Roger Bonnifet © FNDIRP Dieppe
Roger Bonnifet © FNDIRP Dieppe
Roger Bonnifet : né en 1907 à Cherbourg (Manche) ; domicilié à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) ; ajusteur-mécanicien ; secrétaire adjoint du syndicat CGT des Métaux de Rouen, secrétaire de la section communiste de la Vallée du Cailly ; arrêté le 22 octobre 1941; interné au camp de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt. 

Roger Bonnifet est né le 27 décembre 1907 à Cherbourg (Manche), sa famille est domiciliée au 658, route de Dieppe à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime).
Il est le fils de Marthe, Marie, Victorine Pignot et d’Honoré Bonnifet son époux.
Au moment du Conseil de révision, il habite Rue Pierre Neveu, chez ses parents à Déville-lès-Rouen et travaille comme ajusteur-mécanicien.
Son registre matricule militaire nous indique qu’il mesure 1 m 70, a les Yeux et les cheveux châtain, le front moyen et le visage long. Il a une cicatrice à la joue droite. Il a un degré d’instruction n° 4 pour l’armée (il a obtenu le Brevet de l’enseignement primaire).
Il est ajusteur-mécanicien à la Compagnie Française des Métaux, comme Ferdinand Thiault et André Bardel de Maromme, qui seront déportés en même temps que lui à Auschwitz.

Membre du Parti communiste,  il est secrétaire de la cellule communiste de l’entreprise, secondé par Émile Hélouis et Ferdinand Thiault, puis secrétaire de la section de la Vallée du Cailly.
Il est secrétaire adjoint du syndicat CGT des Métaux de Rouen. Il est employé comme monteur à la Compagnie Française des Métaux (il y travaille avec Ferdinand Thiault de Déville et André Bardel de Maromme) ainsi que Delarue et Thérin.

La CFM à Déville

Conscrit de la classe 1927, il devance l’appel et s’engage volontairement le 13 mai 1927 au 94e Régiment d’infanterie. Le 14 mai, il effectue un stage d’officier de réserve à Châlon sur Marne. Il passe caporal. Sergent, il est détaché à l’Ecole nationale des Sous-officiers de Saint-Maixent.
Il est mis en disponibilité le 5 novembre 1928, et il est nommé sous-lieutenant de réserve (décret du 4 juin 1929).
Il habite au 1, rue de la Gare à Déville-les-Rouen en février 1929.
Il est promu Lieutenant de réserve (A/C du 25 octobre 1931).
En janvier 1931, il a déménagé au 658, route de Dieppe à Déville.
Un de ses camarades, Ferdinand Thiault qui travaille comme lui à la Compagnie Française des Métaux et sera déporté avec lui, habite au n° 656.
Roger Bonnifet est marié ou vit maritalement avec Louise, Augustine Robert. Née le 13 août 1910 à Maromme, elle travaille comme apprêteuse chez Letourneur (elle est décédée en 1999 à Déville). Ils y sont tous deux domiciliés en 1936.
Le 26 septembre 1938, pendant la crise des Sudettes, il est rappelé sous les drapeaux, et affecté à une compagnie du 239ème Régiment d’infanterie comme lieutenant de réserve.
Démobilisé, il participe à la grève du 30 novembre 1938 à l’appel de la CGT nationale contre les décrets-lois, et il est licencié de la Compagnie Française des Métaux. La mobilisation du personnel permis sa réintégration dans l’entreprise.
Il effectue plusieurs périodes militaires d’exercices au camp de la Courterie (du 31 mai au 19 juin 1937, du 8 mai au 13 mai 1939 au 39e RI).
Il est à nouveau mobilisé à la déclaration de guerre, le 2 septembre 1939. Il est affecté au 239e Régiment d’Infanterie à Rouen, où il arrive le jour même. « Ce régiment est envoyé en renfort sur le front des Flandres. en cantonnement à Meteren, près de Bailleul (Nord), secteur 125, où son épouse vient le rejoindre. Le 11 octobre 1939, il reçut la visite de Mesdames Blondel, modiste, domiciliée route de Dieppe à Notre-Dame-de-Bondeville, et Dubois, domiciliée rue de la Gare à Déville-les-Rouen, venues en taxi (une course de 900 francs) » Le Maitron.

