Fernand Boussuge Auschwitz, le 8 juillet 1942
Fernand Boussuge © service Archives-Documentation de Gentilly.

Matricule « 45294 » à Auschwitz 

Fernand Boussuge : né en 1903 à Gentilly (Seine / Val-de-Marne), où il est domicilié, monteur mécanographe ; délégué CGT, communiste ; arrêté le 11 février 1942 ; Dépôt de la préfecture ; interné aux camps de Voves et de Compiègne ; déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz où il meurt le 1er janvier 1943.

Fernand Boussuge est né le 20 novembre 1903 à Gentilly (Seine / Val-de-Marne), au domicile de ses parents, au 12, rue des Noyers (depuis rue du Président Salvator Allende). Il habite, au 1, rue Boulineau à Gentilly au moment de son arrestation.
Il est le fils de Marie, Joséphine, Eugénie Hossard, 27 ans, née le 19 décembre 1876 à Puteaux, couturière et de Pierre, Justin Boussuge, né le 4 septembre 1875 à Paris 10°, employé en pharmacie, son époux.
Il a deux frères (Pierre, né le 3 janvier 1902 à Gentilly, et Lucien, né le 20 mai 1919 à Courbevoie), et une sœur, Germaine, Marie, Delphine, née le 20 août 1907 à Gentilly).
Avant la guerre 1914/1918, la famille Boussuge habite successivement au 12, rue des Noyers à Gentilly (de 1903 à 1906), puis au Kremlin-Bicêtre, au 110 rue de Fontainebleau (1906-1908), ensuite à  nouveau à Gentilly au 4, rue Frileuse, puis rue du Soleil Levant (1908-1914). Pendant que leur père est mobilisé, ils habitent à Courbevoie au 81, avenue Marceau, puis au 4, rue Franklin (1914-1920). Son frère Lucien va y naître en mai 1919. La famille déménage ensuite pour Argenteuil, au 21, rue des châtaigniers (1920-1922).

Fernand Boussuge épouse Georgette, Camille, Irène Savino le 28 avril 1923, à Argenteuil, où ils habitent au 21, rue des Châtaigniers. Il est mécanographe, elle est couturière. Le couple se sépare (jugement de divorce le 16 avril 1933).

Machines comptables Sanders © Delcampe

Métallurgiste, Fernand Boussuge est embauché le 27 septembre 1933 comme monteur mécanographe à
la société Sanders, 48-50, rue Benoît Malon à Gentilly. Cette usine fabrique des caisses enregistreuses
(« machines comptables »), sous licence américaine (NCR). Fernand Boussuge déménage à Gentilly. Il y habite au 8, rue des Chasses près d’Arcueil.

Le 21 septembre 1933, à Gentilly, il épouse en secondes noces Liliane Bernard, née le 8 décembre 1908 à Gentilly. Elle est mécanicienne.
Le couple emménage au 1, rue Boulineau, plus proche de l’entreprise. Ils ont un garçon, Jacques, qui naît le 16 juin 1936 à Paris 14è (il est décédé le 26 juin 2019 dans l’Oise).

La section syndicale Sanders , manifestation à Paris

Lilianne Boussuge participe alors activement aux actions de la section syndicale CGT. Fernand est délégué du personnel. Son jeune frère Lucien est également employé dans l’entreprise.

Le Populaire du 18 nov. 1938

La section syndicale Sanders est particulièrement active, au point d’être citée à deux reprises par le « Populaire » en 1938, au moment des protestations contre les atteintes aux 40 heures et contre les décrets lois Daladier-Reynaud : 6 septembre 1938 et 18 novembre 1938.

Le 13 juin 1940 les troupes de la Wehrmacht occupent Créteil et Fresnes le 15 juin (elles investissent la prison). Le 14 juin elles sont entrées dans Paris, vidée des deux tiers de sa population. La ville cesse d’être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Les troupes allemandes occupent toute la banlieue parisienne et les départements voisins les jours suivants.  Le 10 juillet 1940 le maréchal Pétain, investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale, abolit la République et s’octroie le lendemain le titre de « chef de l’Etat français ». Il lance la « révolution nationale » en rupture avec nombre de principes républicains (confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs ; rejet du multipartisme, suppression des syndicats et du droit de grève, antisémitisme d’état…). Avec l’occupation allemande, l’usine l’usine est devenue filiale d’un groupe franco-allemand (la National Gruppe) et travaille pour l’industrie de guerre allemande.
Fernand Boussuge, délégué du personnel avant-guerre, est arrêté le 11 février 1942 par des inspecteurs de la Brigade Spéciale des
Renseignements généraux,
en  même  temps que 12 autres camarades de travail, à la suite d’une grève d’un quart d’heure. Selon le témoignage de son frère Lucien qui travaillait avec lui à la Sanders, cette grève d’1/4 d’heure, avait été « déclenchée à son insu, et il l’avait suivie après avoir hésité« .
Lire dans le site : La grève de l’usine Sanders de Gentilly (9 février 1942). Le motif inscrit sur sa fiche au DAVCC est « communiste ».

