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DELUCE JULIEN

Julien Deluce est
né le 28 avril 1898 à Paris 5ème. Au moment de son arrestation, il
habite au 37 sentier des Frettes à L’Haÿ-les-Roses (Seine / Val-de-Marne),
chez la mère deRoger Jardin (1).

Il est le fils de Louise, Denise Leclerc, 21 ans, mécanicienne et de Charles,
François Deluce, 42 ans, employé à la
Presse
, tous deux domiciliés au 40 rue de la Montagne Sainte Geneviève
(Paris 5ème). Son registre militaire (matricule n° 821 du 3èmebureau de
la Seine) nous apprend qu’il mesure 1m59, ales cheveux châtains,
les yeux gris, le front couvert, le nez rectiligne et le visage ovale. Au
moment du conseil de révision, il est ébéniste et habite chez ses parents au 36
rue Mouffetard (Paris 5ème). Il sera démolisseur par la suite. Il a
un niveau d’instruction n° 3 pour l’armée (sait lire, écrire et compter,
instruction primaire développée). Conscrit de la classe 1918, il aurait dû être mobilisé en 1917, comme
tous les jeunes hommes de sa classe. Mais il s’engage volontairement le 20
octobre 1916 à la Mairie du 5èmepour la durée de la guerre, au 7èmeRégiment de chasseurs à cheval et arrive au corps le 22. Le 10 juin 1917, il « passe »
au 39èmeRégiment d’Infanterie.

Le 11 juin 1918, il est blessé à « la tête, aux jambes, main et cuisse » par des éclats d’obus
lors des combats de Godenvillers (Oise), contre-offensive française après l’attaque
de 21 divisions allemandes. Il est hospitalisé jusqu’au 9 août 1918. Il est
alors « aux armées » jusqu’au 13 septembre 1919.

Il « passe » au 129ème Régiment d’Infanterie le 14 mars 1919.

Déclaré « déserteur » le 13 septembre 1919, Raymond Deluce
est ramené au corps par les gendarmes le 29 septembre 1920. Il est condamné par
le conseil de guerre de la 3ème région à deux ans de prison et 100
francs d’amende « avec sursis » pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre,
faux en écriture authentique et publique…
 ». Il intègre alors le 36ème
RI, le 1er décembre 1920. Il est selon la formule « renvoyé dans ses foyers en congé illimité de
démobilisation
 » le 19 janvier 1921, et chose peu compatible avec
une condamnation pour désertion – même avec sursis – son registre matricule porte la mention « certificat de bonne conduite accordé ».

Après
sa démobilisation, il sera repasseur de couteaux, travailleur indépendant, démolisseur.

En décembre 1924, il habite
Gentilly au 7, rue du Docteur Durand.  Il
épouse Marthe, Louise Landré le 26 mars 1921 à Paris 5ème
Au
DAVCC (1) on a trace d’une adresse au 97, rue des Rosiers à Saint-Ouen (Seine / Seine-St-Denis),
en face dechez
Marius Barbier
, mais on sait grâce à son inscription sur les listes électorales de l’Häy-les-Roses en 1936, qu’il y habite un pavillon au 37, sentier des Frettes (2).

Fernand
Devaux
, de Saint Denis a témoigné qu’il était membre du Parti communiste.

Il
est présumé communiste par la police française. Après la déclaration de guerre, il est « rappelé à l’activité » à compter du 24 février 1940 au dépôt d’Infanterie n°212. Son régiment se replie à partir du 13 juin 1940 en direction de la Loire.

Le 14 juin 1940, l’armée allemande d’occupation entre dans Paris, vidé
des deux tiers de sa population. La ville cesse alors d’être la capitale du
pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Les
troupes allemandes défilent sur les Champs-Élysées. Elles occupent la
banlieue parisienne les jours suivants.

Démobilisé et revenu à l’Hay-les-Roses, Julien
Deluce est arrêté le 19 décembre 1940
au cours d’une
perquisition à son domicile où sont trouvés « un revolver et dix tracts ». Au cours
de son procès, Julien Deluce accusera les policiers du commissariat de Gentilly(3)de
les avoir introduits chez lui pour le compromettre. Et compte tenu des agissements du Brigadier Guimelli, adjoint du commissaire Cambon, à l’encontre des communistes dès 1934 (3), cette machination est vraisemblable.

