Cet article est un résumé des 7 premiers chapitres de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », que l'on peut lire intégralement en cliquant sur ce lien : La politique allemande des otages, extraits de la thèse de Claudine Cardon-Hamet

Le 22 juin 1941, l’Allemagne attaque l’Union soviétique

Le 22 juin 1941 Hitler engage son pays dans ce qu’il considère comme le grand combat contre l’adversaire idéologique et «racial» du peuple germanique, le «judéo-bolchevisme». Dans les pays occupés, il ordonne de dissuader, par une répression draconienne, toute manifestation de résistance susceptible d’amoindrir son effort de guerre.
En France, dont les richesses particulièrement abondantes sont largement pillées par l’occupant, il lui est important que la population continue de travailler dans le calme au profit de l’économie de guerre allemande. C’est pourquoi plus d’un millier de communistes, dont le parti clandestin reste influent sur la classe ouvrière, sont arrêtés à titre préventif et transférés à partir du 27 juin 1941 au camp de Compiègne, administré et gardé par l’armée allemande.
Cependant, aussitôt connue la nouvelle de l’entrée de la Wehrmacht sur le sol soviétique, le Parti communiste appelle le peuple de France à aider l’URSS par tous les moyens et l’incite à préparer sa propre libération. Il organise des distributions de tracts et plusieurs manifestations de rue contre l’occupant. Le gouvernement de Vichy, sensible au changement de l’opinion qui recommence à espérer, et soucieux d’affirmer son autorité sur l’ensemble du territoire, prend de son côté des mesures d’exception, dirigées principalement contre les communistes.
Toutefois, l’Armée rouge recule et la situation devient de plus en plus alarmante.
Le 1er juillet 1941, le Parti communiste clandestin reçoit un télégramme de l’Internationale communiste lui demandant de détruire les dépôts et les usines de production d’armes, et d’utiliser tous les moyens pour empêcher le transport des armes et des troupes allemandes. De petits groupes communistes multiplient les sabotages.
Les autorités allemandes s’engagent alors dans une répression particulièrement sévère qui a valeur d’avertissement pour toute la Résistance.
Des tribunaux allemands condamnent à mort de jeunes communistes qui sont aussitôt fusillés.

Puis, le 14 août, Otto von Stülpnagel, commandant des troupes d’occupation en France (MBF), signe un décret rendant passible de la peine de mort toute activité communiste.

Otto von Stülpnagel

Entre le 19 et le 23 août 1941, au nom de la lutte contre le «judéo-bolchevisme», plus de 4000 juifs parisiens sont arrêtés par des soldats allemands, aidés de la police française, et internés à Drancy.

Un nouvel échelon dans la répression

Pierre Georges en décembre 1939

La direction du Parti communiste refuse de se laisser intimider.  Le 21 août 1941, au métro Barbès, Pierre Georges, dit « Frédo », le futur colonel Fabien, tire sur l’aspirant de marine allemand, Moser.

Avis : seront considérés comme otages…

Ces coups de feu sont une riposte aux dernières exécutions et le signal de la reprise de la guerre sur le sol français.

Le jour même, l’administration militaire menace la population de fusiller, en cas de nouvel attentat, des otages choisis parmi les personnes détenues pour le compte des autorités allemandes (« Avis » ci-dessus) ou des autorités françaises. Ce décret marque les débuts de la politique des otages.

Cependant, loin d’être le point de départ de la terreur allemande, le «système des otages» ne représente qu’un échelon supplémentaire dans l’escalade d’une politique de répression dont les orientations avaient été définies par Hitler dans le cadre même des préparatifs de la guerre contre l’URSS.
L’institution de ces pratiques terroristes va se heurter à l’opposition de la Wehrmacht, hostile à l’introduction, en Europe de l’Ouest, de ce qu’elle appelle les «méthodes polonaises». Otto von Stülpnagel, conscient de la menace qu’une répression aveugle ferait peser, en France, sur la politique d’apaisement qu’il tente de pratiquer, s’efforce de limiter les interventions de l’administration militaire allemande et préfère s’en remettre, comme par le passé, au gouvernement de Vichy qui pratique depuis octobre 1940 une
politique de collaboration. Il autorise la création d’une juridiction spéciale française en territoire occupé et fait pression sur Pétain pour obtenir la condamnation à mort de six militants communistes.