Fernand Boussuge est conduit à la Conciergerie le 12 février, puis « consigné administratif » à la Santé (en témoignent René Aondetto qui y est écroué depuis le 11 août 1941 et sera transféré avec lui à Voves et Compiègne et Jean Gauthier. Tous deux ont vu arriver « les 13 de la Sanders »). Ils y sont « entassés à 95, dans une salle d’environ 15 m2 dont les fenêtres donnent sur la place Dauphine » (13 avril 1942, lettre de Marceau Baudu).
Maintenu au Dépôt de la Préfecture de Paris plus de deux mois, Fernand Boussuge va être interné administrativement au « Camp de séjour surveillé » de Voves (Eure-et-Loir), ouvert le 5 janvier 1942. Lire dans le site: Le camp de Voves.

Dossier n° 273.744 à Voves

Le 16  mars  1942,  à  5  h  50,  il  fait  partie  d’un  groupe  de  60  militants
« détenus  par  les  Renseignements  généraux »  qui  est  transféré  de  la
permanence du Dépôt au camp de Voves (Eure-et-Loir), convoyé par les gendarmes de la 61ème brigade.
Il ne va rester dans ce camp que quelques jours.

En effet, dans deux courriers en date des 6 et 9 mai 1942, le chef de la Verwaltungsgruppe de la Feldkommandantur d’Orléans envoie au Préfet de Chartres deux listes d’internés communistes du camp de Voves à transférer au camp d’internement de Compiègne à la demande du commandement militaire en France. Fernand Boussuge figure sur la première liste. Sur les deux listes d’un total de cent neuf internés, 87 d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Le directeur du camp a fait supprimer toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes pris en charge par l’armée d’occupation ». La prise en charge par les gendarmes allemands s’est effectuée le 10 mai 1942 à 10 h 30 à la gare de Voves. Il poursuit : « Cette ponction a produit chez les internés présents un gros effet moral, ces derniers ne cachent pas que tôt ou tard ce sera leur tour. Toutefois il est à remarquer qu’ils conservent une énergie et une conviction extraordinaire en ce sens que demain la victoire sera pour eux ». Il indique que « ceux qui restèrent se mirent à chanter la «Marseillaise» et la reprirent à trois reprises ». Le directeur du camp a fait supprimer auparavant toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes pris en charge par l’armée d’occupation ». Sur les deux listes d’un total de cent neuf internés, arrivés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag  122)  les  10  et  22  juin  1942,  87 d’entre  eux seront déportés à Auschwitz.

Lire dans ce site : La solidarité au camp allemand de Compiègne et Le « Comité » du camp des politiques à Compiègne .
Depuis ce camp administré par la Wehrmacht, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, on lira les deux articles du site qui exposent les raisons des internements, des fusillades et de la déportation : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages». Le 6 juillet, à six heures du matin, il est conduit sous escorte allemande à la gare de Compiègne avec ses camarades, puis entassé dans un des wagons de marchandises qui forment son convoi. Le train s’ébranle à 9 heures trente.

Depuis le camp de Compiègne, Fernand Boussuge est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.

Cf Article du site : Les wagons de la Déportation. 

Ce convoi est composé au départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » – jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants – de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le site le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet 1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet 1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros « 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans le site : Le KL Auschwitz-Birkenau.

Fernand Boussuge est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45294» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d’Etat d’Auschwitz.

Sa photo d’immatriculation (3) à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.

Lire dans le site le récit de leur premier jour à Auschwitz : L’arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale ».  Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.  Compte-tenu de son métier, il est ramené à Auschwitz I.

Il est affecté au Block 28. Il est désigné le lendemain pour le Kommando Schlosserei (Serrurerie). Malade, il entre le 30 décembre au Block 21 du Revier  (hôpital).

Fernand Boussuge meurt à Auschwitz le 1er janvier 1943, d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from
Auschwitz Tome 2 page 124 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau.
Ce certificat porte comme cause du décès «  Herzklappenfehler » (cardiopathie vasculaire) très certainement fictive. L’historienne polonaise Héléna Kubica a expliqué comment les médecins du camp signaient en blanc des piles de certificats de décès avec «l’historique médicale et les causes fictives du décès de déportés tués par injection létale de phénol ou dans les chambres à gaz». Lire dans le site : Des causes de décès fictives.