Julien
Deluce est inculpé par le commissaire de police de Gentilly, Marcel Cambon, pour
possession illicite d’arme à feu (qualifié en dépôt d’armes clandestines) et d’infraction au décret du 26
septembre 1939. Mis à la disposition du Procureur, il est incarcéré à la Maison
d’arrêt de la Santé en attente de son jugement. Celui-ci a lieu le 27 décembre
1940, devant la 12ème chambre du Tribunal correctionnel de la Seine,
qui statue sur l’inculpation d’infraction au décret du 26 septembre 1939.
Julien Deluce est condamné à 6 mois de prison. Le 8 janvier 41, il est écroué à
la Maison d’arrêt de Fresnes (matricule 8914), puis il est transféré à celle de
Poissy.

Le
25 février le Tribunal militaire allemand siégeant au 53 rue Saint-Dominique à
Paris 7ème,  le
condamne à 8 mois d’emprisonnement pour délit de dépôt d’armes clandestines.
Julien
Deluce est incarcéré à la prison de Villeneuve-Saint-Georges le 21 mars 1941. A
l’expiration de ses deux peines d’emprisonnement, il n’est pas libéré.

Liste du Camp de Voves

Le 26 mars 1942 le Préfet de police de Paris, François Bard, ordonne son
internement administratif en application de la Loi du 3 septembre 1940 (4).

Note de service, transfert à Voves

Le
16 avril 1942, à 5 h 50, il fait partie d’un groupe de 60 militants « détenus par les Renseignements généraux »,
qui est transféré de la permanence du Dépôt de la Préfecture au camp de Voves
(Eure-et-Loir), convoyé par les gendarmes de la 61ème brigade. Il y
est inscrit sous le n° 102, numéro de dossier 400.968.

Dans
deux courriers en date des 6 et 9 mai 1942, le chef de la Feldkommandantur d’Orléans envoie au Préfet de Chartres deux listes
d’internés communistes du camp de Voves à transférer au camp d’internement de
Compiègne à la demande du Militärbefehlshabers Frankreich, le MBF, commandement
militaire en France.

Julien
Deluce figure sur la première liste de 81 noms qui
vont être transférés le 10 mai 1942 à Compiègne. Le directeur du camp a fait
supprimer toutes les permissions de visite « afin d’éviter que les familles assistent au prélèvement des 81 communistes
pris en charge par l’armée d’occupation »
.  La prise
en charge
par les gendarmes allemands s’est effectuée le 10 mai 1942 à 10 h
30 à la gare de Voves. Il poursuit « Cette
ponction a produit chez les internés présents un gros effet moral, ces derniers
ne cachent pas que tôt ou tard ce sera leur tour. Toutefois il est à remarquer
qu’ils conservent une énergie et une conviction extraordinaire en ce sens que
demain la victoire sera pour eux »
. Il indique également « ceux qui restèrent se mirent à chanter la «Marseillaise»
et la reprirent à trois reprises »
. Sur les deux listes d’un total de
cent neuf internés, arrivés au camp allemand de Royallieu à Compiègne
(Frontstalag 122) les 10 et 22 juin 1942, 87 d’entre
eux seront déportés à Auschwitz.