Cependant, la poursuite des attaques communistes contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht amène Otto Von Stülpnagel à procéder à des exécutions d’otages dont le commandant du Gross-Paris avait menacé, en son nom, la population française. Il fait exécuter, le 6 septembre, trois communistes qualifiés de «terroristes, anarchistes et communistes, proches de milieux responsables de ces attentats»,
puis augmente graduellement le nombre des fusillés pour chaque nouvel
attentat.

Keitel

Cette application qui reste en deçà des instructions d’Hitler, irrite le Führer qui dicte, à la mi-septembre, au général Keitel, chef de l’État-major de la Wehrmacht, de nouvelles mesures de terreur. Le Keitelbefehl [décret Keitel] du 16 septembre 1941 ordonne l’exécution de 50 à 100 otages communistes par soldat allemand tué. Il exige, en outre, la peine de mort pour les
résistants jugés par les tribunaux militaires, siégeant en pays occupés, ou la déportation en Allemagne, dans «la nuit et le brouillard», de tous ceux qui ne pourraient être condamnés dans des délais rapides à la peine capitale.
La Wehrmacht désapprouve cette orientation, car elle redoute qu’elle ne suscite l’hostilité, vis-à-vis des forces d’occupation, de la population dans les pays occupés à l’Ouest, encore largement attentiste.
Elle obtient, par le décret Nacht und Nebel, paru en décembre 1941 et dont le délai d’élaboration traduit les réticences, le maintien d’une procédure judiciaire pour tous les auteurs de délits commis contre le Reich ou la puissance occupante.

Ceux qui devaient être transférés en Allemagne passeront devant des tribunaux allemands, contrairement aux intentions d’Hitler qui voulait les interner directement en camp de concentration. Toutefois, les conditions de leur procès ne garantissent pas que le droit soit respecté. Ce décret apparaît donc comme une demi-mesure, comme une concession (passagère) faite à la Wehrmacht, avant que la police de Sécurité ne s’en empare pour expédier directement la majorité de ces résistants NN dans les camps de concentration du Reich. De son côté, Otto Von Stülpnagel, appuyé par ses supérieurs, continue d’appliquer, avec une certaine modération, le système des otages qu’il codifie à l’intention de ses subordonnés, le 26 septembre
1941.

Le bain de sang d’octobre 1941

50 otages seront fusillés…

Mais, en octobre 1941, deux attentats retentissants contre le Feldkommandant de Nantes et un conseiller d’administration militaire à Bordeaux viennent confirmer, aux yeux d’Hitler, l’échec de la politique pratiquée par Otto Von Stülpnagel.
Il exige des représailles massives : 48 otages sont fusillés dans la région de Nantes (dont 27 communistes au camp de Châteaubriant) et 50 au camp de Souge, près de Bordeaux (Avis ci-contre). Persuadé que l’amplification de la terreur ne fera pas céder les communistes, que les investigations de la police française ont permis d’identifier comme les auteurs des attentats, Otto Von Stülpnagel réaffirme dans un rapport adressé à Berlin que «de pareilles méthodes [sont] inapplicables à la longue».

Il est conscient que ce bain de sang risque de compromettre, de façon définitive, les bases de sa politique. Les rapports entre la population et l’occupant deviennent, en effet, de plus en plus tendus et la collaboration s’avère de plus en plus difficile à mettre en œuvre.
Pétain prend ses distances par rapport à la politique allemande des otages. Après l’implication des services français dans le choix des fusillés d’octobre, il interdit aux préfets de la zone occupée de désigner et d’arrêter, à la demande des autorités allemandes, des personnes susceptibles d’être prises comme otages. Par contre, il renforce la surveillance et la répression des communistes et continue de collaborer étroitement, dans ce domaine, avec la police allemande.

Annonce de déportations massives 

Dès lors, Otto Von Stülpnagel s’emploie à rechercher une politique de rechange aux exécutions massives d’otages. À la suite d’une série de nouveaux attentats commis à la fin du mois de novembre et au début de décembre, il propose à Hitler, le 5 décembre, la déportation de 1000 juifs et 500 jeunes communistes dans l’est de l’Europe.
Cette disposition viendrait en complément de l’exécution de 100 otages, dont il réduisait ainsi le nombre par rapport aux instructions du Keitelbefehl. Dans son esprit, les déportations massives d’otages devaient, à l’avenir, se substituer aux exécutions. Pétain, aussitôt averti de ce projet, cherche une nouvelle fois à devancer les Allemands et prend de nouvelles mesures de répression
contre les étrangers, les Juifs récemment installés en France et les communistes.
Dans la proposition d’Otto Von Stülpnagel, pour la première fois, les Juifs sont officiellement désignés parmi les instigateurs des attentats.
Or, cette proposition est formulée au moment où se prépare la conférence de Wannsee, dont la tenue, finalement reportée au 20 janvier 1942, a pour objet la généralisation à l’ensemble des pays sous domination allemande de l’extermination des Juifs,
camouflée sous le nom de «Solution finale du problème juif en Europe».