Cimetière communal de Gentilly

Ses camarades rescapés d’Auschwitz, Francis Joly (2) et Maurice Martin ont témoigné de sa mort dans cette période.
Fernand Boussuge est déclaré « Mort pour la France » et homologué comme « Déporté politique » en 1955.
Un arrêté ministériel du 22 mars 1989 paru au Journal Officiel du 17 septembre  1989 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de naissance et jugement déclaratif de décès.

Après la libération le Comité d’épuration de l’usine Sanders est à l’origine d’un procès qui se termine par l’acquittement des deux membres de la direction auteurs de la dénonciation (audience du 10 mai 1946).

Le nom de Fernand Boussuge figure sur la plaque commémorative apposée par le personnel de la Sanders dans
le hall de l’usine Sanders, avant son transfert en 1961 à Massy (elle y devient « La Nationale » sous le sigle N.C.R. « National Cash Register »). Cette plaque figure désormais dans le hall du restaurant d’entreprise, où elle est
honorée chaque année.

Un monument a été érigé au cimetière par la Municipalité de Gentilly à la mémoire des « Neuf de la Sanders ». Un texte est gravé sur le monument et une stèle a été déposée à sa base par des anciens des Etablissements Sanders.

Plaque rue Benoit Malon

70 ans après, jour pour jour, un hommage solennel est rendu à ceux de la Sanders le 11 février 2012(3). Manifestation annoncée dans le bulletin municipal et dont un article du Parisien rend compte : « Georges Abramovici, mort pour la France », « Marcel Baudu, mort pour la France », « René Salé, mort pour la France »
(…). Le représentant des anciens combattants égrène l’un après l’autre les noms des ouvriers syndicalistes déportés dans les camps nazis. Samedi, 80 personnes environ ont participé à Gentilly à une cérémonie pour les 70 ans de ceux qu’on a appelé « les résistants de la Sanders » (…). Après une cérémonie devant le monument aux résistants déportés du cimet ière de Gentilly, les familles, les amis et les élus se sont rendus sur l’ancien site de la Sanders, où une plaque a été installée, avant une lecture de texte devant le monument aux morts place Henri-Barbusse (on notera que, par erreur, le nom de Roger Chaize y a été inclus)..

  • Note 1 : 524 photos d’immatriculation des « 45.000 » à Auschwitz ont été retrouvées parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation du camp d’Auschwitz. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Etat d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis par Kazimierz Smolen (ancien détenu dans les bureaux du camp d’Auschwitz, puis directeur du Musée d’Etat d’Auschwitz) à André Montagne, alors vice-président de l’Amicale d’Auschwitz, qui me les a confiés.
  • Note 2 : Citation in « Triangles rouges à Auschwitz », chapitre « Les causes d’arrestations ». Francis Joly, submergé d’amertume pour avoir vainement tenté d’obtenir la condamnation de celui qu’il considère comme responsable de son arrestation, allant de dépression en cure de sommeil, sans travail, désespéré, met fin à 45 ans à des souffrances qu’il ne peut plus maîtriser.
  • Note 3 : A l’initiative de la municipalité, des associations « Mémoire vive des 45.000 et 31.000 », la « Compagnie de la Feuille d’or », « Lire et faire lire » et les élèves de 3ème du collège Rosa Parks de Gentilly.

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son frère Lucien, le 28 mars 1991.
  • Fichier national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC ex BAVCC), Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1992.
  • Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 – mai  1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
  • Témoignages de René Aondetto et Jean Gauthier (déporté à Sachshausen le 24 janvier 1943, évadé lors de l’évacuation du camp) en date du 30 novembre 1992.
  • Brochures de la Mairie de Gentilly : 16 janv. 1990 / 26 mars 1992 / 9 juillet 1993
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d’Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres
    (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des
    détenus immatriculés).
  • Témoignages de Francis Joly et Maurice Martin, 18 septembre 1945.
  • Photographies des 8 de la Sanders communiquées par courrier le 9 juillet 1993 du © service Archives-Documentation de Gentilly. 
  • Photo de la section syndicale Sanders (non datée), in © Bulletin municipal « Vivre à Gentilly », janvier 2012, p.19.
  • Photo brochure « Machines comptables » Sanders © Delcampe.
  • © Site Internet Généanet.
  • © Site Internet Legifrance.
  • Stèle cimetière communal et plaque rue Benoit Malon © Site InternetMemorialGenWeb.

Notice biographique mise à jour en juillet 2015 (complétée en 2020 et  2022) à partir de la notice succincte que j’avais préparée à l’occasion du 60ème  anniversaire du départ du convoi (publiée dans la brochure éditée par le Musée d’histoire vivante de Montreuil).  Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice biographique. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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