le décret de mobilisation générale du 2 septembre 1939 le « rappelle à l’activité », quoique rattaché à la classe 1914 comme père de 3 enfants, et il est mobilisé au 182è Régiment d’artillerie le même jour. Puis au 4è Régiment de Tirailleurs Marocains le 11 octobre. Affecté au noyau des commis ouvriers le 21.
Il est envoyé en stage radio à Meknès (Maroc) le 18 novembre  1939. Il ne réussit pas ce stage (jugé « inapte ») et rejoint son dépôt d’origine le 11 avril 1940. Il est alors dirigé sur le camp de travail de Salbris (Loir-et-Cher) à l’atelier déchargement de la compagnie des CTE compagnie des travailleurs étrangers le 18 avril.

Le 14 juin 1940, l’armée allemande occupe Drancy et Gagny et entre par la Porte de la Villette dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Les troupes allemandes occupent toute la banlieue parisienne les jours suivants.  Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français » et lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

André Bondu est démobilisé en août 1940. Revenu à Montreuil,  il est membre de la direction du Parti communiste clandestin dans cette ville, au début de l’Occupation. Il participe à des collages d’affiches et distributions de tracts (certificat du Parti communiste, 10 mars 1950).

Attribution de vêtements à Aincourt © André Bondu fils

Il est arrêté le 26 octobre 1940 par décision du Préfet de police de Paris qui ordonne son internement administratif (1) à Aincourt avec 37 militants du département de la Seine en application des décrets-lois des 18 novembre 1939 et 3 septembre 1940. Cette mesure fait suite aux internements massifs du 5 octobre 1940.
Lire dans le site Le camp d’Aincourt.  
Le 20 novembre 1940, le directeur du camp d’Aincourt reçoit des Renseignements généraux la liste des internés d’octobre avec les motifs de leur arrestation : son numéro de dossier est le 253.580.
André Bondu reçoit à Aincourt la visite de sa femme et de ses enfants.

Le 24 juin 1941, André Bondu est transféré avec un groupe de «meneurs indésirables» à la Maison d’arrêt de Rambouillet, avec le statut d’interné administratif à la suite d’incidents qui les ont opposés aux partisans de Gitton (2).

Lettre à son épouse, 16 juillet 1941. © André Bondu fils

On notera que cette mesure de transfert coïncide avec le début de l’opération « Theoderich ». André Bondu reste à Rambouillet jusqu’au 26 septembre 1941 avec d’autres militants qui seront déportés à Auschwitz avec lui.

Il écrit à son épouse le 16 juillet 1941 (lettre ci-contre), une lettre où il écrit longuement sa certitude dans un avenir et un monde meilleurs.

Prison de Rambouillet (verso) © André Bondu fils

Le 27 septembre 1941, André Bondu est transféré au centre d’internement administratif (CIA) de Gaillon (2) dans l’Eure avec 22 autres internés administratifs (dont Clarin
Baixas, Maurice Bertouille, Dominique Ghelfi, René Guiboiseau, Alexandre Hurel, André Salmon).
Lire dans ce site : la-Maison-centrale-de-Gaillon

 

Le 5 mars 1942, il est remis aux autorités d’occupation à leur demande, avec 15 autres internés de Gaillon. Ils sont transférés en autocar au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122).

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Son épouse va connaître de nombreuses difficultés pour survivre avec ses trois enfants. Elle a, outre l’inquiétude due à l’incertitude de la déportation de son mari, eu la tristesse de perdre sa mère, décédée – triste ironie du sort – le 6 juillet 1942.

Depuis le camp de Compiègne, André Bondu est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942.
Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45 157 » et « 46 326 », d’où le nom de « convoi des 45 000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité.
Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

L’immatriculation à Auschwitz le 8 juillet 1942

André Bondu est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule «45 420» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d’Etat d’Auschwitz.

Sa photo d’immatriculation (1) à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun des documents sauvés de la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz, ne nous permet de savoir dans quel camp il est affecté à cette date, mais le témoignage de Pierre Monjault, rescapé du convoi, atteste qu’il est resté au camp de Birkenau.

Témoignage de Pierre Monjault © André Bondu fils

André Bondu meurt à Auschwitz, le 19 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 116). Ce certificat porte comme cause du décès « Herzanfall » (crise cardiaque). L’historienne polonaise Héléna Kubica explique comment les médecins du camp signaient en blanc des piles de certificats de décès avec «l’historique médicale et les causes fictives du décès de déportés tués par injection létale de phénol ou dans les chambres à gaz». Il convient de souligner que cent quarante-huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18, 19, 20 ou 21 septembre 1942, ainsi qu’un nombre important d’autres détenus du camp qui ont été enregistrés à ces mêmes dates.