L’avis du 14 décembre 1941 paru dans le journal collaborationniste Le Matin (in MRN Champigny).

Le 12 décembre, Otto Von Stülpnagel, reçoit l’accord de Hitler et annonce le 14 décembre, parmi les représailles des derniers attentats, qu’un « grand nombre d’éléments criminels judéo-bolcheviks seront déportés aux travaux forcés à l’Est ».
Le 15 décembre 1941, 95 otages sont exécutés, parmi lesquels se trouvent deux dirigeants communistes : Gabriel Péri et Lucien Sampaix.
Cependant, les préparatifs de la déportation des 1000 Juifs et des 500 jeunes communistes, qui devaient s’achever au 20 janvier 1942, sont interrompus par un télégramme de Berlin, daté du 24 décembre 1941.

Le projet initial est modifié : Juifs et communistes devront être déportés séparément. La police de Sécurité est chargée d’organiser la déportation des Juifs vers l’Est «dans le cadre des évacuations prévues en février ou en mars». Quant aux jeunes communistes, ils «seront dirigés par la police de Sécurité vers un camp de concentration, situé à l’intérieur de l’Allemagne».

Liste des jeunes communistes internés au camp de Compiègne, nés entre 1912 et 1922, «aptes à être déportés à l’Est» 21/12/1941.

Le télégramme du Quartier général motive ces changements par des problèmes de transport et par des questions de sécurité. Mais ils ont été vraisemblablement inspirés par la police de Sécurité, chargée de mettre en œuvre le transfert des juifs d’Europe vers les camps d’extermination.
En attendant l’arrivée des ordres de départ, des fichiers séparés sont constitués à Compiègne, en février 1942, dont deux pour les détenus destinés à la déportation : l’un pour les otages juifs, l’autre pour les communistes.
Pendant ce temps, les fusillades d’otages se poursuivent.

En janvier et février 1942, d’autres avis du MBF
annoncent de nouvelles exécutions et la déportation prochaine de Juifs et de communistes : notamment à la suite du sabotage du transformateur électrique d’Auboué

20 communistes sont fusillés

qui alimente 17 mines de fer du bassin lorrain (Avis ci-contre).
C’est le seul cas où des otages furent exécutés sans qu’aucun soldat allemand n’ait été tué. Ceci montre l’importance que l’occupant accordait aux conséquences des sabotages pour l’économie de guerre allemande. Au début de février, par un long rapport et lors d’un entretien avec Keitel, Otto Von Stülpnagel tente une ultime démarche pour que cesse cette escalade de la terreur qui, estime-t-il, fait le jeu de la Résistance.
Il demande une nouvelle fois, mais en vain, que les fusillades massives soient abandonnées au profit de la déportation de Juifs et de communistes déjà internés. Ses analyses sont pourtant fondées : en février 1942, le climat politique en France s’est encore détérioré et les préfets font état de sentiments de haine à l’encontre de l’occupant.
À son retour de Berlin où il n’a pas pu se faire comprendre, le « MBF » demande à être relevé de son commandement.

«Solution finale» et politique des otages

Carl-Heinrich von Stülpnagel

Désormais, la politique de représailles ordonnée par Hitler ne rencontre plus, en France, de véritable contradicteur. Le départ d’Otto Von Stülpnagel aboutit à la désignation d’un nouveau commandant des troupes d’occupation, Carl-Heinrich Von Stülpnagel, plus enclin à composer, et à la nomination, en mars 1942, d’un représentant direct de Himmler, Oberg, chef suprême des SS et de la police pour la France (HSSPF). Ce dernier est chargé de réprimer la Résistance et de mettre en pratique la «Solution finale».

