Georges Musset © Patrick Charron
Georges Musset © DAVCC
Georges Musset : né en 1897 à Paris (11ème) ; domicilié à Nanterre (Seine) ; mécanicien, cafetier, chaudronnier en cuivre ; communiste, conseiller municipal ; arrêté le 10 septembre 1940 ; interné aux camps d’Aincourt, de Rouillé et de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt le 23 octobre 1942.

Georges Musset est né le 3 octobre 1897 au domicile de ses parents, 51, avenue de la République à Paris 11è. Il est légitimé par le mariage de ceux-ci le 19 mars 1898.  Il habite au 4, rue des Amandiers à Nanterre (ancien département de la Seine /  Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Pauline, Charlotte David, 26 ans (elle décédera le 14 novembre 1959 à Nanterre), sans profession, puis marchande de vin, et de Louis Aimé Musset, 31 ans, employé de commerce.
Son registre militaire nous apprend qu’il mesure 1m 70, a les cheveux bruns, les yeux marron, le front haut et le nez rectiligne, le visage allongé. Au moment du conseil de révision, il habite chez ses parents au 61, rue de Strasbourg à Saint-Denis. Il travaille alors comme mécanicien.
Il sera plus tard hôtelier, marchand de vins. Il a un niveau d’instruction n° 3 pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée). Conscrit de la classe 1917, il est recensé dans le département de la Seine (1er bureau, matricule 5874). Il est mobilisé par anticipation (en vertu du décret de mobilisation générale) au début de 1916, comme tous les
jeunes hommes de sa classe depuis la déclaration de guerre.  Il est incorporé le 11 janvier 1916 au 104ème Régiment d’Artillerie Lourde. Il est envoyé « aux armées » du 3 février 1916 au 29 septembre 1919. Il est démobilisé le 30 septembre 1919 à Vincennes.
Il vient habiter chez ses parents, au 61, rue de Strasbourg à Saint-Denis.

Odette, Madeleine et Georges Musset © Patrick Charron

Le 17 avril 1920 à Saint-Denis, il épouse Madeleine, Marie Collomb, employée. Elle est née à Saint-Denis, le 24 août 1898. Elle est domiciliée au 138, rue du Fort de l’Est. Le couple a une fille, Odette, qui naît à Nanterre le 22 avril 1924. Elle épousera Robert Charron,
célèbre boxeur de l’entre deux guerres, né en 1918.
En mai 1921, ils habitent au 19, grande rue Saint-Marcel à Saint-Denis. En août 1923, ils déménagent au 18, rue du Port.
En 1925, il s’inscrit sur les listes électorales de Nanterre, ou il est domicilié au 29, rue Ernest Renan. Il est alors marchand de vin. Ils y habitent encore en août 1929. Son père décède le 19 décembre 1930.
Georges Musset est trésorier de l’Etoile Sportive de Nanterre. Le club est créé en 1925. La FSGT est créée en 1934 « pour que le droit au sport et au Plein Air devienne une réalité pour tous ». L’ESN y adhère.
Georges Musset est mécanicien, chaudronnier en cuivre de profession.

Le Moulin Allard à Nanterre

Il sera marchand de vins par la suite et tiendra un débit de boisson-restaurant, « le Moulin Allard », à Nanterre, au 49  rue Ernest Renan. Cet établissement existe toujours.
Sympathisant communiste et syndiqué à la CGT, il est présenté par le Parti communiste au premier tour des élections municipales, comme « petit commerçant » le 5 mai 1935 sur la liste dirigée par Pierre Brandy et Raymond

Premier tour de l’élection municipale / 5 mai 1935. Les points rouges sont les conseillers municipaux déportés à Auschwitz

Barbet à Nanterre.

« Le scrutin de ballottage se déroule le 12 mai 1935. Deux listes principales restent en présence. Une liste d’Unité d’action antifasciste qui réunit treize communistes, sept
sympathisants et dix socialistes. La liste du maire sortant, rejointe par quelques socialistes, et dont la seule profession de foi est de «faire barrage aux bolchéviques». Le choix des électeurs se porte à 51 % sur la liste d’unité antifasciste. La liste du maire sortant obtient 47,46 % des voix, reçues essentiellement dans les trois bureaux de vote du quartier du centre
» (Les élections municipales à Nanterre en 1935. Robert Cornaille, Société d’Histoire de Nanterre, p 47).
Georges Musset est élu au deuxième tour le 12 mai 1935 avec 4130 voix. Il adhère au Parti communiste après son élection comme conseiller municipal.
Le couple divorce le 26 mai 1936. Georges Musset a déménagé en  janvier 1938 au 48, rue du Vieux Pont.
Il retrouve du travail à la Société nationale de constructions de moteurs « Lorraine-Dietrich» à Argenteuil.
Le 17 mars 1939, il est inscrit comme « affecté spécial » pour la réserve de l’Armée. En effet travaillant pour la Société « Lorraine-ietrich», entreprise considérée par l’Armée comme relevant de la Défense nationale, il est ainsi potentiellement mobilisé sur son poste de travail en cas de conflit armé.
Il est ami avec Waldeck Rochet, député de la circonscription Nanterre-Colombes, élu en avril 1936, qui deviendra secrétaire général du Parti communiste en 1964, à la mort de Maurice Thorez. 
Waldeck Rochet est  arrêté le 8 octobre 1939 avec les autres députés du « Groupe ouvrier et paysan français », créé après l’interdiction du Parti communiste, et incarcéré à la Santé. 