Vers la chambre à gaz. Dessin de Franz Reisz

D’après les témoignages des rescapés, ils ont tous été gazés à la suite d’une vaste sélection interne des inaptes au travail, opérée dans les blocks d’infirmerie.
Lire dans le site : Des causes de décès fictives.
Lire dans le site : 80 % des « 45 000 » meurent dans les six premiers mois

Un arrêté ministériel du 25 août 1987, paru au Journal Officiel du 30 septembre 1987, porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes et jugements déclaratifs de décès d’André Bondu. Mais cet acte porte la mention fictive « décédé en décembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ». Si dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé des dates de décès fictives (le 1er, 15 ou 30, 31 d’un mois estimé) à partir des témoignages de rescapés, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte, par un nouvel arrêté, les archives du camp d’Auschwitz emportées par les Soviétiques en 1945, et qui sont accessibles depuis 1995 et consultables sur le site internet du © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau
Voir l’article : Les dates de décès des « 45000 » à Auschwitz.

André Bondu a été homologué « Déporté politique ».

Plaque en mairie

Son nom figure sur la plaque commémorative apposée en Mairie, intitulée « Honneur aux communistes de Montreuil tombés pour une France libre forte et heureuse« . Son épouse est décédée le 14 janvier 1981 à Fontenay-sous-Bois.

  • Note 1 : Le décret du 18 novembre 1939 donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, des « individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy : la loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit également l’internement de « tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique« . Les premiers visés sont les communistes.
  • Note 2 : Marcel Gitton, secrétaire national à l’organisation, rompt avec le Parti communiste après la signature du Pacte germano soviétique le 23 août 1939. Il crée le POPF, proche de la «Révolution nationale». «Il voulait rassembler les dissidents communistes autour de lui et se fixa comme une priorité absolue la libération d’un maximum d’internés après, s’entend, les avoir récupérés. (…) Quant au directeur du camp d’Aincourt, il comprit le parti qu’il pouvait en tirer. En février 1941 il recevait dans son bureau les amis (internés) de «Gitton, Clamamus, Doriot» et entretint des contacts réguliers avec Gitton et Capron. Avant juin 1941, il fut relayé par la presse parisienne visant la clientèle anciennement communiste, ainsi de « La France au travail » et du « Cri du peuple » qui lancèrent une campagne pour la libération des internés. Le POPF suscita ainsi, avec le soutien du chef du camp, une véritable dissidence parmi les internés d’Aincourt. Effectivement, les tensions furent très importantes au sein du camp et les nombreux indicateurs permirent
    de démanteler trois directions communistes clandestines
    (…). Le résultat était là : selon un rapport en forme de bilan, le chef d’Aincourt estimait, en février 1942, à quelque 150 le nombre de membres du POPF, soit 13 % des internés passés par le camp. En outre, la moitié des signataires de la première «Lettre ouverte aux ouvriers communistes» du POPF et le cinquième de la seconde étaient des anciens du camp. On mesure l’ampleur de la fracture, même si les déclarations de reniement méritent d’être nuancées à l’aune du marché implicite. En fait, la libération obtenue au prix d’un reniement officiel et du soutien des gittonistes ne déboucha que pour une petite minorité sur un engagement au sein du POPF » (Denis
    Peschanski, in « La France des camps », p. 515 à 517).
  • Note 3 : 522 photos d’immatriculation des « 45 000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Etat d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis par Kazimierz Smolen (ancien détenu dans les bureaux du camp d’Auschwitz, puis devenu après-guerre directeur du Musée d’Etat d’AuschwitzBirkenau) à André Montagne, alors vice-président de l’Amicale d’Auschwitz, qui me les a confiés.

Sources

  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Archives nationales d’Outre-mer en ligne.
  • Denis Peschanski, « La France des camps ».
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. Premier camp d’internement des communistes en zone occupée. dir. C. Laporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités.
  • Archives de la police / BA 2374.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz(registres des morts d’Auschwitz), Musée d’Étatd’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Daniel Tamanini (FNDIRP, lettre du 23 avril 1989).
  • 3 courriels de son fils André Bondu (précisions sur l’état civil de sa mère et de ses frères et sœur, une carte d’attribution de vêtements à Aincourt, une lettre de la prison de Rambouillet, une photo de mariage, des photos avec ses enfants, une attestation de Pierre Monjault et une du Parti communiste), septembre 2013.
  • Registres matricules militaires.

Notice biographique rédigée à partir d’une notice succincte que j’avais rédigée pour le 60è anniversaire du départ du convoi des « 45 000 », brochure répertoriant les “45 000” de Seine-Saint-Denis, éditée par la Ville de Montreuil et le Musée d’Histoire vivante, 2002, complétée en novembre 2007 (2014,  2019, 2020, 2022 et 2024) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45 000 », éditions Autrement, Paris 2005, encore disponible pour les familles en m’en faisant la demande).  Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique.
Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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