Pour comprendre la
politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du
blog :La
politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) 
et«une
déportation d’otages
».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis le camp de Compiègne, Julien Deluce est déporté
à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942. Ce convoi est composé au
départ de Compiègne, de 1175 hommes (1100 « otages communistes » –
jeunes communistes, anciens responsables politiques et élus du Parti
communiste, syndicalistes de la CGT et délégués du personnel
d’avant-guerre, militants et syndicalistes clandestins, résistants –
de cinquante  « otages juifs » et de quelques « droits
communs »). Il faisait partie des mesures de terreur allemandes destinées
à combattre, en France, les judéo-bolcheviks responsables,
aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste
clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le
récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz
6-8 juillet 1942. Sur les 1175 otages partis de Compiègne le 6 juillet
1942, 1170 sont présents à l’arrivée du train en gare d’Auschwitz le 8 juillet
1942. Ces derniers sont enregistrés et photographiés au Stammlager d’Auschwitz (camp souche ou camp principal, dénommé en 1943 Auschwitz-I) entre les numéros
« 45157 » et « 46326 », d’où le nom de « convoi des
45000 », sous lequel les déportés du camp désignaient ce convoi. Ce
matricule – qu’il doit apprendre à dire en allemand et en polonais à toute
demande des Kapos et des SS – sera désormais sa seule identité. Lire dans
le blog : Le
KL Aushwitz-Birkenau

Son
numéro d’immatriculation reçu lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est
inconnu. Lire dans le blog le récit du premier jour à Auschwitz : L’arrivée
au camp principal, 8 juillet 1942.
et 8
juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, « visite médicale »
.
Le numéro « 45469 ? » figurant
dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à
une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce
numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de
l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de
lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs
centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon dernier livre Triangles rouges à Auschwitz.

Après
l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y
sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp
annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13
juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS
ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz
I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés
au terrassement et à la construction des Blocks. Aucun des documents sauvés de
la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz,
ne nous permet de savoir dans quel camp il est affecté à cette date.

Dessin de Franz Reisz, 1946

Julien
Deluce meurt à Auschwitz le 10 septembre 1942 d’après
le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from
Auschwitz
Tome 2 page 219 et le
site internet©Mémorial et Musée d’Etat
d’Auschwitz-Birkenau
) où il est mentionné avec ses dates et lieux
de naissance et de décès, et avec l’indication « Evangelist » (Protestant).

L’acte
de disparition du 17 avril 1947 et le jugement déclaratif de décès du 2 octobre
1957 prononcé par le Tribunal civil de la Seine, donnent comme date de son
décès  la date du départ pour Auschwitz
« décédé le 6 juillet 1942 à
Compiègne
». Un arrêté ministériel du 25 mars 2008 paru au Journal Officiel
du 27 avril 2008porte
apposition de la mention «Mort en
déportation
» sur ses actes et jugements déclaratifs de décès. Cet arrêté
s’il constitue un progrès car officialise le décès à Auschwitz, portepourtant une date
erronée « décédé le 11 juillet 1942 à Auschwitz »,soient les 5 jours
prévus par les textes en cas d’incertitude quant à la date réelle de décès à
Auschwitz. Or cette incertitude n’existe plus. Il serait
logique que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté
la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz,
accessible depuis 1995 (in Death Books from Auschwitz, Musée d’État
d’Auschwitz-Birkenau) et sur le site internet du Musée d’Auschwitz, qui apporte
la preuve de son décès à Auschwitz ! Lire dans le blog l’article
expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte
décès de l’état civil français)Les
dates de décès des « 45000 » à Auschwitz
.

La stèle dans le square des 45000 et des 31000

À Saint-Ouen, son nom est gravé sur le Monument de la
Résistance et de la Déportation du cimetière communal et sur la stèle
érigée en « Hommage aux résistants, femmes, hommes, déportés à
Auschwitz-Birkenau
 », inaugurée le
24 avril 2005 dans le Square des « 45.000 » et des
« 31.000 » (le convoi du 24 janvier 1943).

