23 Haut-Marnais déportés à Auschwitz le 6 juillet 1942

1995, ouvrage de Jean Marie Chirol, président du » Club Mémoire 52″

 

Le 22 juin 1941, Hitler rompt le pacte de non agression qui le liait à Staline en attaquant l'Union soviétique. Le jour même, les Allemands arrêtent, en zone occupée, les militants et sympathisants communistes. 
La prison cellulaire de Chaumont

En Haute-Marne, 70 hommes, majoritairement pères de famille, sympathisants ou adhérents de l’ex Parti communiste, sont appréhendés, jusque dans le courant de l’été 1941 (du 22 juin au 12 août 1941).
D’abord emprisonnés au Val-Barizien, prison cellulaire de Chaumont, ils sont transférés le 26 juin en train en direction du camp d’internement de Compiègne-Royallieu.
C’est là, le 27 juin, qu’ils sont pris en photo après attribution de leur matricule.
Une partie de ces hommes seront libérés en 1942 et rentreront en Haute-Marne, mais 23 d’entre eux sont déportés le 6 juillet 1942 à destination d’Auschwitz.
Ils y reçoivent tous un matricule de la série « 45 000 », d’où le nom de ce convoi. Ils décèdent en majorité dans les mois qui suivent leur arrivée dans ce camp. Aucun ne reviendra…

35 photos retrouvées par Jean Marie Chirol

Sur ces photos de 35 Haut-Marnais, plusieurs avaient été identifiés en 1995 par M. Jean-Marie Chirol, alors président du Club « Mémoires 52 », décédé en 2002.
Avait suivi une exposition à Joinville (29-30 avril et 1er mai) et un fascicule encore édité au format Kindle (Facebook) par le « Club Mémoire 52 » (image en haut et à droite ce cet article).
A partir de ces noms, il avait pu préciser leur parcours.

éOn reconnaît ainsi, dans le rang du haut, deuxième à partir de la gauche : Louis Dusselier, matricule 585, né à Narcy en 1898, ouvrier à Saint-Dizier, mort le 15 décembre 1942 à Auschwitz ; troisième : Cabartier Auguste, né en 1894 à Rachecourt-sur-Marne, où il habite ; lamineur, militant communiste, mort à Auschwitz. quatrième à partir de la gauche : Salvatore Mucci, né en Italie en 1889, de Saint-Dizier, libéré en 1942 ; cinquième : Louis Changenet, né à Beaune en 1899, employé SNCF à Saint-Dizier, libéré en septembre 1942 ; sixième : Georges Addenet, né à Paris en 1905, maçon à Saint-Dizier, libéré en septembre 1942 ;

Sur ces 35 Haut-marnais figurant sur la photo de groupe, 6 d’entre eux sont déportés à Auschwitz.

neuvième : Léon Campion, né à Paris en 1898, ancien combattant 14-18, graveur à Chaumont, mort à Auschwitz le 2 novembre 1942.
Deuxième rang : septième à partir de la gauche : Yves Thomas, né à Thonnance-lès-Joinville en 1910, employé SNCF à Saint-Dizier, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942 ; neuvième : Robert Collignon, matricule 587, né à Voillecomte en 1902, gérant du dépôt Shell à Eurville, mort en juillet 1942 à Auschwitz.
Troisième rang : premier à partir de la gauche : Louis Mougeot, cordonnier à Chaumont, libéré le premier mai 1943 (selon une attestation d’un autre interné chaumontais, Maurice Yung, communiquée par Jeremy Gérard) ; quatrième : Lucien Pépin, né à Osne-le-Val en 1902, mouleur à l’usine du Val d’Osne, libéré le 4 mai 1942 ; sixième : Joseph Lapoire, né à Hayange en 1893, ouvrier à l’usine de Bussy, déporté, rapatrié en juillet 1945. Quatrième rang : septième à partir de la gauche : Gabriel Martini, né à Joinville en 1907, salarié de l’usine de Bussy, domicilié à Suzannecourt, déporté à Buchenwald, rentré en mai 1945″.

Les Haut-Marnais arrêtés en 1941 qui sont également déportés à Auschwitz, mais ne figurent pas sur la photo, sont :
Louis Bédet, né à Bettaincourt-sur-Rognon en 1895, ouvrier à Bussy, domicilié à Vecqueville, mort le 30 décembre 1942 à Auschwitz ;
Auguste Cabartier, né à Rachecourt-sur-Marne en 1894, lamineur, mort à Auschwitz ;
Georges Collin, né à Semoutiers en 1894, ouvrier à Bussy, domicilié à Thonnance-lès-Joinville, déclaré mort à Auschwitz le 15 septembre 1942 ;
Jean Coltey, né à Auxon-lès-Vesoul en 1906, domicilié à Langres, mort à Auschwitz le 18 septembre 1942 ;
Alfred Dufays, né à Wassy en 1900, domicilié à Joinville, ouvrier à Saint-Dizier, mort à Auschwitz le 16 août 1942 ;
Georges Fontaine, né à Toul en 1899, employé SNCF à Saint-Dizier, mort le 28 septembre 1942 à Auschwitz (son frère Henri Fontaine, mouleur à Bar-le-Duc, est mort à Auschwitz le même mois) ;
Pierre Gazelot, né à Bar-le-Duc en 1913, employé à l’hôpital psychiatrique à Saint-Dizier, mort le 15 décembre 1942 à Auschwitz ;
Edmond Gentil, né à Roches-sur-Rognon en 1894, ouvrier à Bussy, domicilié à Joinville, mort à Auschwitz le 15 septembre 1942.

Nous avons également retrouvé les noms des internés correspondant à quelques numéros matricules reçus à Compiègne. Les liens informatiques concernent les notices biographique des « 45 000 ».

Matricule 531 : Fix Pierre, né le 28 août 1913.
Matricule 582 : THOMAS YVES, GUY
Matricule 583 : Changenet Louis, Né à Beaune en 1899, agent SNCF, libéré en septembre 1942.
Matricule 585 : DUSSELIER LOUIS, JULES 
Matricule 587 : COLLIGNON ROBERT, GEORGES, EUGENE
Matricule 592 : Pépin Lucien, Né à Osne le Val en 1902, libéré le 4 mai 1942.
Matricule 594 : MOUGEOT, PAUL, LOUIS
Matricule 599 : BEDET Louis, Georges, Roger
Matricule 600 : Lapoire Joseph : déporté à Sachsenhausen et Dachau, libéré le 24 avril 1945.
Matricule 614 : ROUSSEAU RAYMOND
Matricule 635 : THIERY LOUIS, EMILE, MARCEL
Matricule 601 : Colin Georges
Matricule 625 : MIGEOT CHARLES, EDMOND
Matricule 635 :THIERY LOUIS, EMILE, MARCEL
Matricule 637 : Caillon Etienne, Marcel), né le 27 mars 1893 à Paris (10e), décédé le 16 mars 1945 à Bergen-Belsen
Matricule 638 : Banas André
Matricule 1005 : CAMBILLARD Léon, Antoine (à noter qu’il habite Clamart (Seine/Hauts de Seine). Sa photo figure parmi les 35 portraits des Hauts-Marnais).
Matricule 1113 : Mucci Salvatore, italien né en 1889, libéré en 1942

Sources 

Jean Marie Chirol. © Club Mémoires 52

Article rédigée en novembre 2024 à partir des articles de Jean-Marie Chirol, par Claudine Cardon-Hamet et Pierre Cardon.
Claudine Cardon-Hamet est docteur en Histoire, auteure des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cet article .
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