Lettre de Waldeck Rochet à Georges Musset © Patrick Charron

C’est de la Maison d’arrêt de la Santé / cellule 8-28 bis, qu’il répond à une lettre de Georges Musset, le 5 décembre 1939. Cette lettre m’a été transmise par son petit-fils, M. Patrick Charron.

 » Mon cher Musset. J’ai enfin ton adresse. je me hâte donc de t’envoyer quelques mots en réponse à  ta lettre du 31 octobre que j’ai reçu avec un réel plaisir. Non seulement j’ai été très sensible au témoignage de sympathie et d’amitié qu’elle renferme, mais j’ai été heureux de constater l’excellent état d’esprit qu’elle révèle chez toi et les amis. Remarque que je n’ai jamais douté de ton moral , mais l’on éprouve néanmoins un certain plaisir à constater que les amis saisissent d’emblée les questions du moment, malgré le brouillard dont on s’efforce de les entourer.

Oui, nous avons le droit d’avoir confiance en l’avenir, car ni les mensonges, ni les calomnies, ni la lâcheté de quelques uns, n’arrêteront la marche inexorable de l’histoire. Nous assistons à l’échelle européenne à la fin d’un système décadent et pourri. Ce ne sont pas les misérables procédés mis en œuvre actuellement qui l’empêcheront de crouler, bien au contraire.

La cause que nous défendons triomphera un jour. Nous sommes donc moralement en état de supporter et de faire face à l’orage, mieux que quiconque. C’est dire, mon cher Musset, que notre moral , ici à la Maison; ne saurait-être qu’excellent. Chaque vendredi, je reçois la visite de ma femme, ainsi que bons amis de Nanterre et Colombes.

Lettre de Waldeck Rochet,  page 2
Lettre Waldeck Rochet p 3

Et puis, nous nous efforçons d’employer notre temps utilement : c’est ainsi qu’en plus des lectures intéressantes que j’ai réussi à me procurer, j’étudie les sciences : chimie, histoire naturelle, physique et mathématiques. ça pourra toujours servir…

Lettre de Waldeck Rochet, p 4

Inutile de te dire que je serais toujours très heureux de recevoir de tes nouvelles de temps en temps. Je te serre amicalement la main et te prie de transmettre ma sympathie à ta mère, à ta fille et aux amis.

Il ajoute sa nouvelle adresse : W. Rochet, député, 8-28 bis. Maison d’arrêt de la Santé, Paris.
En post-scriptum : Peux-tu me transmettre l’adresse de Grimault à qui je n’ai pas répondu ».

Après l’interdiction du Parti communiste (26 septembre 1939), l’Etoile Sportive de Nanterre, affiliée à la FSGT est interdite d’activité.
« 1939-1945 : pour tous, c’est la période noire de la guerre. Interdiction de la pratique sportive pour l’ESN. Albert Chauvin disparaît au combat, Georges Musset, trésorier du club est déporté et Vincent Pascucci qui sera Président pendant 30 ans, s’illustre dans la Résistance » (Histoire de l’ESN, en ligne).

Georges Musset est déchu de son mandat électoral par le Conseil de Préfecture, le 29 février 1940, pour n’avoir pas renié le Parti Communiste.

Société d’Histoire de Nanterre

Le vendredi 14 juin 1940, les troupes de la Wehrmacht entrent dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Un premier  détachement  allemand  occupe  la mairie de Nanterre et l’état-major  s’y  installe. La nuit du  14 au 15 juin, de nombreuses troupes allemandes arrivent à Nanterre et sans s’adresser à la municipalité, occupent maisons et villas de plusieurs quartiers. En ce début de l’été 1940,  l’effectif  des  troupes  d’occupation à Nanterre s’élève par moments à 3500 hommes et près de deux cents officiers. Le 22 juin, l’armistice est signé. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français » et lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

Le camp d’Aincourt, in blog Roger Colombier

Georges Musset est arrêté le 10 septembre 1940, à Nanterre, par des policiers français « pour propagande communiste ».
Il est interné le 15 octobre 40 au camp de « Séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans les Yvelines) ouvert spécialement, le 5 octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement
de Vichy. Lire dans le site Le camp d’Aincourt.

