Roger Juilland le 8 juillet 1942 à Auschwitz

Matricule « 45698 »
à Auschwitz

Louis,
Roger Juilland naît le 18 janvier
1915 à Lyon 1er (Rhône).

Il
est domicilié à Lyon au 110 Chemin de l’Etoile d’Alaï à Lyon, au moment de son
arrestation, qui a lieu vraisemblablement à Paris.

Célibataire, Roger
Juilland est de religion protestante et se déclare artiste au moment de son arrestation.

Il
est arrêté le 12 juin 1942 et emmené ce même jour à Compiègne à la demande des autorités
allemandes qui le considèrent comme « otage asocial ». Celles-ci
l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).

Il
y est immatriculé sous le numéro « 5985 », dans le camp A des
politiques, au bâtiment A7.

Depuis
ce camp, Roger Juilland va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour
comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les
deux articles du blog :La politique
allemande des otages (août 1941-octobre 1942) 
et«une déportation
d’otages
».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Roger
Juilland est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit
des «45000». Ce convoi d’otages
composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques
du parti et syndicalistes de la CGT), d’une cinquantaine d’otages juifs et d’une
quinzaine d’otages « asociaux ». 1170 hommes au moment de leur
enregistrement à Auschwitz qui font  partie des mesures de représailles allemandes
destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks
responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti
communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à
partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport
: Compiègne-Auschwitz
: 6, 7, 8 juillet 1942
.

Lors de l’immatriculation à Auschwitz

Roger
Juilland est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le
numéro «45698» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les
historiens polonais du Musée d’Etat d’Auschwitz.Lire
dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée
au camp principal, 8 juillet 1942.
et 8
juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale »

Sa
photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des
membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver
de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation
d’Auschwitz. 

Après
l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y
sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp
annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13
juillet il est interrogé sur sa profession.

Les
spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et
vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les
autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
On ignore dans quel camp il est affecté à cette date, mais il vraisemblable que la protection d’autres « droits communs » lui ont
permis d’être ramené à Auchschwitz I, où il survivra huit mois.

Dessin de Franz Reisz, 1946

Roger
Juilland meurt à Auschwitz le 17 février 1943 d’après
le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from
Auschwitz
Tome 2 page 521 et le
site internet©Mémorial
et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau
) où il est mentionné avec ses dates et lieux
de naissance et de décès, et avec l’indication « Evangelist » (Protestant).

A
la Libération à la demande de sa mère, le titre de « Déporté politique » lui est accordé le 8 avril 1948, mais celui-ci lui est retiré le 5 juin 1948 par la commission de contrôle en tant de
déporté pour délit de droit commun.

  • Note 1: 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à
    Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance
    intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction,
    ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les
    archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André
    Montagne
    , vice-président de l’Amicale d’Auschwitz,
    qui me les a confiés. 

Sources

  • Fichier
    national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC
    ex BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en
    octobre 1993.
  • Liste
    (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les
    historiens du Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des
    victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant
    généralement la date de décès au camp.
  • Death
    Books from Auschwitz
    (registres des morts d’Auschwitz), Musée d’Étatd’Auschwitz-Birkenau,
    1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de
    décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et
    le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Photo d’immatriculation à Auschwitz : Musée d’état
    Auschwitz-Birkenau /©collectionAndré
    Montagne
    .

Biographiemise à jour et
installée en décembre 2014 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire,
auteur des ouvrages : «Triangles
rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942
 » Editions
Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet
1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de
mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation
totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger,
vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous
disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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