Cependant, l’entrée en fonction effective d’Oberg, le 1er juin 1942, laisse la responsabilité des
mesures de police à Carl-Heinrich Von Stülpnagel pendant près de trois mois.
Dès sa prise de fonction, le nouveau MBF cherche à légitimer la répression allemande aux yeux de l’opinion française
, en rendant publics les procès des francs-tireurs communistes, arrêtés grâce à l’activité des brigades spéciales de la police française.
Par contre, comme son prédécesseur, il se persuade vite que les fusillades d’otages retentissent gravement sur les rapports entre les Français et l’armée d’occupation. Mais sa marge de manœuvre est limitée puisque Hitler continue de dicter de Berlin les mesures à prendre, exigeant pour chaque
soldat allemand tué l’exécution d’un nombre important d’otages.
Le commandant des troupes d’occupation se contente donc de modérer ses ordres en réduisant le nombre de fusillés ou en comptant, comme otages, des résistants déjà condamnés à mort par des tribunaux de guerre allemands.
Dannecker, qui dirige en France la section des Affaires juives de la Sipo-SD (antenne de la police de Sécurité), utilise l’annonce
faite par Otto Von Stülpnagel, le 14 décembre 1941, de déporter des Juifs et des communistes pour obtenir le départ, le 27 mars 1942, de 1000 otages juifs pour Auschwitz.
Ce convoi est composé des notables juifs arrêtés le 12 décembre 1941 et destinés à être déportés en application de l’avis publié le 14 et internés au camp C de Compiègne et de 300 juifs communistes amenés du camp de Drancy.
C’est à la fois le premier convoi d’otages et le premier transport de la «Solution finale» pour la France.

Cependant, les attentats se font de plus en plus nombreux et les représailles semblent inefficaces. Hitler franchit alors une nouvelle étape, le 9 avril 1942, en ordonnant pour chaque nouvel attentat, en plus de l’exécution de 20 otages, la déportation vers l’Est de 500 communistes, juifs et «éléments asociaux».
Carl-Heinrich Von Stülpnagel transcrit ces nouvelles instructions par ordonnances, dès le 9 et le 10 avril. Le 24 avril, il émet de
nouvelles directives pour désigner les otages à déporter et à transférer au camp de Compiègne. Le 6 mai, le chef de la Gestapo à Berlin ordonne au responsable de la police de Sécurité en France de former un premier transport de 1000 prisonniers pour Auschwitz.
Ces ordres seront directement à l’origine de la préparation du convoi des «45.000».
Dannecker intervient alors pour que les otages juifs partent les premiers. Il réussit à expédier à Auschwitz, le 5 juin, toujours
sous le prétexte de la politique de représailles, un nouveau convoi d’un millier de juifs rassemblés, pour la plupart, en avril et en mai 1942, au camp de Compiègne.

Mille otages pour Auschwitz 

Oberg à Paris

L’entrée en fonction d’Oberg, le 1erjuin, entraîne des modifications notables dans la répression de la
Résistance
. Le représentant de Himmler suit rigoureusement les recommandations formulées en mai 1942 par Heydrich, chef de la police de Sécurité et du SD.
Celui-ci considérait que le système des otages était inadéquat dans un pays comme la France et devrait être abandonné dès que la police serait en mesure d’arrêter les véritables auteurs des attentats. Pour ce faire, en juin 1942, les effectifs et les pouvoirs de la police allemande sont renforcés.
D’autre part, Oberg obtient, par les accords passés avec René Bousquet, chef de la police française, la collaboration étroite de celle-ci dans la lutte contre les «communistes, terroristes et saboteurs» ainsi que sa participation à l’arrestation des Juifs étrangers.
En attendant que les effets de ces mesures se manifestent, Oberg introduit un certain nombre de changements dans la politique des otages.
Au lieu de répondre immédiatement à chaque nouvel attentat par des représailles, la police s’accorde le temps nécessaire à la recherche des coupables, comme l’avait d’ailleurs demandé Otto von Stülpnagel.
Ce qui entraîne la suspension des fusillades entre juin et août 1942. Parallèlement, elle tente d’en renforcer le caractère dissuasif. Par le décret du 10 juillet 1942, la désignation des otages est étendue aux membres de la famille des résistants en fuite. D’autre part, les sanctions relatives à chaque attentat sont regroupées de manière à les rendre plus terrifiantes.
Le 11 août, 88 otages sont fusillés dans la même journée.  En septembre, la seconde vague d’exécutions est annoncée le 19, deux jours avant sa réalisation, afin d’intimider la population parisienne que le Parti communiste avait invitée à manifester pour l’anniversaire de Valmy. Cette fois, le chiffre de fusillés – 116 – est calculé en doublant le nombre d’Allemands tués ou blessés par
attentats depuis le 11 août (ils sont fusillés le 21 septembre 1941: 46 au Mont Valérien et 70 au camp de Souges).
Enfin, une réserve d’otages «fusillables», composée de résistants accusés de graves délits, est instituée au fort de Romainville.