Le 6 septembre 1941, il est transféré au camp de Rouillé (1), au sein d’un groupe de 149 internés.

Réponse des Renseignements généraux au directeur du CIA de Rouillé

Le 14 octobre, le directeur du camp demande au préfet de la Seine les dossiers des internés arrivés à Rouillé un mois auparavant, dont celui de Georges Musset.
Ces dossiers lui sont envoyés par les Renseignements généraux le 28 octobre 1941. Il est inscrit « arrêté le 10 octobre 1940 pour propagande clandestine communiste« . En juin 1941, sa mère, née David, doit faire une déclaration de non judéité.
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au commandant du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne. Le nom de Georges Musset (n° 147 de la liste) y figure.
Le 22 mai 1942 c’est au sein d’un groupe de 168 internés (4) qu’il est transféré arrive au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet, en vue de leur déportation comme otage.

Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».

Lettre jetée depuis le train le 6 juillet 1942

Le 6 juillet 1942, Georges Musset jette une lettre sur le ballast depuis le train qui les emmènent vers « une destination inconnue » comme il l’écrit, au moment du son départ. La lettre est jetée soit à l’arrêt de Bar-le-Duc, soit quelques temps après.

Lire dans le site: Lettres jetées du train.

La lettre est adressée à sa mère, sa femme et sa fille. Elle est assez difficile à déchiffrer (remerciements à M. Patrick Charron qui y a procédé) à cause des mouvements du train et de l’encombrement des wagons (ils sont à 40 dans un wagon à bestiaux). C’est une des plus longues que nous ayons lues.

Ma petite mère chérie – aujourd’hui me voici encore en route pour une destination inconnue, et nous sommes plus d’un 1000, c’est te dire que ce déplacement est important. Où nous allons tous, nul ne le sait, sans doute dans un autre camp, Certains parlent de Mourmelon… Pour l’instant nous roulons et nous voici à Laon et je reprends mon bavardage. Sans doute maintenant notre séparation sera sans assez longue. Et je crois qu’il nous faudra attendre la fin de ce cataclysme pour nous retrouver. Il te faudra beaucoup de courage ma bonne vieille maman et prendre ton mal en patience, sans (…). Avant bien longtemps aurons-nous une (…). J’ai bien reçu ton petit colis avec les biscottes, pâtes et haricots, (…) aussi il fut bienvenu, ce sera un bon compagnon de voyage. Avec moi Jacky Doucet, Delcroix, Baixas et d’autres sont du voyage. Nous avons laissé (….) à Compiègne (…). Nouvel arrêt. Châlons-sur-Marne, donc nous n’irons pas à Mourmelon, que nous avons vu en passant. Enfin ma
petite mère chérie ne t’alarme pas et attends patiemment que je te donne d’autres nouvelles plus agréable à connaître. J’ai bien peur que nous prenions
la direction de l’Allemagne pour y travailler. D’ici quelques temps tu recevras une partie de mes affaires que je n’ai pu emporter, car on nous a obligés à en laisser une grosse partie. Bar-le-Duc, nouvel arrêt, qui ne fait que confirmer ce que je disais plus haut. Je sais combien cette nouvelle sera dure pour toi, ma bonne vieille maman et combien j’aurais voulu qu’elle te fut (…). Hélas depuis deux ans bientôt, je ne suis plus maître de ma personne et maintenant moins que jamais. Ma petite (…),  saura me remplacer et te faire prendre patience et partager son espoir, ainsi que ma petite Cocotte, qui je le souhaite comprendra que son devoir est de faire son possible pour t’aider à supporter ta solitude. Notre voyage s’effectue dans les mêmes conditions que celui de Rouillé, c’est-à-dire wagon à bestiaux et 40 par wagon. Au départ orage terrible, mais qui a bien (…) la température, donc mieux pour nous, car maintenant la chaleur comment à se faire sentir. Enfin ma petite mère chérie surtout ne t’ennuie pas et aies confiance, nous nous reverrons. De
tout mon cœur je t’envoie mes meilleurs et plus doux baiser, embrasse bien pour moi ma petite maman et ma petite Cocotte…. Ma petite maman chérie. Voici bien longtemps que je n’ai eu la joie de te lire et quand aurais-je ce plaisir, comme lors de la (…). Je te confie ma bonne vieille maman, tu sais qu’elle est mon bien le plus précieux avec toi et je sais que tu feras tout ton possible pour lui faire supporter ces moments. Quand nous nous retrouverons-nous, ma maman chérie, enfin j’espère toujours te revoir telle que je t’ai laissée et ta présence, ma vieille maman me permet de supporter plus allègrement ce nouveau calvaire. Enfin ma petite maman je vais te quitter aujourd’hui pour longtemps sans doute. Je t’envoie mes plus doux baisers et mes tendres caresses, aussi fort comme je t’aime. Ton grand qui t’aime. Encore de doux baisers.