Sur la liste d’otage (liste FK 517, XLV-41) on peut lire « Monteur und ehemaliger Kapitän« , ce qui se traduit par « monteur et ancien capitaine »… Il est possible qu’il ait fait fonction de Capitaine pendant l’attaque allemande et la débâcle. Mais son registre matricule militaire indique qu’il est démobilisé comme Lieutenant par le canton du Mas d’Agenais (pas de date) dans le Lot-et-Garonne.

Les troupes allemandes entrent dans Rouen le dimanche 9 juin 1940. Après la capitulation et l’armistice du 22 juin, La Feldkommandantur 517 est installée à l’hôtel de ville de Rouen et des Kreiskommandanturen à Dieppe, Forges-les-Eaux, Le Havre et Rouen. Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, abolit la République et s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ». Il lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…).

A partir de l’année 1941, les distributions de tracts et opérations de sabotage par la Résistance se multipliant, la répression s’intensifie à l’encontre des communistes et syndicalistes. Dès le 22 juillet 1941, le nouveau préfet régional, René Bouffet, réclame aux services de police spéciale de Rouen une liste de militants communistes. Une liste de 159 noms lui est communiquée le 4 août 1941 avec la mention : « tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et par tous les moyens ». Ces listes, comportent la plupart du temps – outre l’état civil, l’adresse et le métier – d’éventuelles arrestations et condamnations antérieures. Elles seront communiquées à la Feldkommandantur 517, qui les utilisera au fur et à mesure des arrestations décidées pour la répression des actions de Résistance.

Roger Bonnifet est l’un des responsables clandestins du PCF, fin 1940. La direction de la CFM refuse de le reprendre après sa démobilisation, moyennement un arrangement.
Au début d’octobre 1940, des exemplaires de La Vie Ouvrière, datés des 8 et 27 septembre sont distribués aux Fonderies de Lorraine à Saint-Étienne
de Rouvray. Le 5 octobre 1940, le commissaire de police spéciale de Rouen adressa au préfet de Seine-Inférieure un rapport dans lequel il indiquait que des exemplaires des n° 2 et 3 de La Vie Ouvrière, datés des 8 et 27 septembre, avaient été distribués à certains ouvriers des Fonderies de Lorraine à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-inférieure, Seine-Maritime).  « D’après les renseignements qui ont été fournis, ces tracts seraient distribués par d’anciens membres du Parti communiste qui s’emploieraient à organiser dans toute la banlieue rouennaise les anciennes section du Syndicat de la Métallurgie sous le dénomination de “Comités populaires” » Il nomme Paul Lemarchand, Bonnifet et Cléret (notes 3 et 4). Une
filature est mise en place.

Le 23 novembre 1940, le domicile de Roger Bonnifet est perquisitionné : « Toutes les pièces et tous les meubles ont été visités minutieusement ». Aucun document compromettant n’est trouvé. Le 5 mars 1941, le directeur de la CFM a demandé au commissariat central de Rouen «qu’une mesure administrative soit prise contre les nommés Bonnifet, Delarue et Thérin, anciens ouvriers de son usine, non-réembauchés et pour lesquels il a dû verser à chacun 10.000 francs (2) d’indemnités après arrangement amiable. Il accuse les sus-nommés de continuer la propagande communiste auprès de ses ouvriers, mais sans preuve, et de s’occuper directement et activement des questions syndicales et de prendre la défense des ouvriers licenciés en Justice de paix et au Conseil prud’homal».
Au moment de son arrestation, Roger Bonnifet travaille comme bûcheron (la police française a transmis l’information aux autorités allemandes : «on sait qu’il travaille illégalement»).
Le 10 avril 1941, l’inspecteur de police spéciale Fernand Madeleine rédige un rapport : « L’ancien chef de la cellule de Déville-les-Rouen, Bonnifet Roger […] a été obligé d’aller travailler comme bûcheron en forêt de Brotonne […] De ce fait, la propagande communiste est restreinte, car Bonnifet était l’instigateur de toutes les menées communistes dans cette dernière localité… » (Le Maitron).