Entre juin et décembre 1942, aucune nouvelle déportation d’otages n’est organisée. Seuls les préparatifs des déportations de représailles, commencés sous l’autorité du MBF, sont poursuivis.
Les convois sont tous dirigés vers Auschwitz. Quatre transports de juifs, arrêtés en mai et août 1941, quittent la France les 5, 22, 25 et 28 juin et le 17 juillet 1942. Un convoi de plus de mille otages communistes et «asociaux» part de Compiègne, le 6 juillet 1942, complété avec les derniers 50 otages juifs «déportables» internés à Compiègne. Il s’agit des futurs «45.000».
Sous la direction d’Oberg, la police de Sécurité renonce définitivement au «système des otages», sous la forme où il avait été ordonné par Hitler, codifié par Otto von Stülpnagel et complété par son successeur. Les exécutions massives d’otages, décidées de Paris par la police de Sécurité, sont suspendues en octobre 1942. Selon un rapport de janvier 1943 de la police de Sécurité en France, celle-ci avait renoncé à procéder aux exécutions d’otages, à cause de l’indignation qu’elles soulevaient dans la population française et
afin de ne pas gêner le recrutement de travailleurs pour l’Allemagne. De plus, le perfectionnement des moyens policiers allemands et la collaboration active de la police française permettaient désormais d’arrêter un nombre de plus en plus important de résistants.

À partir de janvier 1943, les Allemands privilégient la déportation massive des membres de la Résistance vers les camps de concentration
sans exclure, cependant, les condamnations à mort par les tribunaux militaires allemands, les exécutions ponctuelles de représailles et l’envoi de résistants en Allemagne, dans le cadre de la procédure «Nacht und Nebel».
Les déportations par convois de 1000 à 2000 personnes vers les camps de concentration, offrent un triple avantage pour les Allemands : conjuguer une répression de masse destinée à contrecarrer les progrès de la Résistance, intimider une population de plus en plus hostile et de plus en plus réfractaire aux exigences allemandes, et augmenter la main-d’œuvre concentrationnaire
travaillant pour la machine de guerre nazie.

Claudine Cardon-Hamet

Texte extrait en partie de mon livre «Mille otages pour Auschwitz – Le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Éditions Graphein, 2000 (épuisé). En cas de reproduction partielle ou totale de cet article, prière de citer les coordonnées de l’auteur et du site https://deportes-politiques-auschwitz.fr

Lire également un autre article du site : «une déportation d’otages»

Photos 

  • Panzer, opération « Barbarossa » : Deutsches Bundesarchiv, Foto Grimm Arthur Juni 1941.
  • Les affiches titrées «Avis» : Musée de la Résistance nationale à Champigny et Archives municipales en ligne de Nantes.
  • Otages fusillés à Rochefort novembre 1941 (© MRN Champigny).
  • Photos d’Otto von Stülpnagel et Carl-Heinrich von Stülpnagel©Deutsches Bundesarchiv. 
  • Photo de Pierre Georges in © Pôle Jean Moulin
  • Photo d’Oberg à Paris.© Deutsches Bundesarchiv.
  • Photo : Liste des jeunes communistes nés entre 1912 et 1922, «aptes à être déportés à l’Est» en date du 21/12/1941 (archives du CDJC. XLIV-198).

2 Commentaires

  1. Bonjour Mme Cardon-Hamet.

    Depuis que je suis à la retraite je me replonge dans la recherche historique, notamment sur la résistance des cheminots à Villeneuve-Saint-Georges.
    Plusieurs d’entre eux ont été déportés, et vos travaux, notamment les fiches biographiques confirment et enrichissent plusieurs informations trouvées aux différentes archives.
    J’en profite donc pour vous féliciter et vous remercier.

    1. Bravo pour vos recherches, et si elles vous amenaient à de nouvelles informations sur les déportés du convoi du 6 juillet 1942, n’hésitez pas à nous en informer.

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