Depuis le camp de Compiègne, Georges Musset est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.

Georges Musset meurt à Auschwitz le 23 octobre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré « Mort pour la France » le 7 juillet 1947. Il est homologué (GR 16 P 438178) au titre de la Résistance intérieure française (RIF) comme appartenant à l’un des mouvements de Résistance.
Il est homologué au grade de Sergent au titre de la Résistance intérieure française (prise de rang au 21 septembre 1940), le 27 juillet 1950.

Son acte de décès est établi le 30 mai 1947 par le Ministère des Anciens Combattants. L’arrêté du 31 juillet 1997 (JORF n°290 du 14 décembre 1997)  porte apposition de la mention « Mort en déportation » sur ses actes et jugements déclaratifs de décès.

  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 42 : Dix-neuf internés de la liste de 187 noms sont manquants le 22 mai. Cinq d’entre eux ont été fusillés (Pierre Dejardin, René François, Bernard Grimbaum, Isidore Pertier, Maurice Weldzland). Trois se sont évadés (Albert Belli, Emilien Cateau et Henri Dupont). Les autres ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps ou étaient alors hospitalisés.

Sources

  • Courriel et échange téléphonique (février 2020) avec son petit fils, Patrick Charron, qui fut un jeune cycliste prometteur (il a terminé deuxième du Paris-Roubaix en 1967), lui même fils de Robert Charron, boxeur professionnel, qui transmets des photos et documents de son grand-père.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, tome 37, page 198.
  • Témoignages de Georges Brumm et Lucien Penner, rescapés d’Auschwitz.
  • © Etat civil de Paris.
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42/N°137.
  • Recherche de Lucien Ducastel (1988) en mairie de Nanterre.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres – incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Dossier individuel.
  • Société d’Histoire de Nanterre : « Nanterre 1939-1945 » article de Marianne Pastor-Andréucci. Soldats allemands à Nanterre, photo page 6.
  • Historique de l’ESN en ligne.

Notice biographique rédigée en novembre 2005 (complétée en 2016,  2019 et 2022) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Nanterre.  Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique. Pour la compléter ou la corriger cette notice biographique, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

Un Commentaire

  1. Mon grand-père, Georges Musset, arrêté le 10 septembre 1940 et décédé le 23 octobre 1942 à Auschwitz fait partie des déportés politiques dit des « 45000 » et dont il est question sur le blog de Madame Claudine Cardon-Hamet.
    1170 hommes dont l'histoire est méconnue. Des hommes solidaires, combattants, et morts pour leurs idées et leurs engagements. Mon grand-père était de ceux-là, et son histoire est celle de quelqu'un qui croyait en ses idées. Il était une personne engagée, mais était d'abord un Homme, quelqu'un qui, comme vous et moi avait une vie de famille, des parents, une épouse et une fille.
    Plus tard, sa fille deviendra ma maman, elle sera une femme qui devra se construire à partir de la perte de son père qui, un jour, s'est retrouvé dans un train sans en connaître la destination. Dans la lettre qu'il jettera de ce train en juillet 1942, mon grand-père parle de son amour pour sa famille, il essaye de rassurer ceux qui l'aiment. Cette lettre sera son dernier témoignage.
    Lorsque je replonge dans mes archives familiales, je suis encore et toujours bouleversé. Mon émotion est intense car cette histoire est la mienne, mais aussi parce que je sais que cette histoire est la nôtre. Elle est universelle.
    Je tiens à remercier Madame Claudine Cardon-Hamet pour le travail de mémoire qu'elle effectue, pour les archives, images ou textes qu'elle publie régulièrement sur son blog.
    Plus que jamais, ces documents sont essentiels pour que nous n'oubliions jamais ce qui a pu se passer, que nous puissions réaliser que derrière ces événements, cette Seconde guerre mondiale, il y avait des hommes, des femmes, des pères, des mères et des enfants comme vous et moi.
    Le devoir de mémoire est notre affaire à tous, afin que nous puissions, je l'espère, éviter que cela se reproduise un jour.
    Patrick Charron

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