Roger Bonnifet est arrêté à son domicile le 22 octobre 1941, à 6 heures du matin, par des gendarmes français, en même temps que Ferdinand Thiault (son registre matricule indique la date du 21 octobre). Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly).
Lire dans le site Le « brûlot » de Rouen.

Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. Trente neuf d’entre eux seront déportés à Auschwitz.
Roger Bonnifet est transféré à Compiègne le 25 octobre 1941 depuis la caserne Hatry.
Par cinq fois, le nom de Roger Bonnifet figure parmi les listes d’otages susceptibles d’être déportés ou fusillés.

Fin octobre 1941 sur une liste de représailles (XLV-41).
Le 29 octobre 1941, la Feldkommandantur 517 envoie au commandement militaire de la région A (St Germain-en-Laye) une liste de 26 otages (pouvant être fusillés), spécifiant qu’il convient de séparer communistes et gaullistes. Le nom de Roger Bonnifet y figure. 11 de ces hommes seront déportés à Auschwitz (XLIII-66) (document ci-contre).
Le 8 décembre 1941, en réponse aux demandes du Haut commandement militaire dans le but de former un convoi de 500 personnes vers l’Est, la Feldkommandantur 517 de Rouen établit une liste de 28 communistes : «actuellement au camp de Compiègne et pour lesquels est proposé un convoi vers l’Est. Cette liste a été complétée de quelques personnes arrêtées à la suite de l’attentat du Havre du 7 décembre 1941». Roger Bonnifet figure également sur cette liste (XLIII-56).
Le 21 janvier 1942, en réponse à un télex de Rittmeister Wacker (chef du personnel de la région A / St-Germain-en-Laye), une nouvelle note du Feldkommandant major de la FK 517 de Rouen désigne Roger Bonnifet ainsi que 6 autres de ses camarades parmi les otages pouvant être fusillées à la suite de l’attentat d’Elbeuf le 21 janvier (un caporal de la Wehrmacht est tué par balles. 9 otages sont exécutés dont 3 de cette liste : Jacques Samson, Pierre Corniou, Jean Delattre). La note qui rappelle ses activités antérieures stipule «N’a pas encore encouru de sanction concernant l’interdiction de la propagande communiste du PCF, mais il n’a pas pu être correctement détecté» XLIII-49 (document ci-contre).

Le 9 février 1942, après l’exécution de 2 militaires de la Wehrmacht à Elbeuf (21 janvier) et Rouen (4 février), la FK 517 de Rouen désigne pour le commandement militaire de la zone A, 10 otages communistes et Juifs pouvant être fusillés (XLIII-86) (document ci-contre).
Deux de ses camarades de lutte, internés à Royallieu, sont fusillés au début de 1942 : Lucien Levavasseur ( Levasseur surcertains documents), né le 19 février 1910 à Montville, ancien secrétaire du syndicat CGT des textiles du Houlme avait été arrêté le 22 octobre 1941. Il est fusillé le 14 février 1942. Gustave Delarue, né le 13 décembre 1983 à Le Houlme, militant syndical et conseiller municipal du Houlme, avait été arrêté en septembre 1941. Il est fusillé le 31 mars 1942 «dans la forêt de Compiègne» selon Louis Eudier. Dans son livre, celui-ci raconte que Gustave Delarue monta une revue à Compiègne – attendue avec impatience – pour le théâtre du camp. Ce 31 mars 1942, à 5 heures du matin la Gestapo vient le chercher. «Il embrasse Roger Bonnifet et lui demande comme une faveur que sa revue soit jouée au théâtre du camp, comme si de rien n’était». Georgette Delarue, son épouse, avait été elle aussi arrêtée le 21 octobre 1941.