  • Note 1: Division
    des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC ex BAVCC),
    Ministère de la Défense, Caen.
  • Note 2 :
    C’est cette adresse qu’il a donnée aux policiers français, puis lors de l’interrogatoire
    à Auschwitz. Il s’agit d’un petit pavillon, qui est également l’adresse de Roger
    Jardin et de sa mère. Roger Jardin est né le 30 avril 1923 à Paris 6ème
    habite chez sa mère au 37 sentier des Frettes, à L’Haÿ-les-Roses. Jeune
    communiste, il est arrêté le 3 décembre 1940 en même temps que Jean
    Paupy
    , Henri
    Bockel
    et Robert
    Prunier
    . Il est déporté le 6 avril 1944 depuis Compiègne au camp de
    Mauthausen (matricule n° 62584). Affecté au Kommando de Gusen,
    il est conduit le 4 janvier 1945 au château d’Hartheim près de Linz, centre
    d’extermination par le gaz (in Livre-Mémorial de la FMD). Dans l’état de mes
    recherches concernant cette domiciliation, je n’ai que des hypothèses (repli en
    famille après la débâcle, amis, planque, etc…). Seuls faits avérés : Roger
    Jardin est arrêté quelques jours avant Julien Deluce. Il n’y a pas d’inscription
    concernant celui-ci sur le monument aux morts de L’Haÿ-les-Roses. Par contre
    son nom est honoré à Saint Ouen, et c’est son épouse Marthe Deluce, domiciliée
    à Saint-Ouen, qui recevra sa carte de Déporté
    politique
    .
Front Rouge du 17 février 1934
  • Note 3 :
    Dans la brochure « Villejuif à ses martyrs de la barbarie fasciste »
    les auteurs mentionnant les arrestations de militants de Villejuif, Cachan et
    L’Häy-les-Roses soulignent le zèle anticommuniste et le rôle provocateur joué
    par le « sinistre brigadier Guimelli »
    du commissariat de Gentilly dirigé par le commissaire Marcel Cambon. Ce brigadier avait déjà été dénoncé par le journal « Front Rouge » lors de l’agression de Georges Le Bigot, le 12 février 1934, comme en étant l’instigateur principal, ayant accusé l’élu communiste de vouloir débaucher les employés de l’Asile lors d’un enterrement… Les quatre croque-morts témoignèrent qu’il n’y avait eu aucune manifestation lors du convoi, et que les policiers s’étaient rués sur des spectateurs qui saluaient le convoi (de fait une trentaine de militants communistes de Villejuif qui attendaient ceux de l’Haÿ-les-Roses avant de se rendre à la manifestation cours de Vincennes). Il semble que Guimelli ait
    fait l’objet d’un avis de révocation à la Libération, contre lequel il aurait
    déposé un pourvoi (Ministère de l’intérieur, bureau des contentieux, affaires réglées
    entre 1940 et 1951 : F/4/3360, liasse 20, enregistrement 6912 Guimelli,
    pourvoi (révocation).
  • Note 4 : L’internement
    administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939,
    qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de
    nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé,
    « des individus dangereux pour la
    défense nationale ou la sécurité publique
     ». Il est aggravé par le
    gouvernement de Vichy fin 1940. La loi du 3 septembre 1940 proroge le
    décret du 18 novembre 1939 et prévoit l’internement administratif de
    « tous individus dangereux pour la
    défense nationale ou la sécurité publique
    « . Les premiers visés sont
    les communistes.

Sources

  • Fichier
    national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC
    ex BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Note et fiche individuelle recopiée en
    février 1992 parFernand
    Devaux
  • Dossiers
    concernant le camp d’internement de Voves. Personnes internées par décision des
    Préfets autres que le Préfet d’Eure-et-Loir, dans l’ordre alphabétique :
    Cor-Del, 1942-1944. Archives départementales d’Eure-et-Loir ;  RG-43.108M ; Fichier  ad28106w370862.
  • Death
    Books from Auschwitz
    (registres des morts d’Auschwitz), Musée d’Étatd’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé
    essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis
    au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31
    décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site InternetLegifrance.
  • © Site InternetMemorialGenWeb.
  • Archives
    départementales de Paris : jugements du tribunal correctionnel de la
    Seine.
  • ©
    Photographie de l’entrée du camp de Voves vers 1942. Archives du Comité du
    Souvenir
  • © Google
    Maps pour la localisation du sentier des Frettes.
  • Dessin
    de Franz Reisz, in « Témoignages sur
    Auschwitz »,
    ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz
    (1946).
  • Registres matricules militaires de la Seine.

Notice biographiqueinstallée en juillet 2014, mise à jour en 2019 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en
Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles
rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942
 » Editions
Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet
1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de
mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation
totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger,
vous pouvez me faire un courriel àdeportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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