L’épouse de Roger Bonnifet obtient un permis de visite pour Compiègne le 30 avril 1942 : ce sera la dernière fois qu’elle verra son mari. Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Lire dans ce site : La solidarité au camp allemand de Compiègne et Le « Comité » du camp des politiques à Compiègne .
Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages». Le 6 juillet, à six heures du matin, il est conduit sous escorte allemande à la gare de Compiègne avec ses camarades, puis entassé dans un des wagons de marchandises qui forment son convoi. Le train s’ébranle à 9 heures trente.

Depuis le camp de Compiègne,  Roger Bonnifet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Franz Reisz, dessin 1946

On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro «46221?» figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il était donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. Lire dans le site, La journée-type d’un déporté d’Auschwitz . 
On ignore également la date exacte de sa mort à Auschwitz, où il est battu «à cause de son grand nez, car les SS voulaient lui faire dire qu’il était Juif ».  Pour Victor Louarn «Il est mort avec Christophe Le Meur» qui meurt le 23 janvier 1943. D’après le témoignage d’autres rescapés, atteint d’œdème, il est sélectionné pour la chambre à gaz avec d’autres déportés de son convoi (René Getti et Emile Drouillas).
Roger Abada le décrit comme « Si digne. Dans le camion qui les emporte à Birkenau, ils chantent la Marseillaise». Cent quarante huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18 et 19 octobre 1942 (dont René Getti et Emile Drouillas), ainsi qu’un nombre important de détenus d’autres nationalités. On peut penser qu’ils sont morts gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée sans doute dans les blocks d’infirmerie.
L’état civil français a déclaré Roger Bonnifet «décédé le 30 janvier 1943 à Auschwitz».

Lettre d’Eugène Garnier adressée à la veuve de Paul Faurie à propos de la mort de 3 de ses camarades, dont Roger Bonnifet

Eugène Garnier a également témoigné de sa mort dans la lettre qu’il adresse le 25 juillet 1945 à la veuve de Paul Faurie : «Paul Faurie, Roger Bonnifet et l’un des frères Clément ont été tous les trois pris dans une sélection et destinés à passer à la chambre à gaz. (…) Ils ont été emmenés en camion et tous trois chantaient de toutes leurs forces La Marseillaise. Cet événement a fait beaucoup de bruit dans le camp de Birkenau où il eut lieu, aussi bien que dans le camp d’Auschwitz où les SS eux-mêmes furent ébranlés par l’héroïsme de nos camarades. D’ailleurs, quand nous avons été libérés par l’Armée rouge, nous avons fait, André Faudry et moi, un rapport à la Commission d’enquête soviétique dans lequel nous avons cité cet évènement». La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du (J.O. du 30 août 1987).

À titre posthume, Roger Bonnifet est nommé chevalier de la Légion d’honneur et reçoit la médaille de la Résistance et la Croix de guerre avec palme.

Son nom a été donné à une rue des Déville-lès-Rouen le 2 avril 1947, lors d’une délibération du Conseil municipal, qui honorait le même jour 13 rues de la commune du nom de résistants dévillois, dont son camarade Ferdinand Thiault.

 

« l’Avenir Normand » du 26 novembre 1944, publie un communiqué de l’Union syndicale des ouvriers métallurgistes CGT de Rouen et environs : « Les délégués CGT des sections syndicales réunis le 14 novembre 1944, saluent avec émotion et reconnaissance leurs martyrs… » : le nom de Roger Bonnifet est cité.

Dans « l’Avenir Normand » du 27 mai 1947, son nom et celui d’autres déportés, « héros de la vallée du Cailly » est mentionné dans un article consacré à l’inauguration d’une plaque en mémoire de Claude Picant, secrétaire régional du Parti communiste, fusillé au Mont Valérien le 23 mai 1942.

Relevé Thierry Prunier. Mémorial du PCF

Son nom est honoré sur le monument installé dans la cour de la fédération du PCF de Seine Maritime (33, place Général de Gaulle, Rouen) : avec ce poème de Paul Éluard (Enterrar y callar) « Frères, nous tenons à vous. Nous voulons éterniser cette aurore qui partage votre tombe blanche et noire, l’ESPOIR et le Désespoir ».

  • Note 1 : René Bouffet, ancien préfet de Constantine, puis de la Manche est nommé préfet de Seine-inférieure le 4 septembre 1940 et préfet régional jusqu’en août 1942 avant d’être nommé préfet de la Seine jusqu’en août 1944.
  • Note 2 : Soit à peu près un an de salaire. Le salaire minimal fixé par Vichy est de 900 francs.
  • Notes 3 et 4 : Paul Lemarchand : secrétaire du syndicat des Métaux du Havre en juillet 1936, il fut élu secrétaire adjoint de l’Union départementale le 18 décembre 1938. Après juin 1940, il est  responsable clandestin de la CGT et réorganise le Parti communiste en Seine-Inférieure. Condamné
    une première fois par défaut à 18 mois de prison le 7 décembre 1940, puis à trois ans en janvier 1942, avec André Pican, il fut condamné
    encore par contumace, cette fois-ci à mort, par les Allemands. En février 1942, il passa dans l’Oise, puis revint à Rouen en septembre 1943 pour reconstituer la CGT illégale qu’il représenta au comité de libération de la fin 1943 à la Libération. 
    D’après Marcel Boivin, in Le Maitron
  • Lucien Cléret : trésorier du syndicat des métaux de Rouen. Arrêté dès 1940 pour faits de résistance, il fut détenu à Poissy et Compiègne, puis, en septembre 1943, déporté à Buchenwald. Mutilé de guerre, grand invalide, après sa libération, il devint en 1946 secrétaire de l’Union départementale CGT de Seine-Inférieure. D’après Gilles Pichavant, in Le Maitron.

Sources

  • Courrier de Philippe Ruc auteur de «Les déportés politiques, les résistants, les prisonniers et les requis» 1999. 94 pages. Edité par l’Association Déville d’Hier-Déville d’Aujourd’Hui. Sa lettre du 23 avril 1992 apporte des informations biographiques. Carte postale de Déville par Philippe Ruc.
  • Cassette audio (témoignage de Roger Abada).
  • Courrier de la mairie de Déville (25 mars 1992).
  • Louis Eudier «Notre combat de classe et de patriotes. 1934-1945» (pages 86 et 87).
  • Témoignage de Victor Louarn.
  • Liste de représailles octobre 1941 : CDJC (Centre de Documentation Juive Contemporaine) XLV-41.
  • Liste d’otage du 29 octobre 1941 : CDJC XLIII-66.
  • Liste d’otage du 8 décembre 1941 : CDJC XLIII-56.
  • Liste d’otages pouvant être fusillés après l’attentat du 21 janvier à Elbeuf (CDJC) XLIII-49
  • Liste d’otages pouvant être fusillés après les attentats du 21 janvier à Elbeuf et du 4 février à Rouen (CDJC XLIII-86)
  • Liste d’otages, traductions de Mme Lucienne Netter, professeur au lycée Jules Ferry, Paris.
  • Photos FNDIRP Dieppe
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997. Tome 19, page 422.
  • Photo CFM www.culture.gouv.fr/public/
  • Plaque de rue Google street-wiew.
  • Archives départementales de l’Orne. Remerciements à madame Frédérique Landeau.

Notice biographique rédigée par Claudine Cardon-Hamet en 2000 pour l’exposition de Rouen de l’association « Mémoire Vive » consacrée aux déportés “45000” et “31000” de Seine-Maritime, complétée en 2006, 2012, 2017, 2018 et 2022. Docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce site) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice. Pour la compléter ou corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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